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Dans la nuit, la flamme de l’espoir

Posté par communistefeigniesunblogfr le 10 juin 2014

 

Par Michel Guilloux – 10 juin 2014

 

huma1006

Des idées frémissent, des convergences se cherchent,

avec le souci brûlant de trouver voie commune face

à l’urgence sociale et démocratique.

Le « conseiller de Marine Le Pen à la culture, à la francophonie

et à la liberté d’expression » (sic) avait mis en garde au matin

du 6 juin : gare à celui ou ceux qui chercheraient à « instrumentaliser »

l’événement contre le FN, vitupérant le « complexe médiatico-politique »

et « la propagande historico-politique distillée par une gauche

libérale-libertaire qui a abandonné le peuple et oublié la nation ».

Ouf, si l’on peut dire, tout y était, sauf le père fondateur.

 

Tombant à pic pour rassurer ceux qui s’inquiéteraient dans son camp d’une telle perte de repères historiques. Déjà que l’on ne peut plus utiliser dans une même phrase les mots complot, judéo, maçonnique et bolchevique. Il paraît que Le Pen père rappelle à Le Pen fille que son parti a des racines d’extrême droite, fascistes et antisémites, racines qu’elle aurait mis tant d’ardeur à ripoliner. À la peinture à l’eau. À moins que, pour certains beaux esprits séduits par l’œil du serpent, l’apparence suffise. Par les temps qui courent…

Hier, le président était à Tulle en mémoire des pendus, martyrs assassinés par la division SS Das Reich avant Oradour sur leur chemin vers la Normandie. On attend avec intérêt les communiqués du parti lepéniste. Quant aux propos du chef de l’État, tenus en marge des cérémonies, ils étaient d’une platitude consternante. Comment saluer le martyre de ceux qui étaient mus par l’idéal d’émancipation humaine porté par le programme du Conseil national de la Résistance, lorsque l’on mène une politique d’austérité qui accélère celle de son prédécesseur lui tournant déjà le dos ?

Si certains, jusque dans son parti (d’origine ?), sont « affligés », ils n’en baissent pas les bras pour autant. Des idées frémissent, des convergences se cherchent, avec le souci brûlant de trouver voie commune face à l’urgence sociale et démocratique. Fou qui fait le délicat lorsqu’il s’agit de rallumer la flamme de l’espoir et du changement, la seule à même de mobiliser le peuple. Cette nuit-ci serait-elle plus obscure que celles-là ?

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Subir les mots du capitalisme financier

Posté par communistefeigniesunblogfr le 28 octobre 2012

 

Subir les mots du capitalisme financier  dans IDEES - DEBATS - PHILO 258746-324521Par Bernard Gensane

Comme disait Umberto Eco, les humains ont inventé le langage

pour dire ce qui n’est pas là. Quand je susurre au téléphone à

quelqu’un : « je pense à toi », le seul mot qui renvoie à une réalité

vraie, c’est « je ». En effet, rien ne dit qu’à ce moment précis

je « pense », ni que je pense à « toi ». À partir de là, tout est

possible : un arriviste raciste allemand peut se qualifier de socialiste

alors qu’il est le pantin des banques et des grands conglomérats

de son pays. Un général très étoilé peut montrer au monde entier

une capsule de « poison mortel » alors qu’il tient dans la main

de la poudre de perlimpinpin. Et puis un surdoué de l’écriture peut aussi nous raconter l’histoire

d’un pauvre type qui « dort » dans un « val ».

Le langage se nourrit d’expressions toute faites, d’expressions qui figent ou orientent la pensée et font

des locuteurs des handicapés conceptuels : « forces vives », « opinion publique », « insécurité »,

« fracture sociale ». Boudieu disait qu’elles étaient « sémantiquement à peu près indéterminées,

banalisées et polies par l’usure d’un long usage automatique, qui fonctionne comme des formules magiques. »

En 2009, une équipe d’universitaires a mis au point un Lexique Usuel Critique de l’Idéologie Dominante

Économique et Sociale pour l’Institut d’histoire sociale de la CGT dans lequel elle analysait les mots et

expressions forgés ou détournés par les idéologues et les politiques au service de la finance et des entreprises

multinationales. Je reprends ici quelques exemples de mots qui nomment les maux.

Il faut s’« adapter ». C’est en 1964 que l’économiste François Perroux a élargi l’emploi de ce terme aux différentes

composantes de l’activité économique qui ne fonctionnent bien que dans « l’adéquation aux besoins de tout en

constante évolution. » Certains syndicats, comme la CFDT, se sont adaptés à cette adaptation : « le monde change,

changeons le syndicalisme », proclamait la grande centrale. Tandis que ceux qui persistaient à expliquer l’histoire

de l’humanité par le biais de la lutte des classes devenaient des dinosaures qui disparaîtraient au profit de ceux

qui acceptaient le capitalisme, la flexibilité (et sa forme plus douce, plus scandinave de « flexicurité ») etc.

Ces dinosaures étaient bien sûr « archaïques ». La compromission de Bad-Godesberg de 1959 leur faisait horreur

parce qu’ils s’accrochaient à des concepts tabous comme les classes sociales ou l’exploitation.

En serviteurs zélés du patronat français, les idiots utiles réclament jusqu’à plus soif la disparition des « charges »

sociales (feignant en fait d’oublier qu’il s’agit de « cotisations », donc de salaire différé). Ce qui « charge »

(du bas latin caricare) est un fardeau. Accoler l’adjectif « social » à ce mot, c’est évidemment remettre en cause

la sécurité du même nom. Mais comme cela fait exactement trente ans que les responsables patronaux expliquent

que les entreprises sont « exsangues », il est impératif que les charges baissent toujours plus.

Pour faire admettre cette aberration, il faut « communiquer ». La différence entre la communication et l’information

est simple : lorsque j’informe, je m’adresse à toi, pour toi ; lorsque je communique, je m’adresse à moi, ma parole

ne renvoie qu’à moi. Prosaïquement, faire de la com’, c’est déverser sa propagande, mieux, faire de la « pédagogie ».

Disons : mentir. Autre détournement scandaleux car dans « pédagogie » il y a pais, enfant. Ce qui revient à dire

que l’on prend le receveur de l’acte de parole pour un enfant.

[Lire la suite]

 

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Le billet de Glop Lerouge : Front national, arnaque radicale !

