• Accueil
  • > Recherche : congrès tours

Résultats de votre recherche

Pourquoi le PS de Hollande a cassé (provisoirement?) la gauche

Posté par communistefeigniesunblogfr le 3 avril 2014

 

Pourquoi le PS de Hollande a cassé (provisoirement?) la gauche

 

PS5   par Y. Quiniou

  La gauche a une longue histoire tumultueuse qui,

  après la scission de Tours, a cependant réuni le PS et le PC

  à plusieurs reprises, permettant des avancées sociales

  importantes : en 1936, à la Libération, en 1981-1983 et,

  pour une part, avec le gouvernement Jospin.

 

 

Ces conquêtes communes ont contribué à remodeler le capitalisme dans un sens plus humain et, on peut le dire, social-démocrate au sens vrai de ce terme. Mais elles n’ont été possibles qu’en raison d’un même fond idéologique basé sur le marxisme et sa critique du capitalisme, en tout cas jusqu’à la chute du système soviétique: la rupture du Congrès de Tours ne portait pas sur ce fond doctrinal mais sur le rapport à l’URSS et à la 3ème Internationale. Or tout cela, qui aurait pu continuer, est en train de s’écrouler depuis l’arrivée de Hollande au pouvoir et les élections municipales nous montrent sans conteste l’échec total qui en résulte. Pourquoi?

La première raison tient évidemment au tournant non social-démocrate mais social-libéral auquel le PS a procédé (voir mon article précédent), qui revient à faire du capitalisme l’horizon définitif de la politique, quitte à l’aménager à la marge dans un sens plus social.

[...]

La deuxième raison est la conséquence concrète de cette vision politique : le PS depuis des années n’a cessé de s’intégrer pratiquement à l’ordre capitaliste, sans le moindre recul critique. Faisant du marché et de la libre concurrence son dogme de base, il a créé le piège dans lequel il est enfermé, c’est-à-dire dans lequel il s’est enfermé lui-même: l’Europe actuelle avec son traité constitutionnel, pourtant refusé par les français et qu’on leur a imposé à  initiative de la droite et avec elle par un artifice juridique. Or celle-ci n’est guère démocratique et, surtout, elle n’a d’autre finalité que de créer un vaste marché économique permettant de valoriser le Capital par sa libre circulation et son investissement dans les pays où le « coût du travail » est bas, quitte à produire du malheur social dans les pays plus développés où les travailleurs étaient jusqu’à présent plus protégés.

Source : PCF-Grésivaudan

Article original

 

Publié dans Democratie, F. Hollande, France, Liberalisme, POLITIQUE, PS | Pas de Commentaires »

Le Figaro, Mélenchon et les communistes

Posté par communistefeigniesunblogfr le 28 mars 2013

 

Le Figaro, Mélenchon et les communistes

 

Le Figaro, Mélenchon et les communistes  dans France europe-unie-contre-bolchevismePar Robert Injey

La charge lors du congrès du PG contre les 17 salopards,

dont le ministre du gouvernement PS/EELV, Pierre Moscovici,

a eu le mérite de révéler la réalité de la lutte des classes.

Une réalité, faut-il le rappeler, dont l’ex-ministre Cahuzac

niait la réalité.

Passons sur le style de ce type de charge, on aime ou on

n’aime pas. Cela à l’avantage de faire le buzz médiatique,

mais à l’arrivée est-ce que cela conforte les convictions,

crédibilise les propositions… le débat est ouvert.

Deux choses par contre sont mises en évidence dans cette

affaire.

D’une part l’adversaire ne reculera devant aucune bassesse

pour tenter de nous porter préjudice. La volonté de donner

une connotation antisémite aux propos de Jean Luc est odieuse et indigne. Que la droite se livre à ce genre

de manœuvre rien d’étonnant. Provenant de quelques leaders de la gauche gouvernementale c’est pitoyable.

D’autre part je constate que pointer la finance fait mal. L’édito du Figaro de lundi est de ce point de vue

éclairant.

Extraits : «Depuis combien de temps les met-on en garde contre la tyrannie morale que leur inflige

l’extrême gauche (…) Depuis le congrès de Tours. Il y a quatre-vingt-treize ans… Qu’il (les socialistes)

préconise de voter UMP si (…) un second tour devait opposer un candidat de la droite républicaine à un autre

du Front de gauche ! (…) . Qu’il décide d’un cordon sanitaire à placer autour des communistes !…. »

« Un spectre hante l’Europe : le spectre du communisme… » cette phrase du Manifeste de Marx a été écrite

il y a 165 ans. A lire le Figaro on constate qu’elle est toujours d’une grande actualité……..

Source :  Robert Injey.com

Source illustration : PCF Grésivaudan

 

Publié dans France, Jean-Luc Melenchon, POLITIQUE, Presse - Medias, PS, UMP | Pas de Commentaires »

Le communisme est-il toujours un projet d’avenir ?

Posté par communistefeigniesunblogfr le 26 janvier 2011

Accueil 24 janvier 2011

Le communisme est-il toujours un projet d’avenir ?

Le nouveau hors-série de l’Humanité

Le communisme est-il toujours un projet d’avenir ? dans HISTOIRE le_communisme_441

Un numéro hors série de l’Humanité décrypte les origines et l’évolution du communisme en France. Quarante personnalités parlent de l’avenir.

La crise financière, particulièrement spectaculaire aux États-Unis et en Europe, a érodé la confiance dans un ordre économique présenté généralement par les idéologues du libéralisme comme l’aboutissement de la civilisation humaine. Puis on se mit à reparler du capitalisme. Les oeuvres de Marx firent leur réapparition dans les librairies, et Nicolas Sarkozy lui-même tenta de se poser en « moralisateur » du capitalisme. Engagement illusoire certes, mais qui reflète l’impopularité d’un système considéré comme injuste et dont, fait nouveau, l’efficacité est de plus en plus discutée. La lutte des classes n’est plus un sujet tabou, ainsi que l’a montré, au cours des manifestations pour les retraites, le badge si populaire « je lutte des classes ». Les forces politiques se réclamant du marxisme, en premier lieu les communistes, n’ont pas engrangé encore de grands bénéfices électoraux dans le climat actuel. Le terrain perdu n’est pas encore regagné. Pour autant, l’hypothèse communiste, l’espérance d’une gestion du monde en commun reste d’actualité, suscite un regain d’intérêt.

Le 90e anniversaire du Congrès de Tours (du 25 au 30 décembre 1920) était une occasion à saisir pour comprendre pourquoi la France contemporaine s’est construite aussi avec le concours du communisme. C’est finalement la question que l’Humanité s’est efforcée de traiter dans le numéro hors série exceptionnel qui va être disponible au cours des prochaines heures dans les kiosques, et que l’on peut commander directement à l’Humanité. La France fut le seul pays européen dans lequel la fondation du Parti communiste résultât de la volonté majoritaire des socialistes d’alors. Les horreurs de la Première Guerre mondiale, contre laquelle Jaurès s’était dressé, les souvenirs de l’oeuvre inachevée de la Révolution française, ce vieux rêve jacobin, Babeuf, la Commune de Paris sont autant d’éléments qui disposaient le mouvement ouvrier français à choisir la radicalité, et à éprouver de la sympathie pour la révolution russe de 1917.

De nombreux historiens spécialistes de l’histoire sociale et du mouvement communiste ont conjugué leur savoir et leur expertise : Jacques Girault, Roger Martelli, Serge Wolikow, Annette Wieviorka, Roger Bourderon, Claude Mazauric. décryptent les premières formes de la pensée communiste. Des contributions aident à comprendre l’évolution du PCF au cours du XXe siècle : un parti qui reste longtemps attaché à l’exemple de l’Union soviétique mais qui, en France, s’affirma comme un grand parti national initiateur du Front populaire, un acteur majeur de la Résistance ainsi que des avancées sociales de la Libération. Une table ronde avec Marc Ferro, Bernard Pudal, Jacques Giraud, et un passionnant dialogue entre les philosophes marxistes Lucien Sève et André Tosel invitent le lecteur à poursuivre le débat et la réflexion.

Le dernier chapitre, ouvert par un article de Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité, publie des textes de personnalités de gauche de toutes générations, qui s’expriment sur l’avenir d’une espérance qui vient de loin.

