Résultats de votre recherche

Le monde au bord du gouffre, un sursaut s’impose (José Fort)

Posté par communistefeigniesunblogfr le 13 août 2014

 

C’est un monde

Le blog de José Fort

Un regard affûté sur le monde, implacable avec les dominations qui l’accablent,

toujours à l’écoute des mouvements qui le libèrent.

 

Vendredi 8 août 2014

Le monde au bord du gouffre, un sursaut s’impose

 

picassolacolombeavenir   José Fort

  Rien ne va plus sur la planète. Plus du tout.

  Guerres,  massacres, famines, épidémies,

  affrontements interethniques, immigrations

  sanglantes, ventes d’armes inégalées et autres

  calamités se multiplient dans un monde

  au bord du gouffre. L’ONU est figée, tétanisée,

  les institutions internationales comme le Fonds

  monétaire international, la Banque mondiale,  

l’Organisation mondiale du commerce discréditées.

 

Le monde offre un spectacle de désolation. La recherche du profit à n’importe quel prix quitte à dévaster la planète, l’exploitation des richesses des plus pauvres, le maintien de peuples sous domination, une génération de dirigeants incapables de dépasser leurs calculs mesquins et de penser l’avenir, des menaces de plus en plus graves contre la paix avec en bout de course une possible folie nucléaire. Le temps est à l’orage. Il peut devenir cataclysme incontrôlable.

Regardez, écoutez.  Massacres à Gaza, en Syrie, en Irak, au Congo ; affrontements sanglants au Mali, dans le Maghreb, en Birmanie, en Thaïlande ;  intégristes de tous poils semant la terreur ; populations déplacées ; encouragements au surarmement. Désormais, la menace plane aussi sur l’Europe, l’Ukraine étant devenue la pièce avancée de l’Otan dans son projet d’étouffer la Russie. Une vieille ambition nazie et napoléonienne dont l’issue – la déroute – devrait faire réfléchir les stratèges qui ont toujours fait la guerre avec la peau des autres. La menace, cette fois, peut devenir nucléaire. Les États-Unis jouent les va-t’en guerre en lançant contre Moscou leurs supplétifs de l’Union européenne.

Le monde apparaît hors de contrôle. Devant un précipice. Affirmer que le pire est à craindre ne relève pas d’un alarmisme exagéré mais d’une éventualité à ne pas – à ne plus –   écarter désormais.

Le monde apparaît hors de contrôle et il est urgent que les peuples s’investissent directement pour bloquer la course vers l’abîme. 

[Lire la suite sur humanite.fr]

 

Publié dans POLITIQUE | Pas de Commentaires »

Projet de loi « pour la refondation de l’école de la République » – Décryptage

Posté par communistefeigniesunblogfr le 11 mars 2013

 

École : décryptage d’une refondation minimaliste

 

Projet de loi Laurent Mouloud

Le projet de loi «pour la refondation de l’école

de la République» sera débattu jusqu’au 19 mars.

Ce texte d’orientation et de programmation comporte


59 articles, modifiant le Code de l’éducation,

et un rapport annexé, qui 
détaille les moyens

budgétaires sur cinq ans et explique

les enjeux de cette 
«refondation».

Un texte qui remet sur pied une formation des enseignants mais ne rompt pas avec la logique

du socle commun.

  • Des moyens humains programmés

60 000 postes seront créés sur cinq ans, dont 54 000 dans l’éducation nationale, 5 000 dans l’enseignement

supérieur et 1 000 dans l’enseignement agricole. Parmi les 54 000, 27 000 iront au rétablissement d’une formation

des enseignants, 14 000 au primaire et 7 000 au secondaire. Une bouffée d’oxygène qui risque d’être insuffisante.

Notamment dans les collèges confrontés au boom démographique de l’an 2000. Rappelons que plus de 100 000

 postes ont été supprimés depuis 2002.

  • Priorité au primaire

Deux choix illustrent cette priorité : la relance de l’accueil des moins de trois ans et le « plus de maîtres que

de classes » afin de varier les pratiques pédagogiques. Des orientations saluées mais dont les moyens

risquent de limiter la portée. Seuls 3 000 postes sur 
cinq ans seront ainsi affectés à la pré-scolarisation

et 7 000 au « plus de maîtres ».

  • La logique de «socle» demeure

Le projet de loi multiplie les nouveaux enseignements : une langue vivante obligatoire dès le CP, une « éducation

artistique et culturelle » ou encore un « enseignement moral et civique ». La loi entérine aussi la création

d’un conseil supérieur pour élaborer les programmes. Mais voilà. Tous ces objectifs restent corsetés

dans la logique du « socle commun » que chaque élève est censé acquérir à la fin du collège.

Même augmenté d’une dimension « culturelle », ce Smic scolaire, dont certains élèves devront

se contenter, entrave toute réflexion sur une école ambitieuse pour l’ensemble des élèves.

  • Une éducation moins nationale

Le projet de loi renforce le rôle des collectivités territoriales. Ce seront désormais les régions, en concertation

avec les branches professionnelles, qui piloteront la carte des formations. Elles décideront des ouvertures

et fermetures de sections (CAP et bac pro) afin de « mieux adapter l’appareil de formation aux besoins

des territoires », accentuant ainsi les risques d’inégalités territoriales.

[Lire la suite sur humanite.fr]

Lire aussi :

Publié dans André Chassaigne, Education nationale, France, Front de Gauche, PCF, SOCIETE | Pas de Commentaires »

RESF : « L’Intérieur, ministère de tous les succès »

Posté par communistefeigniesunblogfr le 6 février 2013

 

Communiqué de presse du RESF 36822 expulsions en 2012,

L’Intérieur, ministère de tous les succès

 

RESF : Réseau d’Éducation Sans Frontières (RESF).

Là-bas, des Maliens acclament François Hollande.

Ici ils se cachent en voyant Manuel Valls.

L’Amicale de Maliens expulsés (AME) assure

que les expulsés « finissent mendiants, fous ou suicidés »

On dirait que la France n’aime pas les Maliens trop éloignés des mines d’uranium.

LGS

Le ministère de l’Intérieur a publié son palmarès 2012 : 36 822 personnes, hommes, femmes, enfants

expulsés contre 32 912 en 2011 (+ 11,9%). On ne peut que ressentir de la honte à l’énoncé de tels chiffres,

des dizaines de milliers d’existences brisées, des gens chassés, humiliés, spoliés, des familles écartelées

entre les continents. L’Amicale de Maliens expulsés (AME) assure que les expulsés « finissent mendiants,

fous ou suicidés ». Bravo à tous ceux qui organisent et prêtent la main à une si belle mission.