Posté par communistefeigniesunblogfr le 3 novembre 2011

Le billet de Glop Lerouge : Front national, arnaque radicale ! dans Humour text3005_0

2 novembre 2011Glop Lerouge, Secrétaire de Section

Front national, arnaque radicale !

jaitoujours.jpgJe ne peux plus allumer la télé sans me mordre les roubignolles jusqu’à l’omoplate. J’allume d’un côté et j’entends que le FN est le plus grand ennemi du patronat, sans déconner ! Je zappe de l’autre, et je vois un député UMP qui demande de sucrer le minimum vieillesse aux étrangers, comme le demande le FN… Pour éviter le pire, les copains de la section ont planqué la téloche derrière le tableau du Che. Résultat ? J’ai allumé l’ordinateur, et j’ai lu sur les blogs que le FN était seul à défendre les libyens contre l’agression de l’OTAN…

Bon, tout le monde sait que depuis vingt ans, la stratégie des capitalistes consiste à utiliser les médias pour éradiquer la culture communiste dans les milieux populaires, et foutre à sa place la bouillie nationaliste. Mais là, franchement, les journaleux font du zèle. Déjà qu’ils pêchaient en eaux troubles, maintenant ils y vont à la grenade !

Voyons voir… L’entreprise a commencé avec le choix du nom. Avant il y avait « ordre nouveau », qui « sentait bon » la contre-résistance et le fascisme éternel. Pour tromper le peuple et dévoyer l’héritage communiste, les membres d’ordre nouveau choisissent en 1972 de participer aux législatives sous le nom « Front national » ! Aujourd’hui, plus personne ne se souvient que le vrai « Front national » (de son nom complet « Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France ») était à l’origine une organisation résistante (antinazie, antiraciste et anti-collabos) créée par le Parti Communiste Français et affiliée au Conseil National de la Résistance. Dans le nom, déjà, la première imposture.

La deuxième imposture est dans la prétendue « dimension sociale » d’ordre nouveau, devenu FN. Ils invoquent les « métallos », ils disent qu’ils sont « économiquement de droite et socialement de gauche » (va comprendre…) ; et, maintenant, on veut nous faire croire que le patronat est contre le FN, parce que la fille Le Pen et la mère Parisot font leur petit numéro de duettistes… Mais de qui se fout-on ? Qui finançait Occident, Ordre Nouveau, le GUD, etc. ? Les ouvriers, peut-être ? Ces gens vous disent : nous sommes contre le patronat car il a fait venir les immigrés pour payer moins cher les salaires. Il faut donc renvoyer les immigrés… Tu parles ! Virer les immigrés, c’est virer une majorité de gens en âge de travailler. C’est donc déstabiliser la production, couper d’un coup les rentrées fiscales et les cotisations payées par eux, réduire brutalement la consommation… C’est en somme foutre encore plus en l’air l’économie, pour augmenter encore un peu le chômage et gagner quoi ? Juste la honte et l’opprobre de s’être conduits comme des voyous ! Et c’est ça, être du côté des ouvriers ? Il n’y a que des gens qui n’ont jamais trimé pour traiter comme ça les travailleurs.

Avec le minimum vieillesse, c’est le pompon. 67 députés UMP, Ph. Meunier en tête de gondole, veulent enlever le minimum vieillesse aux étrangers non-européens, en s’alignant sur le FN. Ils disent que ce n’est pas juste que quelqu’un qui n’a pas cotisé en France touche ces allocs et que, avec ce système, les étrangers peuvent venir « chez nous » pour toucher ce « jackpot ». Et ces gens sont censés être du côté du peuple ! Ils ne vous disent pas que le minimum vieillesse c’est que dalle, et que ceux qui le touchent sont des vieux travailleurs (plus de 65 ans) qui vivent dans la misère noire. Ils ne vous disent pas que pour la quasi-totalité, ce sont des gens qui ont bossé toute leur vie en France, passant du travail au noir (souvent à la journée, dans le bâtiment notamment), aux temps partiels, et aux boulots au smic pendant quelques temps pour les « plus chanceux » d’entre eux. Après une vie de trime, ils n’ont pas « assez » cotisé pour avoir droit à 600 euros par mois, et on leur assure alors ce minimum pour crever un peu moins la dalle ! Et ce serait quoi la solidarité populaire, la fierté ouvrière ? De les laisser mourir ? Ils ne vous disent pas, non plus (pourtant ils causent !), que si un vieil étranger fauché se pointe en France pour y toucher le minimum vieillesse, comme ils font croire, il n’aura jamais de carte de séjour. Or, en droit français, aujourd’hui, le minimum vieillesse est subordonné au séjour régulier : pas de carte de séjour, pas de minimum vieillesse (et même si on a bossé trente ans en France…) ! Ils ne vous disent pas, en somme, la vérité : les étrangers qui touchent le minimum vieillesse y ont tout simplement droit, en droit et en bonne morale.

Et maintenant, il y a la Libye… Apparemment, la lutte contre l’impérialisme, ce n’est plus le parti communiste, c’est le FN… A se les avaler carrément ! Le Pen fille va à Lampedusa alors que le bombardement de la Libye s’organise… Le FN s’inquiète (sic) de ce que le « printemps arabe » pourrait nous envoyer des arabes… Et on fait passer ces gens pour des défenseurs de l’indépendance de la Libye, profitant de quelques « bonnes blagues » de la « vieille garde », démentie à chaque fois que nécessaire par la nouvelle ! Et on ne dit pas que les députés et les sénateurs communistes, à peu près seuls contre tous, ont lutté vaillamment à l’Assemblée Nationale et au Sénat pour arrêter les bombardements meurtriers des assassins de l’OTAN (qui a massacré des dizaines de milliers de personnes afin d’obtenir l’interdiction du divorce, l’instauration de la polygamie, et la lapidation de la femme adultère !!!). Oui, oui, vous n’avez qu’à vérifier : même les verts, qui se la jouent peace & love devant les caméras, se sont « divisés » sur la question (traduction : ils ont largement approuvé le massacre des libyens). Les seuls qui ont défendu en bloc devant le Parlement les libyens en tant qu’hommes et femmes (pas en tant que « danger » d’immigration potentielle…), en réclamant l’arrêt du massacre de l’OTAN, ce sont les nôtres !

Jusqu’où va-t-on continuer ce jeu de l’« extrême droite extra-parlementaire défenseure du peuple » ? Ceux qui se prêtent à cette propagande médiatique, bouffonne et anti-communiste, devraient méditer le proverbe africain du camarade Mamadou : « le feu qui te brûlera, c’est celui auquel tu te chauffes ».


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Sécurité sociale : « le choix de la solidarité se justifie non seulement du point de vue social mais aussi des points de vue économique et sanitaire »

Posté par communistefeigniesunblogfr le 5 octobre 2011

Source : Plume de presse4 octobre 2011par Olivier Bonnet

 

La sécurité sociale est un droit et son financement pas un problème

 

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S’il est un domaine où la propagande médiatique libérale fait rage, c’est bien celui-là :

Le mythe du trou de la Sécu, si bien dénoncé par Julien Duval : « A en croire les médias

et les débats politiques, la Sécurité sociale serait menacée de faillite par un déficit abyssal.