Jean-Paul Piérot

coco-495 dans PCF

 

 Cliquez ici pour commander ce hors-série disponible dans notre boutique en ligne 

Ce hors-série de 84 pages est vendu au prix unitaire de 7 euros + 1 euro de frais de port pour la France métropolitaine.»

Pour imprimer le bon de commande cliquez sur la photo :

.

 

Publié dans HISTOIRE, PCF, POLITIQUE, Presse - Medias | Pas de Commentaires »

Naissance du Parti Communiste Français (2ème partie)

Posté par communistefeigniesunblogfr le 8 janvier 2011

Source : Le blog de Nicolas Maury – 28 décembre 2010

Il y a 90 ans, des ruines de la France,

naissait le Parti Communiste Français (deuxième partie)

 

Le jeudi 30 décembre 1920, salle du manège à Tours, le XVIIIè congrès national du Parti Socialiste – Section Française de l’Internationale Ouvrière (SFIO), après cinq jours de débats décide d’adhérer à la IIIè Internationale

Il y a 90 ans, des ruines de la France, naissait le Parti Communiste Français (seconde partie)

II – De la commune de Paris à la lutte contre la guerre impérialiste

  • A) les débuts du socialisme français

En 1871, le mouvement ouvrier , saigné lors de la répression de la commue de Paris, va mettre plusieurs années a s’en remettre. 30.000 communards ont été massacré, 45.000 condamnés et déportés. Les libertés syndicales bloquées, entravées. En 1872, une loi est adopté pour entravé la 1ère Internationale afin de « protéger le droit de propriété » et préserver les ouvriers de la grève. L’exploitation capitaliste se renforce. Les mouvements de grève sont isolés.

 Jules Guesde

Jules Guesde

Pourtant c’est à Paris que le marxisme, autour de Jules Guesde, va commencer à se diffuser. Les idées du Socialisme Scientifique vont commencer à prendre de l’ampleur, Karl Marx y est pour beaucoup car il va s’investir dans le combat politique en appuyant Jules Guesde. En 1879, à Marseille, Le Parti Ouvrier Français est lancé, en 1880 son programme politique propose « l’expropriation politique et économique de la classe capitaliste et le retour à la collectivité de tous les moyens de production. »

Cependant en 1882 les Révolutionnaires proches de Guesde et les Réformistes de Paul Brousse se séparent. Pourtant les années 1890 montrent un renouveau des luttes syndicales et le POF se renforce fortement. C’est le moment choisit par Fredrich Engels pour lancer la IIème Internationale en juillet 1889. Pour sa première bataille électorale le POF recueille, en 1892, les fruits de son travail de classe : il conquiert 29 municipalités (Toulon, Marseille, Narbonne, Montluçon, Roubaix…) ; aux législatives de 1893 avec 160.000 voix, le POF obtient 6 députés et Guesde est élu à Roubaix. La bourgeoisie voit désormais l’arrivée des socialistes au parlement, d’autant plus que tous les courants se réclamant du socialisme envoient une cinquantaines de députés.

Le renforcement de l’impérialisme des pays européens, définit une nouvelle donne politique, d’autant plus que la montée de l’opportunisme commence à miner le mouvement socialiste français (affaire Dreyfus…). Les socialistes surestiment le rôle des élections au détriment du travail révolutionnaire à mener. Avec les conflits syndicaux des années 1890, apparaît une nouvelle organisation. Réunies en congrès à Limoges en 1895, les fédérations de syndicats, bourses du travail … décident de créer une grande confédération : La Confédération Générale du Travail, elle est alors dominée par la tendance anarcho-syndicaliste.

 Jean Jaurès

Jean Jaurès

  • B) L’unité de 1905

Il existe en France plusieurs courants du socialisme français

* Les Possibilistes : Lors de la séparation au congrès Saint-Étienne en 1882, Jules Guesde propose le vote du programme « minimal » (partiellement rédigé par Marx). La vision de Paul Brousse est différente : il s’agit de fractionner le but final en plusieurs étapes pour le rendre possible. Le municipalisme est la base du mouvement possibiliste, c’est ce qui correspond à la vision communiste de Marx. Jusqu’en 1890, la Fédération des travailleurs socialistes étend son influence vers les pays de la Loire, mais elle subit une scission avec les Allemanistes. Cette érosion est due à l’évolution politique : les possibilistes sont désormais devenus républicains. La FTSF regroupe les artisans et les professions libérales.

* Les Allemanistes : Au sein de la FTSF, une aile ouvrière s’élève, emmenée par Jean Allemane qui crée une scission en 1890, à la suite du congrès de Châtellerault, formant le Parti ouvrier socialiste révolutionnaire (POSR). Il prône les réformes immédiates et le réformisme municipal. Ils sont proches de certains aspects de l’anarchisme et veulent une décentralisation du pays. Leurs moyens d’action sont plus concentrés sur l’action syndicale que politique. Ils sont pour la gestion des industries par les travailleurs.

* Les socialistes indépendants : Au départ c’est un regroupement de plusieurs personnalités radicales et républicaines. Ce sont des hommes comme Jean Jaurès ou Millerand, qui deviennent très rapidement députés. Ils dominent par leur qualité oratoire et leur nombre les divers groupes ouvriers ou socialistes qui constituent le parlement. Ce groupe hétérogène au départ, devient très vite homogène. Ils se regroupent autour des idées de solidarité républicaine et ne s’occupent pas de la rupture entre les socialistes et la république bourgeoise. Ce courant paraît très attaché à l’unité d’esprit du socialisme. C’est sur cet esprit d’unité que ce groupe se lie à plusieurs militants socialistes comme Léon Blum. Ce groupe d’indépendants s’agrandit jusqu’à créer en 1898 la confédération des Socialistes indépendants, puis en 1902 c’est la fusion avec la FTSF de Brousse pour créer le Parti socialiste français.

* Les guesdistes : le Parti ouvrier français, créé en 1880 en tant que Parti ouvrier, par Jules Guesde et Paul Lafargue. C’est une organisation qui se bat non seulement pour des réformes mais aussi pour la conquête du pouvoir politique par les prolétaires. C’est une organisation marxiste, qui est en lien avec Karl Marx et Friedrich Engels. C’est numériquement le parti socialiste le plus important en France.

* Le Parti socialiste révolutionnaire (PSR) blanquiste, nouveau nom donné en 1898 au Comité révolutionnaire central créé en 1881. Le PSR a été renforcé en 1896 par la scission d’élus et responsables régionaux exclus du POSR regroupés en 1897 sous le nom Alliance communiste révolutionnaire (ACR). Le PSR est dirigé par Édouard Vaillant, qui fait partie de l’union des indépendants et des marxistes.

En 1901, deux mouvements socialistes s’opposent :

* une « gauche », clairement révolutionnaire, avec Vaillant et Jules Guesde ;
* une « droite », plutôt réformiste, avec Jaurès et Paul Brousse.

Ces courants s’opposent régulièrement, par exemple lorsque Millerand accepte d’entrer au gouvernement bourgeois, Guesde et Vaillant dénoncent cette prise de position en déclarant que cela discrédite le socialisme. Malgré ces rivalités, Vaillant prône l’unification. Aux élections de 1893, une cinquantaine de députés sont élus. Parmi les raisons de leur élection, on trouve la diminution par le pouvoir du droit de presse, et surtout le mécontentement des ouvriers, qui se manifeste par de nombreuses grèves.

Deux rassemblements se développent :

* Parti socialiste français : il regroupe les Socialistes Indépendants, ce qui reste de la FTSF de Brousse et la plus grande partie des Fédérations indépendantes. Ce parti est dirigé en 1902 par Jaurès.
* Parti socialiste de France : il naît en 1901 sous le nom d’Unité socialiste révolutionnaire, réunissant le parti socialiste révolutionnaire (PSR), le Parti ouvrier français (POF) et quelques fédérations autonomes. Les guesdistes fournissent les 5/6 des effectifs.

L’unification du socialisme français a lieu en 1905, au congrès du Globe à Paris, qui fait suite du congrès socialiste international d’Amsterdam de 1904. Le parti socialiste, section de l’Internationale ouvrière, plus connu sous le sigle SFIO, parti du mouvement ouvrier, est né.