Outre l’invraisemblable collection de drames que représentent ces chiffres, ils aboutissent, de fait, à valider

la politique antérieure dont chacun sait qu’elle n’avait aucune incidence sur les flux migratoires, mais tout à

voir avec les calculs électoraux. Si pourtant le gouvernement de gauche fait, un peu plus, un peu moins,

ce que faisait celui de droite, c’est que Sarkozy avait raison. Une façon irresponsable de préparer le retour

au pouvoir de la droite, version pain au chocolat.

Dès lors, la question est de savoir ce que vont choisir les militants du parti socialiste, ses élus et nombre

de ses responsables qui, des années durant, ont manifesté contre les mesures Sarkozy, ont accompagné

les sans papiers, les ont protégés, parrainés.

Il est des questions qui mettent en jeu les principes. Nous y sommes. Se taire serait participer à cette politique,

en être complice.

[Lire la suite sur Le Grand Soir]

RESF

 

Publié dans France, Politique nationale, Sans Papiers - Immigration | Pas de Commentaires »

Nord-Mali : affrontements entre la rébellion touareg et les islamistes

Posté par communistefeigniesunblogfr le 8 juin 2012

 

Nord-Mali : affrontements entre la rébellion touareg et les islamistes   dans AFRIQUE kidal-300x150A Kidal, dans le Nord du Mali, province s’est déclarée

indépendante il y a deux mois, des combattants

de la rébellion touareg du Mouvement national de libération

de l’Azawad (MNLA) et du groupe islamiste Ansar Dine

se sont affrontés. Leur désaccord porte sur l’instauration

de la charia.

Ces violences inquiètent et renforcent l’Union Africaine dans sa volonté d’intervenir militairement au Mali.

C’est la première fois qu’est rapporté un affrontement direct entre ces groupes depuis plus de deux mois que l’immense

région nord est contrôlée par la rébellion et les islamistes d’Ansar Dine et d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

« Les combattants du MNLA et ceux d’Ansar Dine se sont affrontés dans la nuit de jeudi à vendredi dans la périphérie de Kidal »,

a indiqué à l’AFP par téléphone un fonctionnaire de la ville. « Ça a beaucoup tiré entre eux. J’ai vu beaucoup de voitures traverser

la ville », avant d’évoquer des tirs nourris d’armes automatiques.

mali-carte_1 islam radical dans MaliLe calme est revenu à l’aube. Le témoin a « constaté que les quelques

drapeaux du MNLA qui flottaient dans la ville ont été enlevés »,

signe probable d’une victoire des islamistes. Les communications

des deux opérateurs de téléphonie mobile de la ville, coupées

dans la nuit, ont repris en début de matinée.

Surenchère de violence

Interrogé par téléphone satellitaire dans la nuit, Mohamed Ag Mamoud,

combattant d’Ansar Dine, avait expliqué cet affrontement par le fait que

« toute cette semaine, le MNLA a manipulé à Kidal des civils qui ont

manifesté » contre le mouvement islamiste. « Ils ont encouragé les femmes

et les enfants à manifester contre nous. Maintenant, on va leur

montrer notre force », avait-il lancé. Il fait référence à une manifestation s’étant déroulée à Kidal les 5 et 6 juin, où les habitants

de la ville, surtout des femmes et des jeunes, avaient manifesté contre la présence des islamistes et dit leur soutien au MNLA.

La manifestation avait été violemment dispersée.

« Nous sommes attaqués, on va répondre », répond de son côté indiqué Moussa Salam, un membre du MNLA, assurant

que les rebelles touareg avaient « même attaqué la maison de Iyad Ag Ghaly », chef d’Ansar Dine natif de Kidal.

Une situation explosive  

[Lire la suite sur humanite.fr]

Lire également :

 

Nina Wallet Intalou condamne la repression des femmes de Kidal par Ansar Adine

Image de prévisualisation YouTube

sur youtube.com

Publiée le  5 juin 2012 par

 

 

Publié dans AFRIQUE, Mali | Pas de Commentaires »

Tombouctou aux mains des rebelles touaregs

Posté par communistefeigniesunblogfr le 3 avril 2012

 

Mali : Tombouctou est tombée aux mains des rebelles touaregs 

 

Tombouctou aux mains des rebelles touaregs dans AFRIQUE mali125-300x200 Les rebelles touareg sont entrés ce dimanche dans Tombouctou

dont la chute annoncée consacre leur main mise sur la quasi-

totalité du nord-est du Mali, tandis qu’à Bamako la junte militaire

en déroute promettait son retrait et un gouvernement de transition

sans toutefois fixer de calendrier.

Selon des sources concordantes, les rebelles ont négocié leur entrée.

Des contacts ont été pris avec une milice arabe loyaliste

qui avait pris position après la défection de la plupart des soldats maliens.

Après s’être emparés dans la nuit de Gao, capitale régionale du Nord Mali, les rebelles ont avancé dimanche sur Tombouctou

où des tirs d’armes lourdes avaient visé dans la matinée le camp militaire. Celui-ci avait été déserté par les soldats,

dont beaucoup ont abandonné leurs uniformes et quitté leurs positions sur les points stratégiques. 

Le MLNA dément la présence de combattants d’AQMI

 

1113-MaliTouaregue Tombouctou dans Mali

Selon les miliciens loyalistes, plusieurs groupes

rebelles participent à l’encerclement de Tombouctou,

le Mouvement national pour la libération

de l’Azawad (MNLA) – principale composante de la

rébellion – et des islamistes.

Plusieurs groupes armés prennent part à l’offensive

en cours à côté du Mouvement national pour la libération

de l’Azawad (MNLA), principale composante de la rébellion.

En particulier le groupe islamiste Ansar Dine du chef touareg

Iyad Ag Ghaly, principal artisan de la prise de Kidal.

Selon certaines sources, des éléments d’Al-Qaïda au Maghreb

islamique (Aqmi) sont présents, ce que le MNLA, d’obédience laïque,

dément régulièrement.

Le « Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest » (Mujao), une dissidence d’Aqmi dirigée par des Maliens

et des Mauritaniens, a également revendiqué sa participation à l’attaque de Gao.

[Lire la suite]

humanitefr Touareg le 1er Avril 2012

Carte vue sur : http://filsduvent.kazeo.com/

Note : * Azawad signifie “territoire de la transhumance”. Cette zone correspond au Nord-Mali (voir carte).

 

Pour + d’infos, lire également :

Extrait :

toureg-3-74ba9-300x202

 » Je suis né berger nomade, de parents touaregs, dans le nord

du Mali entre Tombouctou et Gao, le sable dans les yeux

en regardant les étoiles « , écrit-il dans son blog.

