France Télécom : le travail des « nettoyeurs » : 22 000 suppressions en trois ans !

Posté par communistefeigniesunblogfr le 21 septembre 2009

Publié sur :

Bakchich.infoSur le fil / 18 septembre / Anthony Lesme, Lucie Delaporte

 

France Télécom : « Orange stressé »

 

 Avec le journaliste Ivan du Roy*, épluchons les différentes peaux de l’Orange stressé. Au centre du rouleau compresseur : l’État qui épouse des logiques libérales extrêmes.

http://www.dailymotion.com/video/xais68

 

 Extrait :

Le volet « social » du plan NEXT (Nouvelle expérience des télécoms) est baptisé ACT (Anticipation et compétences pour la transformation) par la direction des ressources humaines.

[...]

En clair : il faut, d’une part, continuer à pousser des salariés vers la sortie en inventant une kyrielle de dispositifs pour les y inciter et, d’autre part, muter au gré des multiples réorganisations, fermetures et ouvertures de site, une grande partie du personnel en place. Derrière l’alléchante vitrine de ses performances commerciales et financières, le plan NEXT se traduit par 21 602 suppressions nettes d’emplois, si l’on se réfère à l’évolution de l’effectif social permanent de l’entreprise, présenté dans son bilan annuel. Soit 17 % du personnel. « En trois ans, de 2005 à fin 2008, 22 000 emplois, la plus forte restructuration depuis la crise de la sidérurgie du début des années 1980 ont été supprimés sans aucune négociation ni même concertation, avec les organisations syndicales ! Une première en Europe ! Une première également dans le monde occidental ou dans les économes avancées ! [7] », commente Pierre Morville, délégué syndical de la CFE-CGC et membre de l’Observatoire du stress. De son côté, Le Figaro évoque une « véritable révolution » pour « rester compétitif dans un secteur des télécommunications très concurrentiel [8] ». France Télécom fait même mieux que le ministère de l’Éducation nationale, dont les suppressions de postes d’enseignants s’élèvent à 21 500 sur la même période, de 2006 à 2008.

[7] Pierre Morville, « Le gâchis humain à France Télécom », in Observatoire du stress et des mobilités forcées, Orange stressé, agir contre le stress chez France Télécom, op. cit.

[8] Le Figaro, 14 juin 2007.

[Article complet sur bakchich.info/]


* Ivan du Roy est journaliste à Témoignage Chrétien et du site Internet Basta !. Il est l’auteur de l’ouvrage « Orange stressé, Le management par le stress à France Télécom » qui sortira le 1er octobre prochain aux Editions La Découverte. Pour E24, il explique les raisons du stress des salariés de l’entreprise au sein de laquelle les suicides se multiplient.

Lire l’article de E24 : A France-Télécom, les salariés sont des « lignes comptables »

 

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Le mobbing, vous connaissez ?

Posté par communistefeigniesunblogfr le 18 septembre 2009

La vidéo ci-dessous est une fiction mais elle renvoie à une situation bien réelle. Selon Loïc Scoarnec, il existe maintenant des « nettoyeurs » dont le rôle inavoué est de faire craquer des salariés, dans le cadre d’une restructuration d’entreprise.

Extrait n°1 sur 10. De gré ou de force, un téléfilm de Fabrice Cazeneuve (France, 1998 –86 mn) Scénario : Laurent Chouchan, Sarah Levy.

Medic-Hall, filiale de la GFI (Générale financière d’investissement) spécialisée dans la vente de matériel médical, regroupe une dizaine d’employés. Dans le cadre de la restructuration du groupe, la GFI décide de se débarrasser du personnel de Medic-Hall en utilisant une méthode qui permettra d’éviter toute indemnité de licenciement. Traque systématique de la moindre faute professionnelle, humiliations, tâches ingrates, tous les moyens sont bons pour pousser à bout les employés transformés en victimes. Ce jeu de massacre est orchestré par Sébastien Jalabier, redoutable spécialiste du « dégraissage »… Liquidation totale

Avec : Julien Boisselier (Vincent), Philippe Duclos (Jalabier), Laurent Arnal (Philippe Gentais), Marie Desgranges (Nora), Philippe Faure (Max), Joseph Falcucci (Joseph), Isabelle Habiague (Corinne), Christian Pereira (Charles).