Ce rassemblement est à la fois une victoire des révolutionnaires et une victoire des jauressiens. En effet, ils représentent le tiers de la direction, même si Jaurès lui-même n’y siège pas, car les élus ne peuvent en être membre. A l’inverse des autres partis socialistes européens, la SFIO est un parti peu centralisé, laissant une grande autonomie à ses élus et aux échelons locaux. Sa direction ne dispose que de maigres moyens humains et financiers d’autant que, contrairement à ses homologues britannique et allemand, elle ne peut s’appuyer sur les organisations syndicales, lesquelles défendent leur indépendance (la Charte d’Amiens est adoptée par la CGT en 1906). Dans ces conditions, le secrétaire général Louis Dubreuilh n’exerce qu’une fonction administrative et c’est le chef du groupe parlementaire et directeur du quotidien L’Humanité, Jean Jaurès, qui apparait comme le véritable leader politique du parti.

La SFIO (Section Française Internationale Ouvrière) prend position contre la politique coloniale et le nationalisme belliciste. Cependant il y a encore des divergences sur les questions d’actualités. La rupture entre Vaillant et Guesde intervient dès 1906, quand la majorité accepte la résolution du congrès d’Amiens sur l’indépendance syndicale. Mais c’est sur la question de la guerre que la rupture intervient nettement. Jaurès, suivant la doctrine de l’Internationale, en appelle à la grève générale, voire à l’insurrection, afin de prévenir ou d’arrêter le conflit. Jules Guesde pense lui que la guerre peut détruire le capitalisme, et redoute que la grève ne devienne effective et affaiblisse les pays les plus industrialisés, ceux où l’organisation ouvrière serait plus forte. C’est une des raisons pour lesquelles les idées de Jules Guesde sont de moins en moins approuvées par les adhérents SFIO qui se rangent du côté de Jaurès.

Déclaration de principes de la SFIO

Les délégués des organisations socialistes françaises (parti ouvrier socialiste révolutionnaire, parti socialiste de France, parti socialiste français, fédérations autonomes des Bouches-du-Rhône, de Bretagne, de l’Hérault, de la Somme et de l’Yonne), mandatés par leurs partis respectifs et leurs fédérations pour réaliser l’unité sur les bases indiquées par le congrès international d’Amsterdam, déclarent que l’action du parti unifié doit être dirigée par les principes qu’ont établis les congrès internationaux, en particulier les plus récents, ceux de Paris en 1900 et d’Amsterdam en 1904 :
Ils constatent que les divergences de vues et les interprétations de tactiques différentes qui ont pu se produire jusqu’à présent sont dues surtout à des circonstances particulières à la France et à l’absence d’une organisation générale.

Ils affirment leur commun désir de fonder un parti de lutte de classe qui, même lorsqu’il utilise au profit des travailleurs les conflits secondaires des possédants où se trouve combinée accidentellement son action avec celle d’un parti politique pour la défense des droits et des intérêts du prolétariat, reste toujours un parti d’opposition fondamentale et irréductible à l’ensemble de la classe bourgeoise et à l’État qui en est l’instrument.

En conséquence, les délégués déclarent que leurs organisations sont prêtes à collaborer immédiatement à cette œuvre d’unification des forces socialistes sur les bases suivantes, fixées et acceptées d’un commun accord.

1. Le parti socialiste est un parti de classe qui a pour but de socialiser les moyens de production et d’échange, c’est-à-dire de transformer la société capitaliste en une société collectiviste ou communiste, et pour moyen l’organisation économique et politique du prolétariat. Par son but, par son idéal, par les moyens qu’il emploie, le parti socialiste, tout en poursuivant la réalisation des réformes immédiates revendiquées par la classe ouvrière, n’est pas un parti de réforme, mais un parti de lutte de classe et de révolution.

2. Les élus du parti au parlement forment un groupe unique, et en face de toutes les fractions politiques bourgeoises. Le groupe socialiste au parlement doit refuser au gouvernement tous les moyens qui assurent la domination de la bourgeoisie et son maintien au pouvoir : refuser en conséquence les crédits militaires, les crédits de conquête coloniale, les fonds secrets et l’ensemble du budget.
Même en cas de circonstances exceptionnelles, les élus ne peuvent engager le parti sans son assentiment. Au parlement, le groupe socialiste doit se consacrer à la défense et à l’extension des libertés publiques et des droits des travailleurs, à la poursuite et à la réalisation des réformes qui améliorent les conditions de vie et de lutte de la classe ouvrière.
Les députés, comme les élus, doivent se tenir à la disposition du parti pour son action dans le pays, sa propagande générale sur l’organisation du prolétariat et le but final du socialisme.

3. L’élu relève individuellement, comme chaque militant, du contrôle de sa fédération.
L’ensemble des élus, en tant que groupe, relève du contrôle de l’organisme central. Dans tous les cas, le congrès juge souverainement.

4. La liberté de discussion est entière dans la presse pour les questions de doctrine et de méthode, mais pour l’action tous les journaux socialistes doivent se conformer strictement aux décisions du congrès interprétées par l’organisme central du parti. Les journaux qui sont ou seront la propriété du parti, soit dans son ensemble, soit de ses fédérations, sont ou seront naturellement placés sous le contrôle et l’inspiration de l’organisme permanent établi respectivement par le parti ou les fédérations. Les journaux, qui sans être la propriété du parti se réclament du socialisme, devront se conformer strictement pour l’action aux décisions du congrès, interprétées par l’organisme fédéral ou central du parti, dont ils devront insérer les communications officielles. L’organisme central pourra rappeler ces journaux à l’observation de la politique du parti et, s’il y a lieu, proposer au congrès de déclarer rompus tous rapports entre eux et le parti.

5. Les élus parlementaires ne pourront individuellement être délégués à l’organisme central mais ils y seront représentés par une délégation collective égale au dixième des délégués et qui ne sera pas en tout cas inférieure à cinq.
S’il y a une commission exécutive, ils ne pourront en faire partie.

Les fédérations ne pourront déléguer comme titulaires à l’organisme central que les militants résidant dans les limites de la fédération.

6. Le parti prendra des mesures pour assurer, de la part de ses élus, le respect du mandant impératif ; il fixera leur cotisation obligatoire.

7. Un congrès, chargé de l’organisation définitive du parti, sera convoqué dans le plus bref délai sur la base d’une représentation proportionnelle aux forces socialistes constatées lors du congrès d’Amsterdam et calculée, d’une part, sur le nombre de cotisants, et, d’autre part, sur le chiffre des voix obtenues au premier tour de scrutin dans les élections générales législatives de 1902, étant admis que le nombre de mandats représentant les voix électorales ne pourra dépasser le cinquième du total des mandats.
Il ne sera attribué aux fédérations de mandats présentant les voix électorales qu’à partir de mille suffrages obtenus, et le nombre des mandats sera déterminé suivant une progression décroissante.

 

Il y a 90 ans, des ruines de la France, naissait le Parti Communiste Français (seconde partie)

  • C) Union sacrée dans la grande boucherie de l’impérialisme

L’assassinat de Jean Jaurès a lieu trois jours avant le début de la Première Guerre mondiale.

Raoul Villain l’assassine le vendredi 31 juillet 1914 à 21 h 40, alors qu’il dîne au café du Croissant, rue Montmartre, dans le 2e arrondissement de Paris, à deux pas du siège de son journal, L’Humanité. Il tire deux coups de feu : une balle lui perfore le crâne et l’autre se fiche dans une boiserie. Jaurès s’effondre, mortellement atteint.

Son meurtre met un terme aux efforts désespérés qu’il avait entrepris depuis l’attentat de Sarajevo pour empêcher la déflagration militaire en Europe. Il précipite le ralliement de la majorité de la gauche française à l’Union sacrée, y compris beaucoup de socialistes et de syndicalistes qui refusaient jusque-là de soutenir la guerre.

Depuis l’attentat de Sarajevo le 28 juin 1914, les États européens se trouvent progressivement entraînés par le jeu des Alliances dans une nouvelle crise internationale qui conduit en un mois à la Première Guerre mondiale. Jaurès, le plus éminent des opposants à la guerre, va, tout au long de ces quatre semaines, sentir monter inexorablement la tension et tentera jusqu’à sa mort de s’y opposer.