L’homme qui s’exprime ainsi s’appelle Moussa AG Assarid.

Il est poète, écrivain, aujourd’hui révolutionnaire par la force

des choses. « 

[...]

 » Je ne peux pas assister passif à la destruction de mon peuple au prétexte que je suis un pacifiste. « 

 

 

 

Qui sont les Touaregs ?

caravane – aquarelle   A. Tambo

65168359_p-300x222

Ceux sont des populations berbères nomades musulmanes. Bergers,

ils vivent essentiellement au Niger, au Mali, en Algérie et en Libye.

Les Touaregs sont organisés en tribus. Les hommes portent un voile

indigo (tagelmust), d’où leur surnom d’“hommes bleus”.

Ce sont des musulmans sunnites et ils parlent une langue berbère :

le tamacheq.

Nomades dans l’âme, les Touaregs se nomment eux-mêmes Imajeren

(hommes libres). Ce peuple compte de 1 à 3 millions d’individus, d’après l’Unesco ;

85 % d’entre eux vivent au Mali, où ils représentent 10 % de la population. Dans la société touareg, les femmes bénéficient

d’un statut inégalé : détentrices des savoirs et des richesses, elles sont les gardiennes des traditions.

 » Pour le nomade, la pensée n’existe qu’en marchant ou en chantant ; et tout ce qui est nomade doit être soit chanté,

soit marché pour être vraiment tel.  »

Hawad, poète

 

Publié dans AFRIQUE, Mali | 1 Commentaire »

Naissance du Parti Communiste Français (1ère partie)

Posté par communistefeigniesunblogfr le 8 janvier 2011

Source : Le blog de Nicolas Maury – 27 décembre 2010

Il y a 90 ans, des ruines de la France,

naissait le Parti Communiste Français (première partie)

 

Le jeudi 30 décembre 1920, salle du manège à Tours, le XVIIIè congrès national du Parti Socialiste – Section Française de l’Internationale Ouvrière (SFIO), après cinq jours de débats décide d’adhérer à la IIIè Internationale

 

Il y a 90 ans, des ruines de la France, naissait le Parti Communiste Français (première partie)

I – Le congrès de Tours, le tournant décisif

En 1920, quelques mois avec le congrès de la SFIO, les Jeunesses Socialistes faisaient le choix de rejoindre l’Internationale Communistes des Jeunes. Pendant plus de deux mois, les adhérents de la SFIO vont discuter sur un problème crucial : faut-il ou non rejoindre l’Internationale Communiste crée en 1919 ? Faut-il accepter les 21 conditions d’admission ?

Trois motions vont s’affronter

- La première défend l’adhésion sans condition à la IIIè internationale, elle est menée par le Secrétaire Général de la SFIO Ludovic-Oscar Frossard et le nouveau directeur de l’Humanité Marcel Cachin

- La second, menée par le député de la Seine Léon Blum, « comité de résistance socialiste » refuse de rejoindre la IIIè internationale, au nom de « l’unité internationale »
- La troisième, les « reconstructeurs », est favorable à l’adhésion mais sous conditions. Elle est conduite par le petit-fils de Karl Marx, l’avocat Jean Longuet

Il y a 90 ans, des ruines de la France, naissait le Parti Communiste Français (première partie)

La motion qui recueille l’adhésion des sections, des fédérations et des congressistes est celle conduite par Frossard-Cachin. Avec 3247 mandats contre 1328, l’adhésion à la IIIè internationale est votée. Les « résistants » et les « reconstructeurs » quittent spectaculairement la salle, il est 2h15 du matin, la scission entre les socialistes français a eu lieu. Pour le président de séance « le congrès communiste continue », il se poursuivra jusqu’au lendemain et se conclura par un appel rédigé par Paul Vaillant-Couturier.

Des ruines de la social-démocratie française est né un nouveau parti, la Section Française de l’Internationale Communiste (SFIC). En 1921, il prendra le nom de Parti Communiste – Section Française de l’Internationale Communiste.

Les minoritaires de la SFIO, ont décidé de « continuer » la SFIO, elle rejoindra bientôt tous ceux qui en Europe ont refusé l’exemple de 1917. La SFIO « maintenue » rejoindra l’Internationale Ouvrière Socialiste, constituée en 1923 (dite Union de Vienne ou Internationale Deux et demi) . Léon Blum déclarera « Quel sera le nouveau parti que vous voulez créer ? Au lieu de la volonté populaire se formant à la base et remontant de degré en degré, votre régime de centralisation comporte la subordination de chaque organisme à l’organisme qui lui est supérieur ; c’est au sommet un comité directeur de qui tout doit dépendre, c’est une sorte de commandement militaire formulé d’en haut et se transmettant de grade en grade, jusqu’aux simples militants, jusqu’aux simples sections (…). Nous sommes convaincus jusqu’au fond de nous-mêmes que, pendant que vous irez courir l’aventure, il faut que quelqu’un reste garder la vieille maison (…) Les uns et les autres, même séparés, resteront des socialistes ; malgré tout, restons des frères qu’aura séparés une querelle cruelle, mais une querelle de famille, et qu’un foyer commun pourra encore réunir. »

Il y a 90 ans, des ruines de la France, naissait le Parti Communiste Français (première partie)

Déclaration finale du Congrès de Tours – 29 décembre 1920 – rédigée au nom du Parti, par Paul Vaillant-Couturier

Le Congrès de Tours marquera une date historique dans la vie longue déjà et glorieuse du socialisme en France. S’il restaure parmi nous les conceptions traditionnelles de Marx et d’Engels, les doctrines jadis consacrées et trop souvent désertées dans la pratique, il adapte en même temps aux nécessités des temps nouveaux, aux obligations impérieuses que nous assigne la crise révolutionnaire mondiale, les méthodes de préparation et d’action qui doivent désormais prévaloir.
Face au régime capitaliste qui croule politiquement, économiquement, socialement, notre discipline devait se resserrer, la rupture s’affirmer avec tout ce qui représente les classes déclinantes, la lutte des classes doit être proclamée dans toute son ampleur.

Tel est le sens de l’adhésion du socialisme français à cette Internationale communiste qui a relevé le véritable drapeau de l’Internationale des travailleurs, et la majorité des trois quarts des suffrages exprimés qui s’est manifestée à Tours donne à cette adhésion sa valeur de souveraine puissance.
Héritiers des hommes qui fondèrent et notre parti en France et l’organisation ouvrière révolutionnaire dans le monde, nous poursuivons leur tâche. Du Congrès inaugural de la Première internationale, il y a 56 ans, au Congrès d’Amsterdam, en 1904, et de notre congrès d’unité en 1905 au Congrès de Tours, la chaîne est continue.