Pour faire face à l’augmentation des dépenses et au vieillissement de la population,

notre système de protection sociale, créé en 1945 pour donner « la garantie à chaque homme qu’en toutes

circonstances il pourra assurer sa subsistance et celle de personnes à sa charge », serait condamné à se

« réformer » sans cesse : déremboursements, réduction des prestations, hausse des cotisations, voire

privatisation. Chercheur au CNRS, Julien Duval renverse les termes du problème : il n’y a pas de

« déficit de la Sécu » mais « un besoin de financement » que les gouvernements successifs ont décidé de

ne pas satisfaire en multipliant depuis 1993 les exonérations de charges sociales. En effet, l’affaiblissement

de la protection sociale découle non pas d’arbitrages techniques mais d’un choix politique : le transfert

généralisé des « risques » du capital vers le travail. » Un choix politique : on est bien là au coeur du problème.

pierruopt.jpg

Un autre chercheur du CNRS, Frédéric Pierru, est tout à fait sur la même longueur d’ondes :

« Depuis au moins deux ans, gouvernement et «experts» nous fredonnent ad nauseam une petite

rengaine, selon laquelle l’endettement public et la purge qu’il impliquerait ne seraient que la juste

punition du fait que «pendant des années, nous avons vécu au-dessus de nos moyens», écrit-il

dans Libération. Dans le domaine de la santé cela donne : «Nous, Français, dépensons sans compter, creusant

de façon irresponsable le trou de la Sécurité sociale et la dette aux dépens des générations futures.» Ajoutez à cela

l’exploitation politicienne du ressentiment contre les «assistés», tels les bénéficiaires de la CMU complémentaire

ou de l’Aide médicale d’État, et vous avez là les justifications les plus communes – pour ne pas dire vulgaires –

de la politique en cours de vente à la découpe du service public de la santé. La solidarité face à la santé, à la

maladie et la mort serait ainsi devenue un luxe et devrait être retirée aux «profiteurs» de tout poil, qu’ils soient

pauvres et/ou immigrés. Plus généralement, depuis le début des années 2000, les gouvernements successifs

se sont employés à «vaporiser» le service public de la santé. En matière d’assurance maladie, les soins courants

(hors affections de longue durée et hospitalisation) connaissent une baisse continue du taux effectif de leur prise

en charge par la Sécu, lequel n’est déjà plus que de 55% – le taux de 75,5% dont le gouvernement se targue n’étant

qu’une moyenne trompeuse. » Faut-il se résigner à la fatalité de voir détruire ainsi notre modèle de santé et de sécu,

jadis envié dans le monde entier ? Pas pour Pierru et ses amis : « Contre ce délitement, progressif mais bien réel,

du service public de la santé, mes collègues et moi-même avons décidé de rappeler, dans un manifeste signé

par 123 personnalités, un constat incontournable : en matière de santé, le choix de la solidarité se justifie non

seulement du point de vue social mais aussi des points de vue économique et sanitaire.

[Lire la suite sur : plumedepresse.net/]

 

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« Un cimetière nommé Méditerranée… »

Posté par communistefeigniesunblogfr le 13 avril 2011

Le 6 avril 2011, 250 personnes en provenance de Libye se sont noyées dans le Canal de Sicile. Un accident tragique qui s’ajoute à la longue liste des migrants

morts depuis que l’Europe ferme ses portes aux demandeurs d’asile, devenant ainsi une forteresse inaccessible et cruelle pour tous ceux qui fuient leur pays,

chassés par la peur, la faim, les bombes…

Depuis 1988, ce sont près de 16 000 personnes qui ont trouvé la mort en voulant rejoindre l’Europe.

710 victimes par an. Presque 2 par jour. (source : lepost.fr/)


*****************************************

Source : TLAXCALA – 8 avril 2011 

Auteur : Annamaria Rivera – Texte traduit par : Fausto Giudice

Annamaria Rivera est professeure d’ethnologie et d’anthropologie sociale à l’Université de Bari (Italie). (ndlr)

 

Une mer de guerre

   
Annamaria Rivera
Traduit par  Fausto Giudice

 

De nouveaux cadavres d’hommes, de femmes et d’enfants sont venus allonger la longue liste de ceux qui ont fait un immense tombeau de ce Mare Nostrum* qui fut

autrefois une mer  permettant à des gens, des coutumes et des cultures de fraterniser, et devenu aujourd’hui une frontière blindée qui sépare et extermine, tuant

ce qui reste de notre humanité.

Les dernières 250 victimes du Canal de Sicile, des Érythréens et des Somaliens – que certains médias gal_3590 dans Italies’acharnent, malgré

la dimension de cette tragédie, à qualifier de “clandestins” et d’“extracommunautaires” -, ne sont pas seulement mortes du

fait de la prohibition de l’accès  à l’Europe, mais aussi de notre coupable ingérence “humanitaire” en Libye. On a préféré les

bombardements aux corridors réellement humanitaires, on a ignoré cyniquement le devoir de sauver avant tout les êtres

humains et, en premier lieu, les réfugiés, persécutés et pris au piège dans la guerre civile.

D’ores et déjà nous le savons : même ces victimes par excellence, noyées (à cause de retards ou d’impéritie ?) au cours

des opérations de secours des garde-côtes italiens, ne viendront pas solliciter l’empathie qui déclenche le ressort de la

solidarité collective et induit la réflexion sur la folie de guerres “humanitaires” qui tuent des humains. Cela fait longtemps

que notre malheureux pays n’éprouve plus les sentiments qui, il y a juste 20 ans, poussèrent les habitants de Brindisi, ville

de 90 000 habitants, à restaurer, secourir et héberger dans leurs propres maisons 27 000 réfugiés albanais.


Ce sont des eaux plutôt troubles qui ont coulé depuis sous les ponts : la propagande raciste et sécuritaire, le poison liguiste** administré jour après jour à des doses toujours plus

élevées, une politique médiocre qui fait assaut de méchanceté à l’égard des “étrangers” dans la concurrence électoraliste, une Europe unie qui ne sait s’unir que quand il s’agit d’argent

et défense de ses frontières contre l’irruption des Barbares. Si bien que pas même cette dernière tragédie, pas même les images des visages souffrants et terrorisés des rescapés et les

récits de ceux parmi eux qui ont perdu en mer toute leur famille, pas même l’idée des enfants engloutis par les eaux qui auraient du les pousser vers le salut n’entraîneront de

réflexion sur la folie collective dont nous sommes la proie.

[Lire la suite sur : tlaxcala-int.org/]

NdT

*Mare nostrum : expression latine signifiant « notre mer », employée couramment dans la Rome antique pour désigner la Méditerranée, considérée comme la piscine domestique de la Rome impériale, et reprise par Mussolini dans sa rhétorique impériale, dans un discours prononcé à Tripoli en avril 1926 et annonçant sa volonté de “refaire de l’Italie” la puissance contrôlant la Méditerranée.