Il soutient avec le groupe socialiste le gouvernement Viviani qui lui semble réellement hostile à la guerre. Le 14 juillet, au congrès extraordinaire de la SFIO qui se réunit jusqu’au 19, il se montre confiant dans la volonté de la classe ouvrière et de ses représentants dans les principaux pays de s’opposer au conflit, y compris en utilisant l’arme de la grève générale. Il soutient la motion Keir-Hardy-Vaillant, des noms d’un socialiste britannique et d’un français, qui préconisait l’appel à la grève en cas de conflit imminent : « plutôt l’insurrection que la guerre », à quoi Jaurès ajoute que cette grève devra être « simultanément et internationalement organisée ». Cela lui vaut d’être attaqué par un journal comme Le Temps, qui le 18 juillet l’accuse de soutenir la « thèse abominable qui conduirait à désarmer la nation, au moment où elle est en péril », ce à quoi il répond dans L’Humanité que « la grève paralyserait aussi l’agresseur ».

Il apprend avec inquiétude l’accroissement des engagements pris dans le cadre de l’alliance franco-russe que vont célébrer à Saint-Pétersbourg le président de la République Poincaré et le Président du conseil Viviani entre les 20 et 23 juillet. Or, toute la stratégie de Jaurès depuis des mois consiste à condamner l’alliance avec la Russie despotique et de rechercher la médiation et le rapprochement avec l’Angleterre – en vain. Lorsqu’il est informé de la rupture des relations diplomatiques entre l’Autriche et la Serbie le 24, il prend conscience de la gravité des menaces. Venu le 25 juillet soutenir Marius Moutet, candidat socialiste à une élection partielle à Vaise, dans la banlieue de Lyon, il dénonce dans un discours les « massacres à venir ». Ainsi qu’il le confesse à Joseph Paul-Boncour, directeur de cabinet de Viviani, le pessimisme le gagne quand il s’exprime fataliste :

« Ah! croyez vous, tout, tout faire encore pour empêcher cette tuerie ?… D’ailleurs, on nous tuera d’abord, on le regrettera peut-être après. »

Croyant pouvoir encore faire pression sur le gouvernement, il garde une certaine réserve vis-à-vis de la manifestation organisée le 27 juillet à Paris par la CGT. La direction du parti socialiste qui se réunit le 28 juillet, à l’instigation de Jaurès, exprime à nouveau son soutien au gouvernement.

Tout à son espoir que Paris et Berlin sauront retenir leurs alliés réciproques, il se rend à la réunion d’urgence du Bureau socialiste international de la Deuxième Internationale qui se réunit à Bruxelles les 29 et 30 juillet, à la demande des socialistes français. Il s’agit de pousser les dirigeants allemands et français à agir sur leurs alliés. Le bureau décide de convoquer le congrès de l’Internationale socialiste le 9 août à Paris au lieu du 23 à Vienne. Dans une atmosphère un peu surréaliste, la plupart des délégués, dont Hugo Haase, le co-président du SPD allemand, se disent confiants dans la capacité des peuples à éviter la guerre. Le 29 au soir, Jaurès et Rosa Luxemburg sont acclamés lors d’un meeting massif contre la guerre. Le Bureau socialiste international vote à l’unanimité un appel au renforcement des manifestations contre la guerre.

Jaurès veut user du pouvoir des forces syndicales et politiques mais sans paralyser l’action des gouvernements et pour ce faire, convainc Léon Jouhaux le 30 juillet de reporter la journée de manifestation prévue par la CGT le 2 août au 9.

« Le plus grand danger à l’heure actuelle n’est pas, si je puis dire, dans les événements eux-mêmes. […] Il est dans l’énervement qui gagne, dans l’inquiétude qui se propage, dans les impulsions subites qui naissent de la peur, de l’incertitude aiguë, de l’anxiété prolongée. […] Ce qui importe avant tout, c’est la continuité de l’action, c’est le perpétuel éveil de la pensée et de la conscience ouvrière. Là est la vraie sauvegarde. Là est la garantie de l’avenir. »

Jean Jaurès – Extraits de son dernier article dans L’Humanité du 31 juillet 1914

Si les proches du leader assassiné et les militants socialistes à Paris comme à Carmaux furent bouleversés (« Ils ont tué Jaurès »), et si certains extrémistes de droite se réjouirent bruyamment, toutes les recherches historiques montrent que la population eut généralement une réaction de tristesse face à un évènement qui venait symboliser le basculement dans l’incertitude, la peur des horreurs de la guerre désormais inéluctable.

Le gouvernement qui se réunit dans la nuit craint d’abord des réactions violentes dans les grandes villes, et retient dans la capitale deux régiments de cuirassiers en instance de départ pour la frontière. Cependant, rapidement, les rapports qu’obtient le ministre de l’Intérieur Louis Malvy lui font estimer que les organisations de gauche ne vont pas déclencher de troubles. Dans le même temps, la direction du Parti socialiste fait savoir qu’elle n’appellera pas à des manifestations.

Le 3 août, l’Allemagne déclare la guerre à la France, le lendemain, l’Angleterre déclare la guerre à son tour.

Dès le 1er aout, de nombreux signes avaient indiqué que la gauche française se ralliait à la guerre. Même certains des antimilitaristes les plus irréductibles basculent. Ainsi, le journal La Guerre sociale de Gustave Hervé sort une édition spéciale avec trois titres : Défense nationale d’abord !, Ils ont assassiné Jaurès, Nous n’assassinerons pas la France. Le Bonnet rouge, journal anarchiste d’Almereyda, titre : « Jaurès est mort ! Vive la France ». La Bataille syndicaliste, organe de la CGT, adopte le même ton. À la salle Wagram, le 2 août, à la réunion du Parti socialiste qu’avait convoquée Jaurès, Édouard Vaillant, le vieux révolutionnaire de la Commune, déclare : « En présence de l’agression, les socialistes rempliront tout leur devoir. Pour la Patrie, pour la République, Pour l’Internationale ».

Le 4 août au matin, les obsèques officielles de Jaurès sont célébrées. Un catafalque est dressé au coin de l’avenue Henri-Martin. Sont présents devant une foule immense toutes les autorités de la République, comme le président du conseil Viviani, le président de la chambre des députés Paul Deschanel, la plupart des ministres, les leaders de toute la gauche socialiste et syndicale et même l’opposition nationaliste, Maurice Barrès en tête. C’est la première manifestation de l’Union nationale. Léon Jouhaux, le secrétaire général de la CGT, dans le discours qui fit le plus d’impression, y lance un appel aux armes. Il crie sa haine de la guerre, de l’impérialisme, du militarisme.

« Jaurès a été notre réconfort dans notre action passionnée pour la paix ; ce n’est pas sa faute si la paix n’a pas triomphé. [...C’est celle des empereurs d’Allemagne et d’Autriche-Hongrie...]. Nous prenons l’engagement de sonner le glas de vos règnes. Avant d’aller vers le grand massacre, cet engagement, je le prends au nom des travailleurs qui sont partis, et de ceux qui vont partir. »

Le même jour, la volonté présidentielle d’« union » est rapportée aux deux chambres par le président du Conseil René Viviani : « Dans la guerre qui s’engage, la France […] sera héroïquement défendue par tous ses fils, dont rien ne brisera devant l’ennemi l’Union sacrée ». Au palais Bourbon, les socialistes votent à l’unanimité les crédits militaires.

Le 26 août, un gouvernement d’union nationale est constitué par Viviani. Les socialistes, dont le vieux leader révolutionnaire Jules Guesde, ministre d’État, ou les proches de Jaurès comme Marcel Sembat, ministre des Travaux publics, y participent. Dans un manifeste du 29 août, la direction du Parti socialiste SFIO affirme que « dès lors qu’il ne s’agit pas de l’ordinaire participation à un gouvernement bourgeois [...mais] de l’avenir de la Nation, le parti n’a pas hésité ».

Seule une petite minorité refuse la guerre et l’union sacrée, parmi lesquels le socialiste Charles Rappoport ou le syndicaliste Pierre Monatte. La majorité des socialistes allemands se rallient également à l’union sacrée. En décembre 1914, le seul député allemand à s’opposer au vote des crédits de guerre est Karl Liebknecht, qui participe avec Rosa Luxemburg à la création de la Ligue spartakiste, composée de socialistes opposés à la guerre.