A la droite de notre parti, un petit nombre d’hommes, des élus plus que des militants, dont certains comptaient des états de service mais qui s’étaient laissé conquérir par la conception révisionniste et purement parlementaire, nous ont quittés délibérément. Leur position était prise d’avance ; ils avaient préparé leur schisme. Au Congrès de la Fédération de la Seine, le secrétaire du Parti avait démasqué leurs desseins. Ils n’ont pas voulu comprendre la loi d’airain des temps nouveaux. Nous passons.

Au centre, d’autre en plus grand nombre ont rompu avec nous. Ils ont hésité jusqu’à la dernière minute. Irrésolus, incapables de faire leur choix entre le réformisme parlementaire et le communisme marxiste, ils se sont rapprochés des hommes mêmes qu’ils avaient jadis combattus. Partisans, suivant leu motion, d’une adhésion à la IIIème Internationale, ils se sont refusés à suivre aucun des chemins qui pouvaient y conduire.

Ils sont les véritables auteurs de la crise, si restreinte soit-elle, où pénètre notre parti.
Ils ont montré, par leur geste, aux masses laborieuses de ce pays, qu’ils en assumaient la responsabilité. Ce n’est pas sur un vote de principe qu’ils sont morts, mais sur la lecture d’un document d’allure polémique, un message de l’Internationale communiste dont ils ont voulu méconnaître la signification réelle.

C’est en vain que nous leur avons offert tous les apaisements légitimes. C’est en vain que nous avons pris l’engagement catégorique de consacrer, dans un statut, le droit des minorités. C’est en vain que nous nous sommes prononcés contre les exclusions pour des actes du passé. Des considérations d’amour-propre où se révèle l’esprit petit-bourgeois, des raisons que le prolétariat ne peut comprendre, lui qui met la cause de la révolution au-dessus des personnes, les ont conduits à la rupture.

Qu’ils en gardent devant l’histoire la lourde charge !

Dans cette séparation d’avec les éléments anciens, nous regardons avec joie la puissance saine et majestueuse de notre grand Parti. Toutes les grandes fédérations des régions industrielles sont avec nous ; les fédérations paysannes sont venues, par leur renfort, nous attester le fécond travail qui s’accomplit dans les masses rurales. Ainsi se marquent la solidarité grandissante entre les travailleurs des villes et ceux des champs, les progrès de l’esprit de classe, cette condition même de l’élaboration de la société future.

C’est la clarté tranchante de la politique menée en commun par tous les partisans sincères de la IIIème Internationale qui a frappé le plus vivement la conscience du prolétariat.
Ainsi s’est réalisée en France l’union intime et désormais indissoluble de tous les socialistes communistes.

C’est la France salariée, la France en révolte contre le régime capitaliste, régime de guerre et de faillite, régime de rapine, d’exploitation et de servitude, c’est toute cette France militante qui est avec nous ; c’est elle qui défendra demain, de concert avec toutes les sections de l’Internationale communiste, la paix, le droit des peuples et la révolution menacés par les impérialistes, masquant leurs intérêts de classe derrière la défense nationale.

L’œuvre qui s’impose à notre parti est énorme ; elle ne nous effraie pas. Le vieux monde s’effondre devant l’esprit des temps nouveaux. La révolution qui s’annonce, qui est née en Russie et qui gagnera de proche en proche tous les États et tous les continents trouvera des millions et des millions d’artisans sévères. L’âpre lutte continuera, patiente quand il le faudra, rapide et décisive à l’heure venue pour la libération des nouveaux esclaves. Le régime bourgeois chancelle sur ses bases au lendemain de la plus cruelle des guerres ; nous lui porterons seulement le dernier coup.

PROLÉTAIRES, PAYSANS ET OUVRIERS !

Vos devoirs s’accroissent dans la mesure où les temps avancent. Vous ne vous laisserez séduire ni par ceux qui veulent trouver dans le parlementarisme exclusif, dans l’abandon des principes socialistes, dans la collusion avec l’adversaire capitaliste, des avantages illusoires, des transactions mortelles pour la révolution, ni par ceux qui cherchent leur voie à tâtons sans jamais se résoudre et qui, inconsciemment, paralysent l’œuvre d’affranchissement.

Vous tous, vieux militants de notre parti, qui l’avez servi par votre dévouement opiniâtre, jeunes hommes soulevés par le cyclone de la guerre et qui affluez dans nos rangs, vous viendrez à nous pour consommer l’œuvre commencée.

Que notre Parti soit grand ! Que notre parti soit fort et discipliné, maître à la fois de ses militants et de ses élus ! Que dans l’Internationale, relevée de l’ombre de la première des grandes révolutions sociales, il soit digne de son passé, digne de Babeuf, digne des hommes de Juin 1848, digne de la Commune, digne de Jaurès, digne de l’avenir glorieux qui s’offre à nous !

Le combat continue plus ardent et plus ample. Il ne s’agit point d’émeutes et d’aventures. En travailleurs, toujours équipés avant l’heure de l’offensive, nous creuserons nos parallèles de départ, toujours à l’affût d’un ennemi que nous savons implacable et préparé.

Que la décision de Tours soit l’ordre suprême pour tous les prolétaires français !
Que l’adhésion à la IIIème Internationale retentisse à travers le monde comme l’annonce des grands changements prochains !

VIVE LE SOCIALISME RÉVOLUTIONNAIRE FRANÇAIS !

VIVE L’INTERNATIONALE COMMUNISTE !

 

L'Humanité du 28 décembre 1920

L’Humanité du 28 décembre 1920

 

Il y a 90 ans, des ruines de la France, naissait le Parti Communiste Français (première partie)

Les vingt-et-une conditions d’admission des Partis dans l’Internationale Communiste

« Le 2° Congrès de l’Internationale Communiste décide que les conditions d’admission dans l’Internationale sont les suivantes : »

1. La propagande et l’agitation quotidiennes doivent avoir un caractère effectivement communiste et se conformer au programme et aux décisions de la III° Internationale. Tous les organes de la presse du Parti doivent être rédigés par des communistes sûrs, ayant prouvé leur dévouement à la cause du prolétariat. Il ne convient pas de parler de dictature prolétarienne comme d’une formule apprise et courante ; la propagande doit être faite de manière à ce que la nécessité en ressorte pour tout travailleur, pour toute ouvrière, pour tout soldat, pour tout paysan, des faits mêmes de la vie quotidienne, systématiquement notés par notre presse. La presse périodique ou autre et tous les services d’éditions doivent être entièrement soumis au Comité Central du Parti, que ce dernier soit légal ou illégal. Il est inadmissible que les organes de publicité mésusent de l’autonomie pour mener une politique non conforme à celle du Parti. Dans les colonnes de la presse, dans les réunions publiques, dans les syndicats, dans les coopératives, partout où les partisans de la III° Internationale auront accès, ils auront à flétrir systématiquement et impitoyablement non seulement la bourgeoisie, mais aussi ses complices, réformistes de toutes nuances.