** Liguiste : de la Ligue du Nord, raciste et allophobe.

Source: http://www.ilmanifesto.it
Date de parution de l’article original: 07/04/2011
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=4532

 

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Naissance du Parti Communiste Français (2ème partie)

Posté par communistefeigniesunblogfr le 8 janvier 2011

Source : Le blog de Nicolas Maury – 28 décembre 2010

Il y a 90 ans, des ruines de la France,

naissait le Parti Communiste Français (deuxième partie)

 

Le jeudi 30 décembre 1920, salle du manège à Tours, le XVIIIè congrès national du Parti Socialiste – Section Française de l’Internationale Ouvrière (SFIO), après cinq jours de débats décide d’adhérer à la IIIè Internationale

Il y a 90 ans, des ruines de la France, naissait le Parti Communiste Français (seconde partie)

II – De la commune de Paris à la lutte contre la guerre impérialiste

  • A) les débuts du socialisme français

En 1871, le mouvement ouvrier , saigné lors de la répression de la commue de Paris, va mettre plusieurs années a s’en remettre. 30.000 communards ont été massacré, 45.000 condamnés et déportés. Les libertés syndicales bloquées, entravées. En 1872, une loi est adopté pour entravé la 1ère Internationale afin de « protéger le droit de propriété » et préserver les ouvriers de la grève. L’exploitation capitaliste se renforce. Les mouvements de grève sont isolés.

 Jules Guesde

Jules Guesde

Pourtant c’est à Paris que le marxisme, autour de Jules Guesde, va commencer à se diffuser. Les idées du Socialisme Scientifique vont commencer à prendre de l’ampleur, Karl Marx y est pour beaucoup car il va s’investir dans le combat politique en appuyant Jules Guesde. En 1879, à Marseille, Le Parti Ouvrier Français est lancé, en 1880 son programme politique propose « l’expropriation politique et économique de la classe capitaliste et le retour à la collectivité de tous les moyens de production. »

Cependant en 1882 les Révolutionnaires proches de Guesde et les Réformistes de Paul Brousse se séparent. Pourtant les années 1890 montrent un renouveau des luttes syndicales et le POF se renforce fortement. C’est le moment choisit par Fredrich Engels pour lancer la IIème Internationale en juillet 1889. Pour sa première bataille électorale le POF recueille, en 1892, les fruits de son travail de classe : il conquiert 29 municipalités (Toulon, Marseille, Narbonne, Montluçon, Roubaix…) ; aux législatives de 1893 avec 160.000 voix, le POF obtient 6 députés et Guesde est élu à Roubaix. La bourgeoisie voit désormais l’arrivée des socialistes au parlement, d’autant plus que tous les courants se réclamant du socialisme envoient une cinquantaines de députés.

Le renforcement de l’impérialisme des pays européens, définit une nouvelle donne politique, d’autant plus que la montée de l’opportunisme commence à miner le mouvement socialiste français (affaire Dreyfus…). Les socialistes surestiment le rôle des élections au détriment du travail révolutionnaire à mener. Avec les conflits syndicaux des années 1890, apparaît une nouvelle organisation. Réunies en congrès à Limoges en 1895, les fédérations de syndicats, bourses du travail … décident de créer une grande confédération : La Confédération Générale du Travail, elle est alors dominée par la tendance anarcho-syndicaliste.

 Jean Jaurès

Jean Jaurès

  • B) L’unité de 1905

Il existe en France plusieurs courants du socialisme français

* Les Possibilistes : Lors de la séparation au congrès Saint-Étienne en 1882, Jules Guesde propose le vote du programme « minimal » (partiellement rédigé par Marx). La vision de Paul Brousse est différente : il s’agit de fractionner le but final en plusieurs étapes pour le rendre possible. Le municipalisme est la base du mouvement possibiliste, c’est ce qui correspond à la vision communiste de Marx. Jusqu’en 1890, la Fédération des travailleurs socialistes étend son influence vers les pays de la Loire, mais elle subit une scission avec les Allemanistes. Cette érosion est due à l’évolution politique : les possibilistes sont désormais devenus républicains. La FTSF regroupe les artisans et les professions libérales.

* Les Allemanistes : Au sein de la FTSF, une aile ouvrière s’élève, emmenée par Jean Allemane qui crée une scission en 1890, à la suite du congrès de Châtellerault, formant le Parti ouvrier socialiste révolutionnaire (POSR). Il prône les réformes immédiates et le réformisme municipal. Ils sont proches de certains aspects de l’anarchisme et veulent une décentralisation du pays. Leurs moyens d’action sont plus concentrés sur l’action syndicale que politique. Ils sont pour la gestion des industries par les travailleurs.

* Les socialistes indépendants : Au départ c’est un regroupement de plusieurs personnalités radicales et républicaines. Ce sont des hommes comme Jean Jaurès ou Millerand, qui deviennent très rapidement députés. Ils dominent par leur qualité oratoire et leur nombre les divers groupes ouvriers ou socialistes qui constituent le parlement. Ce groupe hétérogène au départ, devient très vite homogène. Ils se regroupent autour des idées de solidarité républicaine et ne s’occupent pas de la rupture entre les socialistes et la république bourgeoise. Ce courant paraît très attaché à l’unité d’esprit du socialisme. C’est sur cet esprit d’unité que ce groupe se lie à plusieurs militants socialistes comme Léon Blum. Ce groupe d’indépendants s’agrandit jusqu’à créer en 1898 la confédération des Socialistes indépendants, puis en 1902 c’est la fusion avec la FTSF de Brousse pour créer le Parti socialiste français.

* Les guesdistes : le Parti ouvrier français, créé en 1880 en tant que Parti ouvrier, par Jules Guesde et Paul Lafargue. C’est une organisation qui se bat non seulement pour des réformes mais aussi pour la conquête du pouvoir politique par les prolétaires. C’est une organisation marxiste, qui est en lien avec Karl Marx et Friedrich Engels. C’est numériquement le parti socialiste le plus important en France.

* Le Parti socialiste révolutionnaire (PSR) blanquiste, nouveau nom donné en 1898 au Comité révolutionnaire central créé en 1881. Le PSR a été renforcé en 1896 par la scission d’élus et responsables régionaux exclus du POSR regroupés en 1897 sous le nom Alliance communiste révolutionnaire (ACR). Le PSR est dirigé par Édouard Vaillant, qui fait partie de l’union des indépendants et des marxistes.

En 1901, deux mouvements socialistes s’opposent :

* une « gauche », clairement révolutionnaire, avec Vaillant et Jules Guesde ;
* une « droite », plutôt réformiste, avec Jaurès et Paul Brousse.

