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Les décrets liberticides de la Sainte Edwige

Posté par communistefeigniesunblogfr le 19 octobre 2009

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Non, aux clones d’EDVIGE

Les récents événements de Poitiers, savamment orchestrés et médiatisés, ont permis à Brice Hortefeux de préparer l’opinion à accepter le passage en force de deux nouveaux décrets ultra sécuritaires.

Pour mémoire, la CNIL avait été saisie dès le 27 mars 2009 au sujet de ces deux projets de décret, peu après qu’ils aient été annoncés par N. Sarkozy  le 18 mars à Gagny (Seine-Saint-Denis). C’est dire qu’ils avaient été élaborés bien avant les incidents de Poitiers. Mais ceux-ci étaient nécessaires pour provoquer l’émotion et la réprobation des citoyens prêts, dès lors, à accepter ces décrets liberticides.

« La dictature constitutionnelle, avec la complicité de ses médias relais, utilise ou crée en permanence des évènements pour faire diversion, empêcher que l’attention des individus se cristallise sur leur mécontentement personnel, et différer éternellement toute résolution possible des problèmes sociaux. Ces évènements renforcent et légitiment le rôle de la dictature constitutionnelle comme unique rempart entre l’individu et un monde extérieur caricaturé jusqu’à la paranoïa, d’où ne ressortent plus que des dangers potentiels. » (Michelle Meyer- La dictature constitutionnelle)

« Edvige est mort, il n’est pas question de le remplacer » (Brice Hortefeux – mardi 13 octobre). Edvige est mort mais l’acte de naissance de ses deux clones a été signé le 16, jour de la Sainte Edwige, signe de l’humour légendaire de notre sinistre ministre de l’Intérieur. Signe également du mépris du gouvernement et de Nicolas Sarkozy pour le Parlement, alors même que la Commission des lois de l’Assemblée nationale a déposé une proposition de loi depuis juillet 2009.

 Un million de salariés concernés par ce fichage

Les décrets publiés dimanche 18 octobre au Journal officiel portant création de deux nouvelles « bases de données » de police précisent le type de données qui peuvent y être recensées, ainsi que les dérogations possibles.

 

Dans le fichier relatif à la « prévention des atteintes à la

sécurité publique », figureront :

- Motif de l’enregistrement
- Photographies
- État civil
- Nationalité
- Profession
- Signes physiques particuliers et objectifs (ce sont les tatouages, les piercings,votre  manière de vous habiller, etc…)
– Adresses physiques et électroniques
- Numéros de téléphone
- Titres d’identité
- Immatriculation des véhicules
- Informations patrimoniales
- Activités publiques
- Comportement et déplacements (le terme est suffisamment flou et vague pour nous inquiéter de ce que les descriptions policières subjectives en feront)
- Agissements susceptibles de recevoir une qualification pénale
- Personnes ayant entretenu des relations directes et non fortuites avec l’intéressé (se limitant à leur identité, sauf si elles-mêmes présentent un risque d’atteinte à la sécurité publique).


En outre, « à titre dérogatoire et dans un cadre strict », selon une circulaire du  ministère de l’Intérieur adressée dimanche aux préfets, pourront être indiqués :

  -Signes physiques particuliers et objectifs « pris comme éléments de signalement » (tatouage, cicatrice, couleur de cheveux)
-  Origine géographique ou appartenance à un même quartier (ce n’est ni plus ni moins que la stigmatisation des populations par leur quartiers et leurs orgines)
- Activités politiques, philosophiques, religieuses ou syndicales ( l’attaque  gouvernementale est là clairement explicite contre les mouvement sociaux).

 

 

  Dans le second, consacré aux « enquêtes administratives

liées à la sécurité publique », seront seulement enregistrés :

 

Motif de l’enquête

Photographies Etat civil Nationalité
Profession


Adresses physiques et électroniques
Numéros de téléphone
Titres d’identité

 

    Pourra également, « à titre dérogatoire », être fait mention d’éléments à caractère  politique, philosophique, religieux ou syndical si y est lié un comportement « incompatible avec l’exercice des fonctions ou missions envisagées ».