Après le déclenchement de la Première Guerre mondiale, les leaders socialistes (à l’exception des Russes et des Serbes), votèrent les crédits militaires demandés par les gouvernements. Les militants fidèles à l’internationalisme et au pacifisme dénoncent ce reniement de la majorité, et militent contre la guerre – ce qui leur vaut souvent d’être exclus de la Deuxième Internationale (c’est le cas par exemple de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht en Allemagne). Certains de ces militants hostiles à la guerre seront plus tard appelés « communistes », par opposition à leurs ex-camarades socialistes ; d’autres opposants à la guerre formeront l’aile gauche des partis socialistes (socialistes révolutionnaires). Durant le conflit, deux conférences, celle de Zimmerwald et surtout celle de Kienthal, ont réuni les militants de la gauche de l’Internationale, parfois exclus, pour s’opposer à la guerre et aux dirigeants socialistes la soutenant.

Suite à la Révolution russe, de nombreux socialistes quittent la Deuxième Internationale pour rallier l’Internationale communiste fondée par les bolcheviks en 1919, et comportant déjà diverses organisations communistes (notamment les spartakistes allemands exclus du SPD) pendant la guerre .

 

Publié dans | Pas de Commentaires »

Naissance du Parti Communiste Français (1ère partie)

Posté par communistefeigniesunblogfr le 8 janvier 2011

Source : Le blog de Nicolas Maury – 27 décembre 2010

Il y a 90 ans, des ruines de la France,

naissait le Parti Communiste Français (première partie)

 

Le jeudi 30 décembre 1920, salle du manège à Tours, le XVIIIè congrès national du Parti Socialiste – Section Française de l’Internationale Ouvrière (SFIO), après cinq jours de débats décide d’adhérer à la IIIè Internationale

 

Il y a 90 ans, des ruines de la France, naissait le Parti Communiste Français (première partie)

I – Le congrès de Tours, le tournant décisif

En 1920, quelques mois avec le congrès de la SFIO, les Jeunesses Socialistes faisaient le choix de rejoindre l’Internationale Communistes des Jeunes. Pendant plus de deux mois, les adhérents de la SFIO vont discuter sur un problème crucial : faut-il ou non rejoindre l’Internationale Communiste crée en 1919 ? Faut-il accepter les 21 conditions d’admission ?

Trois motions vont s’affronter

- La première défend l’adhésion sans condition à la IIIè internationale, elle est menée par le Secrétaire Général de la SFIO Ludovic-Oscar Frossard et le nouveau directeur de l’Humanité Marcel Cachin

- La second, menée par le député de la Seine Léon Blum, « comité de résistance socialiste » refuse de rejoindre la IIIè internationale, au nom de « l’unité internationale »
- La troisième, les « reconstructeurs », est favorable à l’adhésion mais sous conditions. Elle est conduite par le petit-fils de Karl Marx, l’avocat Jean Longuet

Il y a 90 ans, des ruines de la France, naissait le Parti Communiste Français (première partie)

La motion qui recueille l’adhésion des sections, des fédérations et des congressistes est celle conduite par Frossard-Cachin. Avec 3247 mandats contre 1328, l’adhésion à la IIIè internationale est votée. Les « résistants » et les « reconstructeurs » quittent spectaculairement la salle, il est 2h15 du matin, la scission entre les socialistes français a eu lieu. Pour le président de séance « le congrès communiste continue », il se poursuivra jusqu’au lendemain et se conclura par un appel rédigé par Paul Vaillant-Couturier.

Des ruines de la social-démocratie française est né un nouveau parti, la Section Française de l’Internationale Communiste (SFIC). En 1921, il prendra le nom de Parti Communiste – Section Française de l’Internationale Communiste.

Les minoritaires de la SFIO, ont décidé de « continuer » la SFIO, elle rejoindra bientôt tous ceux qui en Europe ont refusé l’exemple de 1917. La SFIO « maintenue » rejoindra l’Internationale Ouvrière Socialiste, constituée en 1923 (dite Union de Vienne ou Internationale Deux et demi) . Léon Blum déclarera « Quel sera le nouveau parti que vous voulez créer ? Au lieu de la volonté populaire se formant à la base et remontant de degré en degré, votre régime de centralisation comporte la subordination de chaque organisme à l’organisme qui lui est supérieur ; c’est au sommet un comité directeur de qui tout doit dépendre, c’est une sorte de commandement militaire formulé d’en haut et se transmettant de grade en grade, jusqu’aux simples militants, jusqu’aux simples sections (…). Nous sommes convaincus jusqu’au fond de nous-mêmes que, pendant que vous irez courir l’aventure, il faut que quelqu’un reste garder la vieille maison (…) Les uns et les autres, même séparés, resteront des socialistes ; malgré tout, restons des frères qu’aura séparés une querelle cruelle, mais une querelle de famille, et qu’un foyer commun pourra encore réunir. »

Il y a 90 ans, des ruines de la France, naissait le Parti Communiste Français (première partie)

Déclaration finale du Congrès de Tours – 29 décembre 1920 – rédigée au nom du Parti, par Paul Vaillant-Couturier

Le Congrès de Tours marquera une date historique dans la vie longue déjà et glorieuse du socialisme en France. S’il restaure parmi nous les conceptions traditionnelles de Marx et d’Engels, les doctrines jadis consacrées et trop souvent désertées dans la pratique, il adapte en même temps aux nécessités des temps nouveaux, aux obligations impérieuses que nous assigne la crise révolutionnaire mondiale, les méthodes de préparation et d’action qui doivent désormais prévaloir.
Face au régime capitaliste qui croule politiquement, économiquement, socialement, notre discipline devait se resserrer, la rupture s’affirmer avec tout ce qui représente les classes déclinantes, la lutte des classes doit être proclamée dans toute son ampleur.

Tel est le sens de l’adhésion du socialisme français à cette Internationale communiste qui a relevé le véritable drapeau de l’Internationale des travailleurs, et la majorité des trois quarts des suffrages exprimés qui s’est manifestée à Tours donne à cette adhésion sa valeur de souveraine puissance.
Héritiers des hommes qui fondèrent et notre parti en France et l’organisation ouvrière révolutionnaire dans le monde, nous poursuivons leur tâche. Du Congrès inaugural de la Première internationale, il y a 56 ans, au Congrès d’Amsterdam, en 1904, et de notre congrès d’unité en 1905 au Congrès de Tours, la chaîne est continue.

A la droite de notre parti, un petit nombre d’hommes, des élus plus que des militants, dont certains comptaient des états de service mais qui s’étaient laissé conquérir par la conception révisionniste et purement parlementaire, nous ont quittés délibérément. Leur position était prise d’avance ; ils avaient préparé leur schisme. Au Congrès de la Fédération de la Seine, le secrétaire du Parti avait démasqué leurs desseins. Ils n’ont pas voulu comprendre la loi d’airain des temps nouveaux. Nous passons.

Au centre, d’autre en plus grand nombre ont rompu avec nous. Ils ont hésité jusqu’à la dernière minute. Irrésolus, incapables de faire leur choix entre le réformisme parlementaire et le communisme marxiste, ils se sont rapprochés des hommes mêmes qu’ils avaient jadis combattus. Partisans, suivant leu motion, d’une adhésion à la IIIème Internationale, ils se sont refusés à suivre aucun des chemins qui pouvaient y conduire.

Ils sont les véritables auteurs de la crise, si restreinte soit-elle, où pénètre notre parti.
Ils ont montré, par leur geste, aux masses laborieuses de ce pays, qu’ils en assumaient la responsabilité. Ce n’est pas sur un vote de principe qu’ils sont morts, mais sur la lecture d’un document d’allure polémique, un message de l’Internationale communiste dont ils ont voulu méconnaître la signification réelle.

C’est en vain que nous leur avons offert tous les apaisements légitimes. C’est en vain que nous avons pris l’engagement catégorique de consacrer, dans un statut, le droit des minorités. C’est en vain que nous nous sommes prononcés contre les exclusions pour des actes du passé. Des considérations d’amour-propre où se révèle l’esprit petit-bourgeois, des raisons que le prolétariat ne peut comprendre, lui qui met la cause de la révolution au-dessus des personnes, les ont conduits à la rupture.

Qu’ils en gardent devant l’histoire la lourde charge !

Dans cette séparation d’avec les éléments anciens, nous regardons avec joie la puissance saine et majestueuse de notre grand Parti. Toutes les grandes fédérations des régions industrielles sont avec nous ; les fédérations paysannes sont venues, par leur renfort, nous attester le fécond travail qui s’accomplit dans les masses rurales. Ainsi se marquent la solidarité grandissante entre les travailleurs des villes et ceux des champs, les progrès de l’esprit de classe, cette condition même de l’élaboration de la société future.