Ces courants s’opposent régulièrement, par exemple lorsque Millerand accepte d’entrer au gouvernement bourgeois, Guesde et Vaillant dénoncent cette prise de position en déclarant que cela discrédite le socialisme. Malgré ces rivalités, Vaillant prône l’unification. Aux élections de 1893, une cinquantaine de députés sont élus. Parmi les raisons de leur élection, on trouve la diminution par le pouvoir du droit de presse, et surtout le mécontentement des ouvriers, qui se manifeste par de nombreuses grèves.

Deux rassemblements se développent :

* Parti socialiste français : il regroupe les Socialistes Indépendants, ce qui reste de la FTSF de Brousse et la plus grande partie des Fédérations indépendantes. Ce parti est dirigé en 1902 par Jaurès.
* Parti socialiste de France : il naît en 1901 sous le nom d’Unité socialiste révolutionnaire, réunissant le parti socialiste révolutionnaire (PSR), le Parti ouvrier français (POF) et quelques fédérations autonomes. Les guesdistes fournissent les 5/6 des effectifs.

L’unification du socialisme français a lieu en 1905, au congrès du Globe à Paris, qui fait suite du congrès socialiste international d’Amsterdam de 1904. Le parti socialiste, section de l’Internationale ouvrière, plus connu sous le sigle SFIO, parti du mouvement ouvrier, est né.

Ce rassemblement est à la fois une victoire des révolutionnaires et une victoire des jauressiens. En effet, ils représentent le tiers de la direction, même si Jaurès lui-même n’y siège pas, car les élus ne peuvent en être membre. A l’inverse des autres partis socialistes européens, la SFIO est un parti peu centralisé, laissant une grande autonomie à ses élus et aux échelons locaux. Sa direction ne dispose que de maigres moyens humains et financiers d’autant que, contrairement à ses homologues britannique et allemand, elle ne peut s’appuyer sur les organisations syndicales, lesquelles défendent leur indépendance (la Charte d’Amiens est adoptée par la CGT en 1906). Dans ces conditions, le secrétaire général Louis Dubreuilh n’exerce qu’une fonction administrative et c’est le chef du groupe parlementaire et directeur du quotidien L’Humanité, Jean Jaurès, qui apparait comme le véritable leader politique du parti.

La SFIO (Section Française Internationale Ouvrière) prend position contre la politique coloniale et le nationalisme belliciste. Cependant il y a encore des divergences sur les questions d’actualités. La rupture entre Vaillant et Guesde intervient dès 1906, quand la majorité accepte la résolution du congrès d’Amiens sur l’indépendance syndicale. Mais c’est sur la question de la guerre que la rupture intervient nettement. Jaurès, suivant la doctrine de l’Internationale, en appelle à la grève générale, voire à l’insurrection, afin de prévenir ou d’arrêter le conflit. Jules Guesde pense lui que la guerre peut détruire le capitalisme, et redoute que la grève ne devienne effective et affaiblisse les pays les plus industrialisés, ceux où l’organisation ouvrière serait plus forte. C’est une des raisons pour lesquelles les idées de Jules Guesde sont de moins en moins approuvées par les adhérents SFIO qui se rangent du côté de Jaurès.

Déclaration de principes de la SFIO

Les délégués des organisations socialistes françaises (parti ouvrier socialiste révolutionnaire, parti socialiste de France, parti socialiste français, fédérations autonomes des Bouches-du-Rhône, de Bretagne, de l’Hérault, de la Somme et de l’Yonne), mandatés par leurs partis respectifs et leurs fédérations pour réaliser l’unité sur les bases indiquées par le congrès international d’Amsterdam, déclarent que l’action du parti unifié doit être dirigée par les principes qu’ont établis les congrès internationaux, en particulier les plus récents, ceux de Paris en 1900 et d’Amsterdam en 1904 :
Ils constatent que les divergences de vues et les interprétations de tactiques différentes qui ont pu se produire jusqu’à présent sont dues surtout à des circonstances particulières à la France et à l’absence d’une organisation générale.

Ils affirment leur commun désir de fonder un parti de lutte de classe qui, même lorsqu’il utilise au profit des travailleurs les conflits secondaires des possédants où se trouve combinée accidentellement son action avec celle d’un parti politique pour la défense des droits et des intérêts du prolétariat, reste toujours un parti d’opposition fondamentale et irréductible à l’ensemble de la classe bourgeoise et à l’État qui en est l’instrument.

En conséquence, les délégués déclarent que leurs organisations sont prêtes à collaborer immédiatement à cette œuvre d’unification des forces socialistes sur les bases suivantes, fixées et acceptées d’un commun accord.

1. Le parti socialiste est un parti de classe qui a pour but de socialiser les moyens de production et d’échange, c’est-à-dire de transformer la société capitaliste en une société collectiviste ou communiste, et pour moyen l’organisation économique et politique du prolétariat. Par son but, par son idéal, par les moyens qu’il emploie, le parti socialiste, tout en poursuivant la réalisation des réformes immédiates revendiquées par la classe ouvrière, n’est pas un parti de réforme, mais un parti de lutte de classe et de révolution.

2. Les élus du parti au parlement forment un groupe unique, et en face de toutes les fractions politiques bourgeoises. Le groupe socialiste au parlement doit refuser au gouvernement tous les moyens qui assurent la domination de la bourgeoisie et son maintien au pouvoir : refuser en conséquence les crédits militaires, les crédits de conquête coloniale, les fonds secrets et l’ensemble du budget.
Même en cas de circonstances exceptionnelles, les élus ne peuvent engager le parti sans son assentiment. Au parlement, le groupe socialiste doit se consacrer à la défense et à l’extension des libertés publiques et des droits des travailleurs, à la poursuite et à la réalisation des réformes qui améliorent les conditions de vie et de lutte de la classe ouvrière.
Les députés, comme les élus, doivent se tenir à la disposition du parti pour son action dans le pays, sa propagande générale sur l’organisation du prolétariat et le but final du socialisme.

3. L’élu relève individuellement, comme chaque militant, du contrôle de sa fédération.
L’ensemble des élus, en tant que groupe, relève du contrôle de l’organisme central. Dans tous les cas, le congrès juge souverainement.

4. La liberté de discussion est entière dans la presse pour les questions de doctrine et de méthode, mais pour l’action tous les journaux socialistes doivent se conformer strictement aux décisions du congrès interprétées par l’organisme central du parti. Les journaux qui sont ou seront la propriété du parti, soit dans son ensemble, soit de ses fédérations, sont ou seront naturellement placés sous le contrôle et l’inspiration de l’organisme permanent établi respectivement par le parti ou les fédérations. Les journaux, qui sans être la propriété du parti se réclament du socialisme, devront se conformer strictement pour l’action aux décisions du congrès, interprétées par l’organisme fédéral ou central du parti, dont ils devront insérer les communications officielles. L’organisme central pourra rappeler ces journaux à l’observation de la politique du parti et, s’il y a lieu, proposer au congrès de déclarer rompus tous rapports entre eux et le parti.