2. Toute organisation désireuse d’adhérer à l’Internationale Communiste doit régulièrement et systématiquement écarter des postes impliquant tant soit peu de responsabilité dans le mouvement ouvrier (organisations de Parti, rédactions, syndicats, fractions parlementaires, coopératives, municipalités) les réformistes et les « centristes » et les remplacer par des communistes éprouvés, – sans craindre d’avoir à remplacer, surtout au début, des militants expérimentés, par des travailleurs sortis du rang.

3. Dans presque tous les pays de l’Europe et de l’Amérique la lutte de classes entre dans la période de guerre civile. Les communistes ne peuvent, dans ces conditions, se fier à la légalité bourgeoise. Il est de leur devoir de créer partout, parallèlement à l’organisation légale, un organisme clandestin, capable de remplir au moment décisif, son devoir envers la révolution. Dans tous les pays où, par suite de l’état de siège ou de lois d’exception, les communistes n’ont pas la possibilité de développer légalement toute leur action, la concomitance de l’action légale et de l’action illégale est indubitablement nécessaire.

4. Le devoir de propager les idées communistes implique la nécessité absolue de mener une propagande et une agitation systématique et persévérante parmi les troupes. Là, où la propagande ouverte est difficile par suite de lois d’exception, elle doit être menée illégalement ; s’y refuser serait une trahison à l’égard du devoir révolutionnaire et par conséquent incompatible avec l’affiliation à la III° internationale.

5. Une agitation rationnelle et systématique dans les campagnes est nécessaire. La classe ouvrière ne peut vaincre si elle n’est pas soutenue tout au moins par une partie des travailleurs des campagnes (journaliers agricoles et paysans les plus pauvres) et si elle n’a pas neutralisé par sa politique tout au moins une partie de la campagne arriérée. L’action communiste dans les campagnes acquiert en ce moment une importance capitale. Elle doit être principalement le fait des ouvriers communistes en contact avec la campagne. Se refuser à l’accomplir ou la confier à des demi-réformistes douteux c’est renoncer à la révolution prolétarienne.

6. Tout Parti désireux d’appartenir à la III° Internationale, a pour devoir de dénoncer autant que le social-patriotisme avoué le social-pacifisme hypocrite et faux ; il s’agit de démontrer systématiquement aux travailleurs que, sans le renversement révolutionnaire du capitalisme, nul tribunal arbitral international, nul débat sur la réduction des armements, nulle réorganisation « démocratique » de la Ligue des Nations ne peuvent préserver l’humanité des guerres impérialistes.

7. Les Partis désireux d’appartenir à l’Internationale Communiste ont pour devoir de reconnaître la nécessité d’une rupture complète et définitive avec le réformisme et la politique du centre et de préconiser cette rupture parmi les membres des organisations. L’action communiste conséquente n’est possible qu’à ce prix. L’Internationale Communiste exige impérativement et sans discussion cette rupture qui doit être consommée dans le plus bref délai. L’Internationale Communiste ne peut admettre que des réformistes avérés, tels que Turati, Kautsky, Hilferding, Longuet, Mac Donald, Modigliani et autres, aient le droit de se considérer comme des membres de la III° Internationale, et qu’ils y soient représentés. Un pareil état de choses ferait ressembler par trop la III° Internationale à la II°.

8. Dans la question des colonies et des nationalités opprimées, les Partis des pays dont la bourgeoisie possède des colonies ou opprime des nations, doivent avoir une ligne de conduite particulièrement claire et nette. Tout Parti appartenant à la III° Internationale a pour devoir de dévoiler impitoyablement les prouesses de « ses » impérialistes aux colonies, de soutenir, non en paroles mais en fait, tout mouvement d’émancipation dans les colonies, d’exiger l’expulsion des colonies des impérialistes de la métropole, de nourrir au cœur des travailleurs du pays des sentiments véritablement fraternels vis-à-vis de la population laborieuse des colonies et des nationalités opprimés et d’entretenir parmi les troupes de la métropole une agitation continue contre toute oppression des peuples coloniaux.

9. Tout Parti désireux d’appartenir à l’Internationale Communiste doit poursuivre une propagande persévérante et systématique au sein des syndicats, coopératives et autres organisations des masses ouvrières. Des noyaux communistes doivent être formés, dont le travail opiniâtre et constant conquerra les syndicat professionnel|syndicats au communisme. Leur devoir sera de révéler à tout instant la trahison des social-patriotes et les hésitations du « centre ». Ces noyaux communistes doivent être complètement subordonnés à l’ensemble du Parti.

10. Tout Parti appartenant à l’Internationale Communiste a pour devoir de combattre avec énergie et ténacité l’« Internationale » des syndicat jaune|syndicats jaunes fondée à Amsterdam. Il doit répandre avec ténacité au sein des syndicats ouvriers l’idée de la nécessité de la rupture avec l’Internationale Jaune d’Amsterdam. Il doit par contre concourir de tout son pouvoir à l’union internationale des syndicats rouges adhérant à l’Internationale Communiste.

11. Les Partis désireux d’appartenir à l’Internationale Communiste ont pour devoir de réviser la composition de leurs fractions parlementaires, d’en écarter les éléments douteux, de les soumettre, non en paroles mais en fait, au Comité Central du Parti, d’exiger de tout député communiste la subordination de toute son activité aux intérêts véritables de la propagande révolutionnaire et de l’agitation.

12. Les Partis appartenant à l’Internationale Communiste doivent être édifiés sur le principe de la centralisation démocratique. À l’époque actuelle de guerre civile acharnée, le Parti Communiste ne pourra remplir son rôle que s’il est organisé de la façon la plus centralisée, si une discipline de fer confinant à la discipline militaire y est admise et si son organisme central est muni de larges pouvoirs, exerce une autorité incontestée, bénéficie de la confiance unanime des militants.

13. Les Partis Communistes des pays où les communistes militent légalement doivent procéder à des épurations périodiques de leurs organisations, afin d’en écarter les éléments intéressés et petit-bourgeois.