C’est la clarté tranchante de la politique menée en commun par tous les partisans sincères de la IIIème Internationale qui a frappé le plus vivement la conscience du prolétariat.
Ainsi s’est réalisée en France l’union intime et désormais indissoluble de tous les socialistes communistes.

C’est la France salariée, la France en révolte contre le régime capitaliste, régime de guerre et de faillite, régime de rapine, d’exploitation et de servitude, c’est toute cette France militante qui est avec nous ; c’est elle qui défendra demain, de concert avec toutes les sections de l’Internationale communiste, la paix, le droit des peuples et la révolution menacés par les impérialistes, masquant leurs intérêts de classe derrière la défense nationale.

L’œuvre qui s’impose à notre parti est énorme ; elle ne nous effraie pas. Le vieux monde s’effondre devant l’esprit des temps nouveaux. La révolution qui s’annonce, qui est née en Russie et qui gagnera de proche en proche tous les États et tous les continents trouvera des millions et des millions d’artisans sévères. L’âpre lutte continuera, patiente quand il le faudra, rapide et décisive à l’heure venue pour la libération des nouveaux esclaves. Le régime bourgeois chancelle sur ses bases au lendemain de la plus cruelle des guerres ; nous lui porterons seulement le dernier coup.

PROLÉTAIRES, PAYSANS ET OUVRIERS !

Vos devoirs s’accroissent dans la mesure où les temps avancent. Vous ne vous laisserez séduire ni par ceux qui veulent trouver dans le parlementarisme exclusif, dans l’abandon des principes socialistes, dans la collusion avec l’adversaire capitaliste, des avantages illusoires, des transactions mortelles pour la révolution, ni par ceux qui cherchent leur voie à tâtons sans jamais se résoudre et qui, inconsciemment, paralysent l’œuvre d’affranchissement.

Vous tous, vieux militants de notre parti, qui l’avez servi par votre dévouement opiniâtre, jeunes hommes soulevés par le cyclone de la guerre et qui affluez dans nos rangs, vous viendrez à nous pour consommer l’œuvre commencée.

Que notre Parti soit grand ! Que notre parti soit fort et discipliné, maître à la fois de ses militants et de ses élus ! Que dans l’Internationale, relevée de l’ombre de la première des grandes révolutions sociales, il soit digne de son passé, digne de Babeuf, digne des hommes de Juin 1848, digne de la Commune, digne de Jaurès, digne de l’avenir glorieux qui s’offre à nous !

Le combat continue plus ardent et plus ample. Il ne s’agit point d’émeutes et d’aventures. En travailleurs, toujours équipés avant l’heure de l’offensive, nous creuserons nos parallèles de départ, toujours à l’affût d’un ennemi que nous savons implacable et préparé.

Que la décision de Tours soit l’ordre suprême pour tous les prolétaires français !
Que l’adhésion à la IIIème Internationale retentisse à travers le monde comme l’annonce des grands changements prochains !

VIVE LE SOCIALISME RÉVOLUTIONNAIRE FRANÇAIS !

VIVE L’INTERNATIONALE COMMUNISTE !

 

L'Humanité du 28 décembre 1920

L’Humanité du 28 décembre 1920

 

Il y a 90 ans, des ruines de la France, naissait le Parti Communiste Français (première partie)

Les vingt-et-une conditions d’admission des Partis dans l’Internationale Communiste

« Le 2° Congrès de l’Internationale Communiste décide que les conditions d’admission dans l’Internationale sont les suivantes : »

1. La propagande et l’agitation quotidiennes doivent avoir un caractère effectivement communiste et se conformer au programme et aux décisions de la III° Internationale. Tous les organes de la presse du Parti doivent être rédigés par des communistes sûrs, ayant prouvé leur dévouement à la cause du prolétariat. Il ne convient pas de parler de dictature prolétarienne comme d’une formule apprise et courante ; la propagande doit être faite de manière à ce que la nécessité en ressorte pour tout travailleur, pour toute ouvrière, pour tout soldat, pour tout paysan, des faits mêmes de la vie quotidienne, systématiquement notés par notre presse. La presse périodique ou autre et tous les services d’éditions doivent être entièrement soumis au Comité Central du Parti, que ce dernier soit légal ou illégal. Il est inadmissible que les organes de publicité mésusent de l’autonomie pour mener une politique non conforme à celle du Parti. Dans les colonnes de la presse, dans les réunions publiques, dans les syndicats, dans les coopératives, partout où les partisans de la III° Internationale auront accès, ils auront à flétrir systématiquement et impitoyablement non seulement la bourgeoisie, mais aussi ses complices, réformistes de toutes nuances.

2. Toute organisation désireuse d’adhérer à l’Internationale Communiste doit régulièrement et systématiquement écarter des postes impliquant tant soit peu de responsabilité dans le mouvement ouvrier (organisations de Parti, rédactions, syndicats, fractions parlementaires, coopératives, municipalités) les réformistes et les « centristes » et les remplacer par des communistes éprouvés, – sans craindre d’avoir à remplacer, surtout au début, des militants expérimentés, par des travailleurs sortis du rang.

3. Dans presque tous les pays de l’Europe et de l’Amérique la lutte de classes entre dans la période de guerre civile. Les communistes ne peuvent, dans ces conditions, se fier à la légalité bourgeoise. Il est de leur devoir de créer partout, parallèlement à l’organisation légale, un organisme clandestin, capable de remplir au moment décisif, son devoir envers la révolution. Dans tous les pays où, par suite de l’état de siège ou de lois d’exception, les communistes n’ont pas la possibilité de développer légalement toute leur action, la concomitance de l’action légale et de l’action illégale est indubitablement nécessaire.

4. Le devoir de propager les idées communistes implique la nécessité absolue de mener une propagande et une agitation systématique et persévérante parmi les troupes. Là, où la propagande ouverte est difficile par suite de lois d’exception, elle doit être menée illégalement ; s’y refuser serait une trahison à l’égard du devoir révolutionnaire et par conséquent incompatible avec l’affiliation à la III° internationale.

5. Une agitation rationnelle et systématique dans les campagnes est nécessaire. La classe ouvrière ne peut vaincre si elle n’est pas soutenue tout au moins par une partie des travailleurs des campagnes (journaliers agricoles et paysans les plus pauvres) et si elle n’a pas neutralisé par sa politique tout au moins une partie de la campagne arriérée. L’action communiste dans les campagnes acquiert en ce moment une importance capitale. Elle doit être principalement le fait des ouvriers communistes en contact avec la campagne. Se refuser à l’accomplir ou la confier à des demi-réformistes douteux c’est renoncer à la révolution prolétarienne.

6. Tout Parti désireux d’appartenir à la III° Internationale, a pour devoir de dénoncer autant que le social-patriotisme avoué le social-pacifisme hypocrite et faux ; il s’agit de démontrer systématiquement aux travailleurs que, sans le renversement révolutionnaire du capitalisme, nul tribunal arbitral international, nul débat sur la réduction des armements, nulle réorganisation « démocratique » de la Ligue des Nations ne peuvent préserver l’humanité des guerres impérialistes.

7. Les Partis désireux d’appartenir à l’Internationale Communiste ont pour devoir de reconnaître la nécessité d’une rupture complète et définitive avec le réformisme et la politique du centre et de préconiser cette rupture parmi les membres des organisations. L’action communiste conséquente n’est possible qu’à ce prix. L’Internationale Communiste exige impérativement et sans discussion cette rupture qui doit être consommée dans le plus bref délai. L’Internationale Communiste ne peut admettre que des réformistes avérés, tels que Turati, Kautsky, Hilferding, Longuet, Mac Donald, Modigliani et autres, aient le droit de se considérer comme des membres de la III° Internationale, et qu’ils y soient représentés. Un pareil état de choses ferait ressembler par trop la III° Internationale à la II°.

8. Dans la question des colonies et des nationalités opprimées, les Partis des pays dont la bourgeoisie possède des colonies ou opprime des nations, doivent avoir une ligne de conduite particulièrement claire et nette. Tout Parti appartenant à la III° Internationale a pour devoir de dévoiler impitoyablement les prouesses de « ses » impérialistes aux colonies, de soutenir, non en paroles mais en fait, tout mouvement d’émancipation dans les colonies, d’exiger l’expulsion des colonies des impérialistes de la métropole, de nourrir au cœur des travailleurs du pays des sentiments véritablement fraternels vis-à-vis de la population laborieuse des colonies et des nationalités opprimés et d’entretenir parmi les troupes de la métropole une agitation continue contre toute oppression des peuples coloniaux.