5. Les élus parlementaires ne pourront individuellement être délégués à l’organisme central mais ils y seront représentés par une délégation collective égale au dixième des délégués et qui ne sera pas en tout cas inférieure à cinq.
S’il y a une commission exécutive, ils ne pourront en faire partie.

Les fédérations ne pourront déléguer comme titulaires à l’organisme central que les militants résidant dans les limites de la fédération.

6. Le parti prendra des mesures pour assurer, de la part de ses élus, le respect du mandant impératif ; il fixera leur cotisation obligatoire.

7. Un congrès, chargé de l’organisation définitive du parti, sera convoqué dans le plus bref délai sur la base d’une représentation proportionnelle aux forces socialistes constatées lors du congrès d’Amsterdam et calculée, d’une part, sur le nombre de cotisants, et, d’autre part, sur le chiffre des voix obtenues au premier tour de scrutin dans les élections générales législatives de 1902, étant admis que le nombre de mandats représentant les voix électorales ne pourra dépasser le cinquième du total des mandats.
Il ne sera attribué aux fédérations de mandats présentant les voix électorales qu’à partir de mille suffrages obtenus, et le nombre des mandats sera déterminé suivant une progression décroissante.

 

Il y a 90 ans, des ruines de la France, naissait le Parti Communiste Français (seconde partie)

  • C) Union sacrée dans la grande boucherie de l’impérialisme

L’assassinat de Jean Jaurès a lieu trois jours avant le début de la Première Guerre mondiale.

Raoul Villain l’assassine le vendredi 31 juillet 1914 à 21 h 40, alors qu’il dîne au café du Croissant, rue Montmartre, dans le 2e arrondissement de Paris, à deux pas du siège de son journal, L’Humanité. Il tire deux coups de feu : une balle lui perfore le crâne et l’autre se fiche dans une boiserie. Jaurès s’effondre, mortellement atteint.

Son meurtre met un terme aux efforts désespérés qu’il avait entrepris depuis l’attentat de Sarajevo pour empêcher la déflagration militaire en Europe. Il précipite le ralliement de la majorité de la gauche française à l’Union sacrée, y compris beaucoup de socialistes et de syndicalistes qui refusaient jusque-là de soutenir la guerre.

Depuis l’attentat de Sarajevo le 28 juin 1914, les États européens se trouvent progressivement entraînés par le jeu des Alliances dans une nouvelle crise internationale qui conduit en un mois à la Première Guerre mondiale. Jaurès, le plus éminent des opposants à la guerre, va, tout au long de ces quatre semaines, sentir monter inexorablement la tension et tentera jusqu’à sa mort de s’y opposer.

Il soutient avec le groupe socialiste le gouvernement Viviani qui lui semble réellement hostile à la guerre. Le 14 juillet, au congrès extraordinaire de la SFIO qui se réunit jusqu’au 19, il se montre confiant dans la volonté de la classe ouvrière et de ses représentants dans les principaux pays de s’opposer au conflit, y compris en utilisant l’arme de la grève générale. Il soutient la motion Keir-Hardy-Vaillant, des noms d’un socialiste britannique et d’un français, qui préconisait l’appel à la grève en cas de conflit imminent : « plutôt l’insurrection que la guerre », à quoi Jaurès ajoute que cette grève devra être « simultanément et internationalement organisée ». Cela lui vaut d’être attaqué par un journal comme Le Temps, qui le 18 juillet l’accuse de soutenir la « thèse abominable qui conduirait à désarmer la nation, au moment où elle est en péril », ce à quoi il répond dans L’Humanité que « la grève paralyserait aussi l’agresseur ».

Il apprend avec inquiétude l’accroissement des engagements pris dans le cadre de l’alliance franco-russe que vont célébrer à Saint-Pétersbourg le président de la République Poincaré et le Président du conseil Viviani entre les 20 et 23 juillet. Or, toute la stratégie de Jaurès depuis des mois consiste à condamner l’alliance avec la Russie despotique et de rechercher la médiation et le rapprochement avec l’Angleterre – en vain. Lorsqu’il est informé de la rupture des relations diplomatiques entre l’Autriche et la Serbie le 24, il prend conscience de la gravité des menaces. Venu le 25 juillet soutenir Marius Moutet, candidat socialiste à une élection partielle à Vaise, dans la banlieue de Lyon, il dénonce dans un discours les « massacres à venir ». Ainsi qu’il le confesse à Joseph Paul-Boncour, directeur de cabinet de Viviani, le pessimisme le gagne quand il s’exprime fataliste :

« Ah! croyez vous, tout, tout faire encore pour empêcher cette tuerie ?… D’ailleurs, on nous tuera d’abord, on le regrettera peut-être après. »

Croyant pouvoir encore faire pression sur le gouvernement, il garde une certaine réserve vis-à-vis de la manifestation organisée le 27 juillet à Paris par la CGT. La direction du parti socialiste qui se réunit le 28 juillet, à l’instigation de Jaurès, exprime à nouveau son soutien au gouvernement.

Tout à son espoir que Paris et Berlin sauront retenir leurs alliés réciproques, il se rend à la réunion d’urgence du Bureau socialiste international de la Deuxième Internationale qui se réunit à Bruxelles les 29 et 30 juillet, à la demande des socialistes français. Il s’agit de pousser les dirigeants allemands et français à agir sur leurs alliés. Le bureau décide de convoquer le congrès de l’Internationale socialiste le 9 août à Paris au lieu du 23 à Vienne. Dans une atmosphère un peu surréaliste, la plupart des délégués, dont Hugo Haase, le co-président du SPD allemand, se disent confiants dans la capacité des peuples à éviter la guerre. Le 29 au soir, Jaurès et Rosa Luxemburg sont acclamés lors d’un meeting massif contre la guerre. Le Bureau socialiste international vote à l’unanimité un appel au renforcement des manifestations contre la guerre.

Jaurès veut user du pouvoir des forces syndicales et politiques mais sans paralyser l’action des gouvernements et pour ce faire, convainc Léon Jouhaux le 30 juillet de reporter la journée de manifestation prévue par la CGT le 2 août au 9.

« Le plus grand danger à l’heure actuelle n’est pas, si je puis dire, dans les événements eux-mêmes. […] Il est dans l’énervement qui gagne, dans l’inquiétude qui se propage, dans les impulsions subites qui naissent de la peur, de l’incertitude aiguë, de l’anxiété prolongée. […] Ce qui importe avant tout, c’est la continuité de l’action, c’est le perpétuel éveil de la pensée et de la conscience ouvrière. Là est la vraie sauvegarde. Là est la garantie de l’avenir. »

Jean Jaurès – Extraits de son dernier article dans L’Humanité du 31 juillet 1914

Si les proches du leader assassiné et les militants socialistes à Paris comme à Carmaux furent bouleversés (« Ils ont tué Jaurès »), et si certains extrémistes de droite se réjouirent bruyamment, toutes les recherches historiques montrent que la population eut généralement une réaction de tristesse face à un évènement qui venait symboliser le basculement dans l’incertitude, la peur des horreurs de la guerre désormais inéluctable.