14. Les Partis désireux d’appartenir à l’Internationale Communiste doivent soutenir sans réserves toutes les républiques soviétiques dans leurs luttes avec la contre-révolution. Ils doivent préconiser inlassablement le refus des travailleurs de transporter les munitions et les équipements destinés aux ennemis des républiques soviétiques, et poursuivre, soit légalement soit illégalement, la propagande parmi les troupes envoyées contre les républiques soviétiques.

15. Les Partis qui conservent jusqu’à ce jour les anciens programmes social-démocrates ont pour devoir de les réviser sans retard et d’élaborer un nouveau programme communiste adapté aux conditions spéciales de leur pays et conçu dans l’esprit de l’Internationale Communiste. Il est de règle que les programmes des Partis affiliés à l’Internationale Communiste soient confirmés par le Congrès International ou par le Comité Exécutif. Au cas où ce dernier refuserait sa sanction à un Parti, celui-ci aurait le droit d’en appeler au Congrès de l’Internationale Communiste.

16. Toute les décisions des Congrès de l’Internationale Communiste, de même que celles du Comité Exécutif, sont obligatoires pour tous les Partis affiliés à l’Internationale Communiste. Agissant en période de guerre civile acharnée, l’Internationale Communiste et son Comité Exécutif doivent tenir compte des conditions de lutte si variées dans les différents pays et n’adopter de résolutions générales et obligatoires que dans les questions où elles sont possibles.

17. Conformément à tout ce qui précède, tous les Partis adhérant à l’Internationale Communiste doivent modifier leur appellation. Tout Parti désireux d’adhérer à l’Internationale Communiste doit s’intituler Parti Communiste de… (section de la III° Internationale Communiste). Cette question d’appellation n’est pas une simple formalité ; elle a aussi une importance politique considérable. L’Internationale Communiste a déclaré une guerre sans merci au vieux monde bourgeois tout entier et à tous les vieux Partis social-démocrates jaunes. Il importe que la différence entre les Partis Communistes et les vieux Partis « social-démocrates » ou « socialistes » officiels qui ont vendu le drapeau de la classe ouvrière soit plus nette aux yeux de tout travailleur.

18. Tous les organes dirigeants de la presse des Partis de tous les pays sont obligés d’imprimer tous les documents officiels importants du Comité Exécutif de l’Internationale Communiste.

19. Tous les Partis appartenant à l’Internationale Communiste ou sollicitant leur adhésion sont obligés de convoquer (aussi vite que possible), dans un délai de 4 mois après le 2° Congrès de l’Internationale Communiste, au plus tard, un Congrès extraordinaire afin de se prononcer sur ces conditions. Les Comités Centraux doivent veiller à ce que les décisions du 2° Congrès de l’Internationale Communiste soient connues de toutes les organisations locales.

20. Les Partis qui voudraient maintenant adhérer à la III° Internationale, mais qui n’ont pas encore modifié radicalement leur ancienne tactique, doivent préalablement veiller à ce que les 2/3 des membres de leur Comité Central et des Institutions centrales les plus importantes soient composés de camarades, qui déjà avant le 2° Congrès s’étaient ouvertement prononcés pour l’adhésion du Parti à la III° Internationale. Des exceptions peuvent être faites avec l’approbation du Comité Exécutif de l’Internationale Communiste. Le Comité Exécutif se réserve le droit de faire des exceptions pour les représentants de la tendance centriste mentionnés dans le paragraphe 7.

21. Les adhérents au Parti qui rejettent les conditions et les thèses établies par l’Internationale Communiste doivent être exclus du Parti. Il en est de même des délégués au Congrès extraordinaire.

juillet 1920.

 

L'Humanité du 29 décembre

L’Humanité du 29 décembre

 

L'Humanité du 31 décembre

L’Humanité du 31 décembre

 

L'Humanité du 31décembre

L’Humanité du 31décembre

 

Publié dans | 1 Commentaire »

Serons-nous tous un jour, comme cette vieille dame, obligés de travailler jusqu’à la fin de notre vie ?

Posté par communistefeigniesunblogfr le 28 novembre 2010

Courriel reçu le 28 novembre 2010 

Point de vue

Dignité

Tahar Ben Jelloun

Une vieille dame d’au moins 80 ans est derrière le comptoir d’un grand magasin à New York, ses mains tremblent un peu, peut-être souffre-t-elle d’un début de Parkinson, elle tient la caisse. Je la regarde, pensant que c’est une cliente qui s’était trompée de côté. Non, elle est vraiment caissière, une étiquette avec son nom l’atteste. Elle s’appelle Ellen. Avec lenteur, elle déchiffre le code-barres de la marchandise, enlève les étiquettes puis a du mal avec les antivols, prend ma carte bancaire, la glisse dans la machine, me demande de signer, met les affaires dans un sac qu’elle agrafe péniblement, me le tend et me remercie en disant d’une voix à peine audible,« Next » (« au suivant »).

Je suis resté un moment en retrait, interloqué et choqué, face à cette dame qui travaille plus de quarante heures par semaine. On a envie de lui demander de rentrer chez elle se reposer, mais on sait que si elle travaille encore c’est parce qu’elle en a besoin, qu’aucune retraite ne lui est versée. Elle ne fait pas ça par plaisir, d’autant plus que c’est un dimanche.

Vue d’Amérique, la France qui se bat pour un système de retraites juste et équitable apparaît comme une anomalie. Le New York Times du 23 octobre titre sur toute une page « Au moment où les Français font sauter les digues, les Britanniques gardent leur calme et vont de l’avant » ! L’article est illustré par une photo datant de 1979, au moment où Londres était en grève. Cet amalgame veut simplement dire : on ne comprend pas ce qui se passe en France. On aurait aimé leur répondre : qui supporterait de voir sa mère ou grand-mère travailler jusqu’à la mort ? Ce que la France est en train de sauver, c’est une qualité de vie, une autre vision du monde, une humanisation des rapports marchands.

Par ailleurs, on ne comprend pas pourquoi le gouvernement est si psychorigide face aux millions de citoyens qui sont plusieurs fois descendus dans les rues pour réclamer plus de justice. Est-ce si indigne de s’asseoir autour d’une table et de se parler ? Pourquoi la France s’installe facilement dans le conflit et le rapport de force ? A quoi est dû cet entêtement ? De quelle fierté est-il le nom ? Cela rappelle le cas de ces vieux couples qui ne s’entendent plus et qui ne communiquent que par des éclats de voix.