9. Tout Parti désireux d’appartenir à l’Internationale Communiste doit poursuivre une propagande persévérante et systématique au sein des syndicats, coopératives et autres organisations des masses ouvrières. Des noyaux communistes doivent être formés, dont le travail opiniâtre et constant conquerra les syndicat professionnel|syndicats au communisme. Leur devoir sera de révéler à tout instant la trahison des social-patriotes et les hésitations du « centre ». Ces noyaux communistes doivent être complètement subordonnés à l’ensemble du Parti.

10. Tout Parti appartenant à l’Internationale Communiste a pour devoir de combattre avec énergie et ténacité l’« Internationale » des syndicat jaune|syndicats jaunes fondée à Amsterdam. Il doit répandre avec ténacité au sein des syndicats ouvriers l’idée de la nécessité de la rupture avec l’Internationale Jaune d’Amsterdam. Il doit par contre concourir de tout son pouvoir à l’union internationale des syndicats rouges adhérant à l’Internationale Communiste.

11. Les Partis désireux d’appartenir à l’Internationale Communiste ont pour devoir de réviser la composition de leurs fractions parlementaires, d’en écarter les éléments douteux, de les soumettre, non en paroles mais en fait, au Comité Central du Parti, d’exiger de tout député communiste la subordination de toute son activité aux intérêts véritables de la propagande révolutionnaire et de l’agitation.

12. Les Partis appartenant à l’Internationale Communiste doivent être édifiés sur le principe de la centralisation démocratique. À l’époque actuelle de guerre civile acharnée, le Parti Communiste ne pourra remplir son rôle que s’il est organisé de la façon la plus centralisée, si une discipline de fer confinant à la discipline militaire y est admise et si son organisme central est muni de larges pouvoirs, exerce une autorité incontestée, bénéficie de la confiance unanime des militants.

13. Les Partis Communistes des pays où les communistes militent légalement doivent procéder à des épurations périodiques de leurs organisations, afin d’en écarter les éléments intéressés et petit-bourgeois.

14. Les Partis désireux d’appartenir à l’Internationale Communiste doivent soutenir sans réserves toutes les républiques soviétiques dans leurs luttes avec la contre-révolution. Ils doivent préconiser inlassablement le refus des travailleurs de transporter les munitions et les équipements destinés aux ennemis des républiques soviétiques, et poursuivre, soit légalement soit illégalement, la propagande parmi les troupes envoyées contre les républiques soviétiques.

15. Les Partis qui conservent jusqu’à ce jour les anciens programmes social-démocrates ont pour devoir de les réviser sans retard et d’élaborer un nouveau programme communiste adapté aux conditions spéciales de leur pays et conçu dans l’esprit de l’Internationale Communiste. Il est de règle que les programmes des Partis affiliés à l’Internationale Communiste soient confirmés par le Congrès International ou par le Comité Exécutif. Au cas où ce dernier refuserait sa sanction à un Parti, celui-ci aurait le droit d’en appeler au Congrès de l’Internationale Communiste.

16. Toute les décisions des Congrès de l’Internationale Communiste, de même que celles du Comité Exécutif, sont obligatoires pour tous les Partis affiliés à l’Internationale Communiste. Agissant en période de guerre civile acharnée, l’Internationale Communiste et son Comité Exécutif doivent tenir compte des conditions de lutte si variées dans les différents pays et n’adopter de résolutions générales et obligatoires que dans les questions où elles sont possibles.

17. Conformément à tout ce qui précède, tous les Partis adhérant à l’Internationale Communiste doivent modifier leur appellation. Tout Parti désireux d’adhérer à l’Internationale Communiste doit s’intituler Parti Communiste de… (section de la III° Internationale Communiste). Cette question d’appellation n’est pas une simple formalité ; elle a aussi une importance politique considérable. L’Internationale Communiste a déclaré une guerre sans merci au vieux monde bourgeois tout entier et à tous les vieux Partis social-démocrates jaunes. Il importe que la différence entre les Partis Communistes et les vieux Partis « social-démocrates » ou « socialistes » officiels qui ont vendu le drapeau de la classe ouvrière soit plus nette aux yeux de tout travailleur.

18. Tous les organes dirigeants de la presse des Partis de tous les pays sont obligés d’imprimer tous les documents officiels importants du Comité Exécutif de l’Internationale Communiste.

19. Tous les Partis appartenant à l’Internationale Communiste ou sollicitant leur adhésion sont obligés de convoquer (aussi vite que possible), dans un délai de 4 mois après le 2° Congrès de l’Internationale Communiste, au plus tard, un Congrès extraordinaire afin de se prononcer sur ces conditions. Les Comités Centraux doivent veiller à ce que les décisions du 2° Congrès de l’Internationale Communiste soient connues de toutes les organisations locales.

20. Les Partis qui voudraient maintenant adhérer à la III° Internationale, mais qui n’ont pas encore modifié radicalement leur ancienne tactique, doivent préalablement veiller à ce que les 2/3 des membres de leur Comité Central et des Institutions centrales les plus importantes soient composés de camarades, qui déjà avant le 2° Congrès s’étaient ouvertement prononcés pour l’adhésion du Parti à la III° Internationale. Des exceptions peuvent être faites avec l’approbation du Comité Exécutif de l’Internationale Communiste. Le Comité Exécutif se réserve le droit de faire des exceptions pour les représentants de la tendance centriste mentionnés dans le paragraphe 7.

21. Les adhérents au Parti qui rejettent les conditions et les thèses établies par l’Internationale Communiste doivent être exclus du Parti. Il en est de même des délégués au Congrès extraordinaire.

juillet 1920.

 

L'Humanité du 29 décembre

L’Humanité du 29 décembre

 

L'Humanité du 31 décembre

L’Humanité du 31 décembre

 

L'Humanité du 31décembre

L’Humanité du 31décembre

 

Publié dans | 1 Commentaire »

Le PCF pas près de passer son Tours !

Posté par communistefeigniesunblogfr le 31 décembre 2010

Le PCF pas près de passer son Tours ! dans HISTOIRE 30 décembre 2010 – Sébastien Crépel

 

Anniversaire du PCFtours.jpg

Le PCF pas près de passer son Tours !

 

Le Parti communiste, né dans la nuit du 29 au 30 décembre 1920 à Tours, fête ses 90 ans. Bien que beaucoup réduisent son influence au 1,93 % des voix recueillies à la présidentielle de 2007, ses militants voient dans la crise du capitalisme le besoin d’une telle force à condition de le transformer en profondeur.

Discours de Marcel Cachin, lors du Congrès de Tours, en décembre 1920cachin.jpg

«Par 3 252 mandats sur 4 763, à une majorité qui dépasse les deux tiers, le Congrès de Tours a décidé l’adhésion du Parti socialiste à l’Internationale communiste. Notre émotion est grande en écrivant ces lignes. Enfin, enfin, enfin, le socialisme français rompt publiquement, solennellement avec les traditions périmées de la IIe Internationale », pouvait-on lire dans l’Humanité du 30 décembre 1920. La veille, à 22 h 18 exactement, étaient proclamés au Congrès de Tours les résultats des votes qui donnaient la majorité à la motion Cachin-Frossard, acte de naissance du Parti communiste français.

Quatre-vingt-dix ans plus tard, que reste-t-il du PCF ?

Au diagnostic établi par le Monde d’un « nonagénaire sans avenir », dans un éditorial nécrologique sans imagination non plus, d’autres répondent par un pronostic plus réservé : « Le Parti communiste présente aujourd’hui un bilan de santé fragile », écrivent ainsi les Échos. De fait, si le PCF s’est considérablement affaibli depuis trente ans, il demeure toujours une force influente, au-delà de ce que représente son score de 1,93 % obtenu à la dernière élection présidentielle. Avec des effectifs stabilisés à 134 000 militants depuis cinq ans, un résultat de 8,77 % à un scrutin local de portée nationale comme les dernières élections cantonales en 2008, le PCF reste la troisième force politique du pays derrière l’UMP et le PS.