Des mineurs peuvent y être inscrits, s’ils ont plus de 16 ans et ont fait l’objet d’une  enquête administrative les concernant directement dans le cadre d’une procédure de recrutement.

  L’inscription sera automatiquement supprimée cinq ans après son enregistrement « quel qu’ait été le résultat, favorable ou non de l’enquête »

 

Sources : http://nantes.indymedia.org/article/18436 et  Mille Babords.org/spip.php?article1235

 Lire :

Adieu Edvige, bonjour Edwige²

sur : bugbrother.blog.lemonde.fr/

Publié dans LIBERTES, POLITIQUE, Politique nationale | Pas de Commentaires »

Racisme : « Si vous êtes au Monde, c’est parce qu’il leur fallait un Arabe ? »

Posté par communistefeigniesunblogfr le 24 septembre 2009

Dans son article : « Moi, Mustapha Kessous, journaliste au « Monde » et victime du racisme », Mustapha Kessous décrit les brimades quasi-quotidiennes dont il est victime dans sa vie et dans l’exercice de sa profession .

« Brice Hortefeux a trop d’humour. Je le sais, il m’a fait une blague un jour. Jeudi 24 avril 2008. Le ministre de l’immigration et de l’identité nationale doit me recevoir dans son majestueux bureau. Un rendez-vous pour parler des grèves de sans-papiers dans des entreprises. Je ne l’avais jamais rencontré. Je patiente avec ma collègue Laetitia Van Eeckhout dans cet hôtel particulier de la République. Brice Hortefeux arrive, me tend la main, sourit et lâche : « Vous avez vos papiers ? » »

[...]

« Je pensais que ma « qualité » de journaliste au Monde allait enfin me préserver de mes principaux « défauts » : être un Arabe, avoir la peau trop basanée, être un musulman. Je croyais que ma carte de presse allait me protéger des « crochets » balancés par des gens obsédés par les origines et les apparences. Mais quels que soient le sujet, l’endroit, la population, les préjugés sont poisseux. »

 [...]

A mon arrivée au journal, en juillet 2004, je pars pour l’île de la Barthelasse, près d’Avignon, couvrir un fait divers. (…) On pensait que le meurtrier s’était enfui de l’hôpital psychiatrique de l’endroit : j’appelle la direction, j’ai en ligne la responsable : « Bonjour, je suis M. Kessous du journal Le Monde… » Elle me dit être contente de me recevoir. Une fois sur place, la secrétaire lui signale ma présence. Une femme avec des béquilles me passe devant, je lui ouvre la porte, elle me dévisage sans me dire bonjour ni merci. « Il est où le journaliste du Monde ? », lance-t-elle. Juste derrière vous, Madame : je me présente. J’ai alors cru que cette directrice allait s’évanouir. Toujours pas de bonjour. « Vous avez votre carte de presse ?, me demande-t-elle. Vous avez une carte d’identité ? » « La prochaine fois, Madame, demandez qu’on vous faxe l’état civil, on gagnera du temps », riposté-je. Je suis parti, évidemment énervé, forcément désarmé, avant de me faire arrêter plus loin par la police qui croyait avoir… trouvé le suspect.

[...]

Le 21 décembre 2007, je termine une session de perfectionnement dans une école de journalisme. Lors de l’oral qui clôt cette formation, le jury, composé de professionnels, me pose de drôles de questions : « Etes-vous musulman ? Que pensez-vous de la nomination d’Harry Roselmack ? Si vous êtes au Monde, c’est parce qu’il leur fallait un Arabe ? »

[A lire sur lemonde.fr]

Publié dans Racisme - Xenophobie | Pas de Commentaires »

 

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