L’image de cette vieille dame m’a obsédé durant quelques jours. C’est l’image d’une société où l’individu est mis en avant, parfois avec arrogance, où l’argent est étalé sans honte, sans pudeur, où un travailleur peut être renvoyé à n’importe quel moment et sous n’importe quel prétexte, où la retraite dépend d’une assurance privée que tout le monde ne peut pas se permettre de souscrire. Certes, l’Amérique a de quoi fasciner, mais son système social est inadmissible. Le capitalisme sauvage domine partout. Les librairies ne mettent en avant que des livres destinés à devenir des best-sellers. On mène une lutte fanatique contre le tabac et on permet aux enfants d’avaler n’importe quoi au point de devenir obèse avant leur majorité ; la précarité est dans l’air, elle menace quiconque n’a pas su exploiter sa chance. C’est une autre manière de vivre et de mourir. Est-ce ainsi qu’on aimerait que les Français vivent ?

Ce qui est étrange, c’est que personne ne semble comprendre le combat des Français de ces dernières semaines. J’ai entendu des réflexions du genre : « Ce sont des enfants gâtés ! » ; « ils ne sont jamais contents ! » ; « ils veulent toujours plus ! » ; « déjà qu’ils ne travaillent que 35 heures et ils protestent ! » Décidément, plus que jamais, la France apparaît comme une exception culturelle dans ce monde de brutalité et d’égoïsme exacerbé.

Mais la France de Nicolas Sarkozy, et même de ses prédécesseurs, ne réalise pas sa chance. Alors elle brade ses valeurs et se retire de la scène culturelle du monde. C’est de l’Afghanistan qu’elle devrait vite se retirer, rapatrier ses soldats promis à une débâcle certaine (à présent que c’est Ben Laden qui l’exige, les 3 750 soldats français ne rentreront pas de sitôt). Non, la France officielle ne cesse de réduire le budget de ses instituts culturels dans le monde. Elle abîme son image, réalise quelques économies (il en faut pour payer la présence en Afghanistan), mais elle fait fausse route, elle fait une grave erreur. C’est avec la culture, avec ses productions littéraires, théâtrales, musicales, picturales, cinématographiques, avec ses valeurs humanistes, son héritage des Lumières qu’elle assurera une belle présence, laquelle lui faciliterait des réalisations économiques importantes. Le pari sur la culture est le seul qui vaille. Or, le ministère des affaires étrangères fait des économies ridicules tout en continuant à espérer que la voix de la France sera entendue et respectée. Calcul de petit épicier sans envergure, sans vision à long terme.

J’ai rencontré des intellectuels américains qui se souviennent avec nostalgie de l’époque où la France était célébrée dans les universités à travers des visiteurs comme Michel Foucault, Jacques DerridaAlain Robbe-GrilletMohammed Arkoun et d’autres. Aujourd’hui, ils se demandent ce qui se passe en France, pourquoi sa voix n’est plus entendue.

Je reviens à la vieille dame américaine. Je revois son expression fatiguée, ses bras frêles, sa voix faible. En France, elle serait dans une maison pour personnes âgées. Peut-être serait-elle entourée de ses enfants et petits-enfants, peut-être serait-elle triste d’avoir été mise à l’écart dans un hospice, mais elle ne serait pas caissière dans un magasin de fringues. Piètre consolation. Car si le système des retraites n’est pas réformé en se basant sur les propositions des syndicats et des partis qui défilent dans les rues, nous serons tous un jour cette vieille dame devant travailler jusqu’au dernier jour de sa misérable vie.

 

 

Écrivain et poète, Tahar Ben Jelloun est membre de l’Académie Goncourt depuis 2008. Il a reçu le prix Goncourt pour « La Nuit sacrée » (Points Seuil) en 1987. Derniers livres parus, « Jean Genet, menteur sublime » et « Beckett et Genet, un thé à Tanger » (Gallimard).

 

******************************************

 

[Le Monde a publié ce texte le 7 novembre 2010 mais on peut toujours le lire sur lemonde.fr/

URL de l’article : http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/11/06/dignite-par-tahar-ben-jelloun_1436434_3232.html

Cette publication a suscité de nombreux commentaires dont certains soulèvent le coeur. En effet comment ne pas être révolté quand on lit que si cette vieille dame travaille, c’est sans doute parce qu’elle s’ennuie ! Ces commentaires, dans le droit fil de l’idéologie sarkozyste, montrent à quel point il est nécessaire de rester mobiliser pour défendre les acquis sociaux du Conseil national de la Résistance.

Nelly ]

 

Publié dans IDEES - DEBATS - PHILO, RETRAITES, SOCIETE | Pas de Commentaires »

Bettencourtgate : en attendant le grand enfumage de Sarkozy ce soir sur France 2

Posté par communistefeigniesunblogfr le 12 juillet 2010

Source : Plume de presse.net/ - 12 juillet 2010 – par Olivier Bonnet

Permalien : http://www.plumedepresse.net/spip.php?article1455

Bettencourtgate :

en attendant le grand enfumage de Sarkozy ce soit sur France 2

 

Retour sur la manipulation du vrai-faux rapport de l’IGF, avec Le Figaro en première ligne, et sur les mensonges avérés de cet acculé d’Eric Woerth.

On connaissait Nicolas Sarkozy est mort et Nicolas Sarkozy est gay. Et maintenant, il y a ce que vous allez découvrir plus bas. Il fallait oser ! Enfin, en tout cas Le Monte l’a fait.  »Nous caricaturons juste l’hyper-président de manière vulgaire et outrancière« , déclare au Post Stéphane de Rosnay, éditeur du bimestriel. Pour le numéro annonçant la bonne nouvelle le décès du chef de l’Etat, le directeur de la publication, Frédéric Lafeuille, avait été convoqué par la police pour « atteinte à la dignité de la personne« . Pour celui révélant son orientation sexuelle, l’imprimeur et la société qui distribue le journal avaient reçu « la visite de policiers agissant dans le cadre d’une réquisition judiciaire visant des faits d’atteinte à la représentation de la personne« , relatait le blogueur multicartes Guy Birenbaum. Mais Rosnay, nullement intimidé, persiste.

[Lire la suite sur : plumedepresse.net/]

***************************************************

maintenant Paul le Poulpe se lance dans la politique

PAUL LE POULPE.jpg

Chimulus dessin de presse

 

 

Publié dans POLITIQUE, Politique nationale, Propagande - Desinformation | Pas de Commentaires »

Autopsie du Greco, un roman signé Paella

Posté par communistefeigniesunblogfr le 31 décembre 2009

« Une société gagne toujours à ouvrir ses portes à des figures atypiques qui contribuent à changer les regards en ouvrant des perspectives insoupçonnées sur le monde. » (Paella)

Lucie Servin

Paella ? autopsie Le Greco

Sous la forme d’un polar, le premier roman de Paella, « l’Autopsie du Greco » interroge les mystères de la peinture du grand maître de l’âge d’or espagnol. Entretien et video de l’artiste. 