Le gouvernement qui se réunit dans la nuit craint d’abord des réactions violentes dans les grandes villes, et retient dans la capitale deux régiments de cuirassiers en instance de départ pour la frontière. Cependant, rapidement, les rapports qu’obtient le ministre de l’Intérieur Louis Malvy lui font estimer que les organisations de gauche ne vont pas déclencher de troubles. Dans le même temps, la direction du Parti socialiste fait savoir qu’elle n’appellera pas à des manifestations.

Le 3 août, l’Allemagne déclare la guerre à la France, le lendemain, l’Angleterre déclare la guerre à son tour.

Dès le 1er aout, de nombreux signes avaient indiqué que la gauche française se ralliait à la guerre. Même certains des antimilitaristes les plus irréductibles basculent. Ainsi, le journal La Guerre sociale de Gustave Hervé sort une édition spéciale avec trois titres : Défense nationale d’abord !, Ils ont assassiné Jaurès, Nous n’assassinerons pas la France. Le Bonnet rouge, journal anarchiste d’Almereyda, titre : « Jaurès est mort ! Vive la France ». La Bataille syndicaliste, organe de la CGT, adopte le même ton. À la salle Wagram, le 2 août, à la réunion du Parti socialiste qu’avait convoquée Jaurès, Édouard Vaillant, le vieux révolutionnaire de la Commune, déclare : « En présence de l’agression, les socialistes rempliront tout leur devoir. Pour la Patrie, pour la République, Pour l’Internationale ».

Le 4 août au matin, les obsèques officielles de Jaurès sont célébrées. Un catafalque est dressé au coin de l’avenue Henri-Martin. Sont présents devant une foule immense toutes les autorités de la République, comme le président du conseil Viviani, le président de la chambre des députés Paul Deschanel, la plupart des ministres, les leaders de toute la gauche socialiste et syndicale et même l’opposition nationaliste, Maurice Barrès en tête. C’est la première manifestation de l’Union nationale. Léon Jouhaux, le secrétaire général de la CGT, dans le discours qui fit le plus d’impression, y lance un appel aux armes. Il crie sa haine de la guerre, de l’impérialisme, du militarisme.

« Jaurès a été notre réconfort dans notre action passionnée pour la paix ; ce n’est pas sa faute si la paix n’a pas triomphé. [...C’est celle des empereurs d’Allemagne et d’Autriche-Hongrie...]. Nous prenons l’engagement de sonner le glas de vos règnes. Avant d’aller vers le grand massacre, cet engagement, je le prends au nom des travailleurs qui sont partis, et de ceux qui vont partir. »

Le même jour, la volonté présidentielle d’« union » est rapportée aux deux chambres par le président du Conseil René Viviani : « Dans la guerre qui s’engage, la France […] sera héroïquement défendue par tous ses fils, dont rien ne brisera devant l’ennemi l’Union sacrée ». Au palais Bourbon, les socialistes votent à l’unanimité les crédits militaires.

Le 26 août, un gouvernement d’union nationale est constitué par Viviani. Les socialistes, dont le vieux leader révolutionnaire Jules Guesde, ministre d’État, ou les proches de Jaurès comme Marcel Sembat, ministre des Travaux publics, y participent. Dans un manifeste du 29 août, la direction du Parti socialiste SFIO affirme que « dès lors qu’il ne s’agit pas de l’ordinaire participation à un gouvernement bourgeois [...mais] de l’avenir de la Nation, le parti n’a pas hésité ».

Seule une petite minorité refuse la guerre et l’union sacrée, parmi lesquels le socialiste Charles Rappoport ou le syndicaliste Pierre Monatte. La majorité des socialistes allemands se rallient également à l’union sacrée. En décembre 1914, le seul député allemand à s’opposer au vote des crédits de guerre est Karl Liebknecht, qui participe avec Rosa Luxemburg à la création de la Ligue spartakiste, composée de socialistes opposés à la guerre.

Après le déclenchement de la Première Guerre mondiale, les leaders socialistes (à l’exception des Russes et des Serbes), votèrent les crédits militaires demandés par les gouvernements. Les militants fidèles à l’internationalisme et au pacifisme dénoncent ce reniement de la majorité, et militent contre la guerre – ce qui leur vaut souvent d’être exclus de la Deuxième Internationale (c’est le cas par exemple de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht en Allemagne). Certains de ces militants hostiles à la guerre seront plus tard appelés « communistes », par opposition à leurs ex-camarades socialistes ; d’autres opposants à la guerre formeront l’aile gauche des partis socialistes (socialistes révolutionnaires). Durant le conflit, deux conférences, celle de Zimmerwald et surtout celle de Kienthal, ont réuni les militants de la gauche de l’Internationale, parfois exclus, pour s’opposer à la guerre et aux dirigeants socialistes la soutenant.

Suite à la Révolution russe, de nombreux socialistes quittent la Deuxième Internationale pour rallier l’Internationale communiste fondée par les bolcheviks en 1919, et comportant déjà diverses organisations communistes (notamment les spartakistes allemands exclus du SPD) pendant la guerre .

 

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L’ÉDITO DE L’HUMANITÉ : Déjouer le piège

Posté par communistefeigniesunblogfr le 14 août 2010

edito_huma.jpg 13 août 2010 – Par Jean-Paul Piérot

Déjouer le piège

Un piège est tendu à l’opposition, à l’opposition politique, c’est-à-dire à la gauche, mais aussi à ceux qui s’opposent à la politique du pouvoir sarkozyen : les syndicats et tout le mouvement social qui préparent la journée de mobilisation du 7 septembre pour la défense des retraites. Le piège est à double détente : un matraquage de l’opinion sur les thèmes du « sécuritaire » et de la xénophobie, pour occulter les préoccupations des Français, retraite, emploi, pouvoir d’achat ; une tentative de mise en condition de millions de Français, à grand renfort de propagande et de manipulations, pour qu’ils acceptent une régression des libertés et un recul de l’État de droit.