Pour voir la vidéo, suivre ce lien

En cliquant deux fois sur la vidéo, vous arriverez sur le site de Daily Motion et vous pourrez ainsi accéder aux autres extraits.

 

Quelle est aujourd’hui la valeur d’un être humain dans le monde du travail ?

 

Cette question, Arte la posait déjà en février 2001, dans son émission Théma consacrée au harcèlement moral au travail.

http://archives.arte.tv/societe/mobbing2/ftext/thema.htm

 

Extrait de la page : MOBBING : INTRODUCTION – DEFINITIONS

http://archives.arte.tv/societe/mobbing2/ftext/definition.htm

 

Bien que le harcèlement moral au travail soit aussi vieux que le travail lui-même, ce n’est que dans les années 1980 qu’il a été identifié par Heinz Leymann sous le terme de « Mobbing », terme anglais qui signifie « l’action d’une foule assaillant une personne ».
Selon un avis de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme du 29 Juin 2000, le Mobbing remet en cause les principes contenus dans les textes fondateurs des Droits de l’Homme et constitue une atteinte à la dignité du salarié, à l’intégrité de sa personne et à son droit au travail. Il met en danger, non seulement l’équilibre personnel, mais également la santé de l’individu et de sa famille.

De nombreuses définitions du Mobbing ont été données, afin de montrer la complexité du phénomène, nous vous en proposons quelques unes d’entre elles ci-dessous.


Le mobbing, vous connaissez ? dans ECONOMIE point Pour Heinz Leymann, psychosociologue suédois, « le concept de Mobbing » (qu’il a qualifié de psychoterreur) Le mobbing désigne une relation conflictuelle sur le lieu de travail, aussi bien entre collègues qu’entre supérieurs et subordonnés. La personne harcelée, la victime, est agressée de façon répétitive sur une période de six mois au moins, le but étant de l’exclure.
Cette définition est accompagnée d’une liste de quarante-cinq comportements pouvant caractériser la mise en place d’un Mobbing.

point dans SOCIAL La proposition de loi déposée par le groupe communiste dirigé par le Député Georges Hage propose de définir le harcèlement moral au travail comme  » un harcèlement par la dégradation délibérée des conditions de travail « .  (Voir l’interview)

point dans Souffrance au travail Pour l’association Mots pour Maux au travail, le harcèlement moral est un ensemble de conduites ou d’agissements infligeant une souffrance sur le lieu de travail, de façon durable, répétitive et/ou systématique par une ou des personnes à une autre personne, par tous les moyens relatifs aux relations, à l’organisation, aux contenus ou aux conditions de travail en les détourant de leur finalité, manifestant ainsi une intention consciente ou inconsciente de nuire ou d’exclure.

point Pour Philippe Ravisy, juriste, le harcèlement professionnel est un comportement fautif répété dont le caractère vexatoire, humiliant ou attentatoire à la dignité perturbe l’exécution du travail de la personne qui en est victime.

point Pour Christophe Dejours, un des premiers chercheurs français à s’être intéressé aux conditions d’exécution du contrat de travail et à la socio-psychologie de la relation de travail, estime que « le harcèlement moral est une forme clinique de l’aliénation sociale dans le travail résultant de contraintes psychiques exercées de l’extérieur sur un sujet par l’organisation du travail, par les modes de gestion et d’évaluation ou de direction de l’entreprise « .

point Pour Marie-France Hirigoyen, psychiatre, le harcèlement moral au travail est : »toute conduite abusive se manifestant notamment par des comportements, des paroles, des actes, des gestes, des écrits, pouvant porter atteinte à la personnalité, à la dignité ou à l’intégrité physique ou psychique d’une personne, afin de mettre en péril l’emploi de celle-ci ou dégrader le climat de travail ».