« Parole à la peinture, regard au spectateur. » Paella brouille les pistes. Le point d’interrogation qui introduit le livre en écho à celui que l’artiste Paella juxtapose à sa signature avertit le lecteur. Une apostrophe discrète, une invitation à la critique, à la remise en question. Celui qu’on surnomme le Greco, Dhominikos Theotokopoulos, né en Crête, s’est installé en Italie avant de venir en Espagne à la fin du XVIe siècle. Ses origines grecques, ses connaissances de la culture méditerranéenne, ont sans doute contribué à faire de ce grand peintre un artiste à part à son époque. Apprécié de son vivant, Le Greco a beaucoup inspiré les modernes. Son originalité a donné lieu à de nombreuses théories sur les mystères de son œuvre, qui constitue comme une anomalie dans l’histoire de l’art occidental.

« Lors de ma première visite au Prado, à l’âge de 13-14 ans, j’avais gardé un mauvais souvenir de la peinture du Greco, confie Paella, je voyais un coloriage grossier, malhabile, un barbouillage sans cohérence. » Depuis, le peintre a revu son jugement, mis en évidence « un système intelligent d’images » qui rend justice au grand maître en revendiquant la complexité de son œuvre. Du grand chef-d’œuvre, l’Enterrement du Comte d’Orgaz, à l’énigmatique Vue de Tolède, Paella questionne les différents niveaux de lecture comme une mise en abîme de sa propre réflexion. L’artiste scrute les moindres détails dans les toiles du maître, et multiplie les gammes de la perception.

De la Tolède de la fin de la Renaissance à l’Espagne contemporaine, le peintre, l’étudiant fougueux, l’écrivain fantasque et le prof cartésien, chaque personnage incarne le possible, s’offre en miroir de la pensée et du rêve, de la raison et de l’imagination. à bord d’un éclair au café, on embarque à l’assaut d’un sanctuaire de délices pâtissiers, dépositaire des secrets et de la dépouille du Greco, gardée jalousement par une nonne tortue.

[Article complet : humanite.fr]

 

A lire également : Rencontre avec l’artiste- Dialogue avec la peinture

 Extrait :

À l’occasion de la sortie de son roman, Paella ? expose au Cabinet d’amateur, jusqu’au 3 janvier à Paris, des œuvres qui témoignent de son rapport à la peinture.

Lors d’une séance de sérigraphie, l’artiste nous présente son interprétation du Radeau de la Méduse de Géricault rebaptisé la Triangulation des Bermudas.

http://www.dailymotion.com/video/xbouw2

[...] cabinet dans Culture

  PAELLA ?. Saisir la composition d’une œuvre, c’est la comprendre en partie. La Triangulation des bermudas est une interprétation du Radeau de la Méduse, de Géricault dans laquelle j’ai exacerbé les triangles qui composent le tableau de la version originale en rajoutant le petit personnage qui se prélasse dans la voile et ce slogan  : « Combien y seront arrivés, si l’on excepte les parvenus ». La toile est à l’origine un des éléments d’un diptyque, le deuxième volet représente une terre promise, une île d’accueil pour migrants.

Exposition Paella ? au Cabinet d’amateur, 12, rue de 
la Forge-Royale, Paris 11ème, jusqu’au 3 janvier.

Vidéo et texte L. Servin

 

http://autopsiedugreco.com/pres/franc/fcpres.htm :

 

Communiqué de presse

Le Greco décodé par un peintre


Dans le roman qu’il vient de publier – Autopsie du Greco – Paella nous offre d’inédites clés de lecture de l’œuvre
du peintre du 16e siècle. Savamment mêlée à une intrigue policière digne d’un épisode de la série TV Columbo,
son enquête sur le peintre d’origine crétoise nous dévoile un aspect de son oeuvre totalement ignoré à ce jour :
la dissimulation de symboles élémentaires au sein de ses compositions les plus connues,
telle son chef-d’œuvre l’Enterrement du comte d’Orgaz (1588).

 

Rares sont les occasions où le lecteur passe de l’état de témoin d’une histoire à celui d’acteur.
Avec cette autopsie, non seulement le lecteur-acteur tombe dans le tableau, mieux que dans le panneau,
mais il en vient même à douter du caractère fictif de l’histoire. Autrement dit : et si ce que Paella écrivait était vrai ? Ce qui est vrai, c’est la réussite de ce premier roman.
Philippe Bertrand, France Inter

 

[Lire la suite]

 

A voir sur : archeologue.over-blog.com/

Paella Chimicos: tracts collés dans la ville, art de la libre expression

 

Publié dans Culture | Pas de Commentaires »

Délation

Posté par communistefeigniesunblogfr le 25 août 2009

L’Humanité.fr

Les sans-papiers victimes de guet-apens

Marie Barbier

Immigration. Après le Crédit lyonnais, des agents de Pôle emploi et de l’Urssaf sont accusés d’avoir dressé des souricières pour arrêter des clients en situation irrégulière.

« Je ne pense pas que ce soit dans nos obligations de tendre des pièges à nos clients sans papiers. » Ironique, Chantal Lamy, de la CGT LCL (ex-Crédit Lyonnais), n’en est pas moins outrée. Au début du mois, certains de ses collègues ont tendu un véritable guet-apens à un client en situation irrégulière (lire l’Humanité du 14 août).

Convoqué dans son agence d’Aulnay sous bois (Seine-Saint-Denis) pour récupérer sa carte bleue, Mamadou, client de la banque depuis huit ans, s’est retrouvé face aux forces de l’ordre venues l’arrêter. Après cinq jours de rétention à Bobigny, ce Malien de 33 ans a été libéré par le juge des libertés pour « interpellation déloyale ». « On a un certain nombre d’obligations légales, précise Chantal Lamy. C’est une chose de refuser d’effectuer une opération faute de papiers en règle. Mais c’en est une autre de dresser une souricière. » Le syndicat demande à la direction de LCL de « s’engager à donner des instructions fermes pour que de tels comportements ne reproduisent plus ».

Suite de l’article

 

 

Publié dans Luttes, Politique nationale, Sans Papiers - Immigration | Pas de Commentaires »

12
 

ahmed remaoun |
Fabrice FRICHET |
LE BLOG EDUCATIF |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | ALGERIE/ PARTIS POLITIQUES/...
| MATTNA
| Bloc-notes de Raoul d'Andrésy