Cet automne, la présence en nombre de militants de la Jeunesse communiste dans les cortèges contre la réforme des retraites a été remarquée, comme le souligne le journal Libération, qui s’interroge pour savoir s’il s’agit là du « signe d’une relève ». Alors, décédé, le Parti communiste ? « Je ne dis pas que le PCF est mort », nuance l’historien Romain Ducoulombier, auteur de Camarades ! (Éditions Perrin). « Reste que le PCF ne se porte pas très bien. Il a du mal à proposer une offre politique différente de ses concurrents de la gauche de la gauche », explique-t-il. Pour l’historien, « l’idée communiste n’a pas de raison de mourir. Elle est liée à la révolte contre les inégalités, à l’idée de démocratie. Mais le PCF doit prendre à bras-le-corps son histoire ».

[Lire la suite sur : humanite.fr/]

Sur le même sujet :

L’historien Roger Martelli analyse et explique les raisons de la création du Parti communiste en France, né d’une scission majoritaire au sein de la social-démocratie il y a quatre-vingt-dix ans, au Congrès de Tours. 

Publié dans HISTOIRE, IDEES - DEBATS - PHILO, PCF, POLITIQUE | Pas de Commentaires »

Espionnage politique

Posté par communistefeigniesunblogfr le 21 décembre 2010

Source : COMITÉ VALMY – 19 décembre 2010 dscn7327.jpg

Protestations contre l’intrusion policière

au meeting communiste unitaire du 12-12.2010

 

I- Communiqué commun du PRCF, de l’URCF et du RCC.

LES ORGANISATIONS REPRÉSENTÉES AU MEETING UNITAIRE COMMUNISTE DU 12 DÉCEMBRE PROTESTENT CONTRE L’INTRUSION POLICIÈRE

Le 12 décembre 2010, plusieurs centaines de personnes se sont retrouvées à Paris, dans une salle privée payante, pour commémorer le congrès de Tours où fut créé le PCF et appeler à développer l’unité d’action communiste au service des luttes sociales dans notre pays.

Ce meeting était organisé de la manière la plus transparente qui soit par deux organisations parfaitement légales, le PRCF et l’URCF, avec la contribution du RCC.

Ont notamment salué le meeting Georges Hage, ancien doyen de l’Assemblée nationale et Henri Alleg, écrivain et journaliste communiste bien connu.

Le meeting a été conclu par un message de Jean Sanitas, héros de la Résistance et par une intervention de Léon Landini, officier de la Légion d’honneur au titre de la Résistance, ancien combattant des FTP-MOI, grand Mutilé de Guerre.

Quelle ne fut la surprise des organisateurs quand ils constatèrent que deux policiers en tenue, envoyés sur ordre (par qui ?), se sont présentés à l’entrée du meeting. Courtoisement, mais en manifestant une gêne certaine, ces policiers ont réclamé et relevé les identités de l’un des organisateurs présents devant les personnes présentes. Celui-ci a vivement protesté contre ces méthodes intimidatrices sans précédent. Les policiers en tenue ont également demandé combien il y aurait de participants et à quelle heure finirait le meeting…

Le grand résistant communiste Pierre Pranchère, ancien FTPF engagé dans les maquis de Corrèze à l’âge de 15 ans, ancien député de la nation, est alors allé discuter avec les policiers, leur a exposé ses états de service… et n’a eu pour toute réponse que l’ordre de présenter à son tour sa carte d’identité qui, elle aussi, a été soigneusement recopiée. Ce qui n’a pas été sans rappeler à notre camarade de sombres périodes de son activité militante…Si telle est désormais la pratique générale à Paris, c’est scandaleux et attentatoire à la liberté d’expression de tous.

[...]

II- Le député du Douaisis, J.-J. Candelier, a interpellé le ministre de l’Intérieur au sujet de cette intrusion.

QUESTION ÉCRITE n° 431

Espionnage politique dans Democratie JJ_Candelier M. Jean-Jacques Candelier alerte M. le Ministre de l’Intérieur, de l’Outre-Mer, des Collectivités territoriales et de l’Immigration sur une intrusion policière dans un meeting politique.

Le 12 décembre 2010, plusieurs centaines de personnes se sont retrouvées à Paris, dans une salle privée, pour commémorer le congrès de Tours où fut créé le PCF et appeler à développer l’unité d’action communiste au service des luttes dans notre pays.

Ce meeting était organisé de manière transparente par deux organisations légales, le PRCF et l’URCF, avec la contribution du RCC. Ont notamment salué le meeting M. Georges Hage, ancien doyen de l’Assemblée nationale, et M. Henri Alleg, écrivain et journaliste.

Le meeting a été conclu par un message de M. Jean Sanitas, héros de la Résistance, et par une intervention de M. Léon Landini, officier de la Légion d’honneur au titre de la Résistance, ancien combattant des FTP-MOI, grand mutilé de Guerre.

Au cours de ce meeting, les organisateurs ont constaté que deux policiers se sont présentés et ont relevé les identités de militants présents.

Dans un pays de libertés comme la France, il lui demande comment il est possible qu’aient cours des méthodes d’intimidation et de fichage de l’opposition communiste.

Il lui demande si tous les meetings partisans font l’objet de telles opérations de surveillance, l’impression étant que, concernant les partis soutenant le Gouvernement, les forces de l’ordre se voient confier des missions de sécurité et non d’espionnage politique.

[Lire l’article complet sur : comite-valmy.org/]

Photo ajoutée par « Feignies Ensemble » (Lille le 6 nov.)

Publié dans Democratie, LIBERTES, Police, POLITIQUE | 1 Commentaire »

Congrès CFDT 2010

Posté par communistefeigniesunblogfr le 7 juin 2010

6 juin 2010 – Paule Masson

La CFDT attendue sur les retraites

Le 47e congrès 
de la CFDT s’ouvre 
à Tours (Indre-et-Loire). Entre le premier projet de résolution et celui présenté au congrès, les militants ont fait réintégrer la revendication du maintien de l’âge légal de départ en retraite à 60 ans.

La crise a bouleversé la donne économique et sociale. Elle a aussi fait évoluer les positionnements syndicaux. La CFDT ouvre aujourd’hui son 47e congrès à Tours, en inscrivant sa réflexion dans la « continuité ». Le syndicat reste toujours à la recherche de compromis, mais la priorité donnée à « la réduction des inégalités » fait ­bouger le curseur sur ce qui est ou non à ses yeux « acceptable ». En 2003, la CFDT avait jugé la réforme Fillon des retraites, basée sur un allongement de la durée de cotisation, « acceptable ». Elle s’affiche aujourd’hui en « opposition frontale » avec la réforme en cours. « En décalant l’âge de départ, le gouvernement accroît les inégalités vis-à-vis des carrières longues, de la pénibilité et des carrières précaires », a assuré samedi dans un entretien à Ouest France François Chérèque, secrétaire ­général de la confédération, qui sera réélu vendredi pour un dernier mandat.

La CFDT se sait attendue au tournant sur une question qui lui a fait perdre, après 2003, entre 80 000 et 100 000 adhérents. Et ce d’autant plus que, parmi les « contreparties » négociées en échange de sa signature, certaines n’ont jamais vu le jour. Si le dispositif carrières longues a favorisé le départ en retraite de salariés ayant commencé à travailler jeunes, celui sur la prise en compte de la pénibilité du travail pour obtenir des départs anticipés n’est toujours pas en place. Dans ce contexte, les militants ont déjà remporté une bataille  : rajouter, dans le ­projet de résolution amendé, une ­revendication qui ne figurait pas dans le premier texte  : le maintien de l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans. Trois autres débats, cette fois sur des amendements non intégrés, sont attendus. Plusieurs syndicats proposent de supprimer un paragraphe sur les « conditions » de l’augmentation de la durée de cotisation. D’autres refusent de discuter des « contreparties » qui permettraient « d’unifier les régimes » (privé et public). Enfin, les 1 500 délégués vont se pencher sur le financement des retraites, certains proposant de taxer plus franchement les revenus financiers du capital.

 

Publié dans Syndicats | Pas de Commentaires »

 

ahmed remaoun |
Fabrice FRICHET |
LE BLOG EDUCATIF |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | ALGERIE/ PARTIS POLITIQUES/...
| MATTNA
| Bloc-notes de Raoul d'Andrésy