La chronique de la violence occupe l’essentiel de l’actualité médiatique. Jour après jour, les opérations commandos de policiers en tenue de guerre se succèdent dans le quartier grenoblois de la Villeneuve, dont la plupart des Français, hors du département de l’Isère, ignoraient il y a peu de temps jusqu’à l’existence. Mais depuis quelques jours ils ont l’impression d’avoir toujours connu « ce repère de voyous ». Le choix des termes est important dans la propagande. Hier, au micro de France Inter, un responsable d’Alliance, qui s’exprimait davantage comme un porte-parole de Brice Hortefeux que comme le syndicaliste qu’il est censé être, martelait ce mot « voyou » pour désigner coupables ou innocents, jeunes en galère, immigrés. Tous présumés coupables, comme dit le locataire de la Place Beauvau à propos de ce commerçant de Nantes, qu’on avait fini par oublier et qui revient à point nommé sous les feux de l’actualité pour la promotion du projet de déchéance de nationalité… Tout ce scénario bien ordonné n’autorise pas le doute. Une grave manipulation est à l’œuvre qui empoisonne le climat politique et vise à créer des divisions chez tous ceux qui souffrent, là où l’union et la solidarité sont plus nécessaires que jamais.

Le quartier de la Villeneuve, que nous présentons dans ce numéro, est sensiblement différent de la caricature humiliante et méprisante en vogue depuis que le président de la République est venu lancer ses anathèmes contre les « étrangers » et les « voyous ». C’est un quartier populaire, où rayonne une vie associative. On y rencontre de la douleur et de la colère mais une constatation s’impose : nul ne saurait nier l’existence d’une frange qui s’affranchit des lois et des règles du vivre ensemble, mais la plus grave cause de souffrance à la Villeneuve, ce n’est pas le grand banditisme, c’est le chômage. Ce n’est pas pécher par angélisme ni faire partie de ceux qui « excusent » que de refuser de laisser pervertir le débat politique dans la surenchère et l’exploitation politicienne de la peur par un gouvernement qui a réduit le nombre de policiers, mais aussi d’enseignants, d’éducateurs, de magistrats.

La gauche évitera le piège que lui tend le premier cercle du sarkozysme si elle impose le débat sur la question sociale et si, parallèlement, elle mène une offensive contre la dérive antirépublicaine.

 

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Retraites : Pour l’UMP, la régression sociale est un gage de modernité !

Posté par communistefeigniesunblogfr le 14 juin 2010

Publié sur : plumedepresse.net/ – 14 juin 2010 – par Olivier Bonnet

Permalien : http://www.plumedepresse.net/spip.php?article1435

Retraites : ultime forcing des menteurs de l’UMP

Les voleurs de mots vous manipulent !

Dernière ligne droite pour la propagande UMPiste : un festival de mensonges éhontés alors que le gouvernement s’apprête à dévoiler sa réforme antisociale des retraites.


xb« Si nous vivons beaucoup plus longtemps, il faut accepter de travailler un peu plus longtemps. Augmenter les impôts, c’est la solution de ceux qui n’ont pas de courage« , ose Xavier Bertrand*, un comble quand on connaît le surnom du Secrétaire général de l’UMP, « le traître sans couilles« .

Répondons à ces deux affirmations : si l’on vit plus longtemps, c’est parce qu’on peut prendre sa retraite à 60 ans, le travail use, le travail tue. Comme le répète souvent Gérard Filoche, inspecteur du travail et authentique socialiste sans guillemets, c’est de l’espérance de vie en bonne santé qu’il faudrait parler, non d’espérance de vie tout court. Pour mémoire, les ouvriers vivent sept ans de moins que les cadres : est-ce juste ?

L’économiste Jean-Marie Harribey, enseignant à l’Université de Bordeaux et ancien co-président d’Attac France, s’interroge à ce sujet sur le site Retraites-2010.fr, émanation de l’organisation altermondialiste sous-titrée Réussissons vraiment une réforme juste :

« S’il y a de grandes différences d’espérance de vie entre les catégories socio-professionnelles, c’est que la pénibilité du travail raccourcit la vie. Donc, rallonger la durée de cotisation pour faire travailler plus longtemps ne peut que réduire à terme l’espérance de vie. Ne serait-ce pas l’objectif ultime des contre-réformes des retraites ? »

Évidemment, Bertrand-le-fourbe ne l’avouera pas ! Quant au soi-disant manque de courage dont témoignerait selon lui une hausse des impôts, l’accusation est scandaleuse : l’impôt (direct) constitue le socle des mécanismes de redistribution et finance la solidarité nationale. L’augmenter de façon à ce que les privilégiés soient davantage taxés – et les revenus du capital plus que ceux du travail – est par conséquent la seule résorbtion juste des déficits sociaux.

Le courage selon Bertrand consiste donc à laisser peser toujours plus lourd le poids de la crise sur les épaules des catégories populaires, qui s’en sortent de moins en moins, avec la misère, le chômage et la précarité qui explosent. Le courage selon Bertrand est de continuer à offrir des cadeaux aux héritiers et actionnaires sur le dos du peuple qui souffre. Est-ce juste ?

[Lire la suite sur : plumedepresse.net/]

Publié dans POLITIQUE, Propagande - Desinformation, RETRAITES, UMP | Pas de Commentaires »

Sécu : « Des soins de moins en moins remboursés et des complémentaires qui augmentent… »

Posté par communistefeigniesunblogfr le 8 janvier 2010

Plume de presse - 4 janvier 2010 – Olivier Bonnet 

Déremboursements, augmentation des mutuelles…

Et surtout la santé !affiche

Mieux vaudra ne pas tomber malade en 2010

La traditionnelle formule des voeux de bonne année n’aura hélas jamais été aussi pertinente. Face à une opinion publique anesthésiée par la propagande libérale omniprésente dans les grands médias et martelée par la majorité de la classe politique (tout l’UMP, mais aussi le Modem et la plupart des « socialistes »), le gouvernement a décidé la baisse du taux de remboursement de 35% à 15% d’une centaine de médicaments et la hausse du forfait hospitalier de 16 à 18 euros. A cela s’ajoutent les franchises médicales, qui responsabilisent les cancéreux pour leur apprendre à être moins malades…

[...]

 Citons Le Point, qui n’est pas précisément un brûlot anticapitaliste : « Le montant des exonérations de cotisations sociales ne cesse d’augmenter depuis les années 1990 et a plus que doublé couventre 1999 et 2007. En 2008, il a augmenté de 13,1% (après +13,5% en 2007, +13,6% en 2006, +4,6% en 2005)« . Moins 100% pour les entreprises, plus 50% à la charge des ménages : entre ces deux chiffres se résume l’essence de la politique libérale menée depuis plus de dix ans en France – période Jospin et Strauss-Kahn incluse. Sarkozy ne fait en la matière que donner de vigoureux tours de vis supplémentaires et parachever le travail. Qui arrêtera Les fossoyeurs de la Sécu ?

[Article complet : Plumedepresse.net/]

A lire également sur Plume de presse :

Le double mensonge de Roselyne Bachelot

Publié dans Politique nationale, SANTE, SERVICES PUBLICS | Pas de Commentaires »

 

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