 

 Musique

Sur un air de rock festif, le Groupe de Rock Virtuel Ecchymose a composé la chanson « M’Harcel » dont les paroles mettent au grand jour ce que beaucoup vivent d’une manière cachée.

http://www.dailymotion.com/video/x89vro

 

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Harcèlement au travail : Injures, humiliations, mises au placard… le quotidien d’un nombre de plus en plus grand de salariés du privé et du public

Posté par communistefeigniesunblogfr le 18 septembre 2009

« On peut tuer quelqu’un sans même le toucher du doigt, en attaquant son âme avec des armes morales : chagrin, soucis lancinants, douleurs. Et beaucoup plus de personnes sont assassinées par cette méthode que par la violence ». (Jérémias Gotthelf) 

(Source : http://rhmt.free.fr/)

 

Rue89 publie un article sur le harcèlement moral au travail qui permet de bien comprendre ce que subissent les salariés de nombreuses entreprises privées ou d’État. Je vous invite à lire cet article et à écouter la vidéo de Loïc Scoarnec, président de HMS (Harcèlement Moral Stop). Ce qu’il décrit c’est ce qui se vit quotidiennement à France Télécom et à la PJJ.

A lire également à la suite de cet article, en page 2 des commentaires, le texte intitulé : « L’aigle a déployé ses ailes », extrait du titre inédit : « La consolation » – chapitre 4, mis en ligne par « uleski ».

 

A noter que cet après-midi, se tient à Lyon le procès au pénal de l’entreprise de messageries DHL et de l’un de ses cadres de Vénissieux poursuivis par trois employées de cette plate-forme qui affirment avoir subi de la part de ce cadre des pressions psychologiques répétées sur leur lieu de travail.

C’est en 2007 que le CE de DHL Vénissieux et l’union locale CGT avaient décidé de porter plainte. La direction de DHL nie les faits mais les témoignages sous le couvert de l’anonymat de plusieurs autres employés semblent bien révélateurs de  tensions au sein de cette plate-forme.

 

Accueil par David Servenay – 18 septembre 2009

Avec la crise, on harcèle plus, plus vite et plus fort

 L’association Harcèlement moral stop (HMS) recense 3 150 cas en un an (+40%). Tous les salariés sont concernés.

Ils sont désormais légion : en moyenne, 262 « signalements exploitables » reçus chaque mois par HMS. En clair, des cas avérés de harcèlement moral au travail. Loïc Scoarnec, président de HMS lance en guise de préambule :

 

« Avant de présenter ces données statistiques, il faut souligner le nombre très important et en nette augmentation des arrêts maladie pour syndromes dépressifs réactionnels. »

Histoire de rappeler que le harcèlement moral a des conséquences graves et durables dans la vie des salariés qui en sont atteint.

[Lire la suite sur eco.rue89.com/]

 

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89

 

Marie Pezé interviewéé par Rue89 : « Revenons vers la solidarité au travail »
http://www.dailymotion.com/video/x6wexw

 

« Ce sont les salariés les plus attachés au travail qui craquent en premier »

http://www.dailymotion.com/video/x6wf96

 

Marie Pezé a publié : « Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés« . Après avoir mis en garde le lecteur, « Vous n’en sortirez pas indemne », elle décrit au fil des pages « une orgie de violence sociale ».

Derrière l’Ukraine et les USA, la France est le troisième pays où les dépressions au travail sont les plus nombreuses. A travers trois secteurs professionnels – la banque, les plateformes téléphoniques, la sidérurgie –, le réalisateur Paul Moreira dissèque ces méthodes de travail, de management, d’organisation au pouvoir destructeur. Devant la caméra, les témoignages d’hommes et de femmes écrasés, usés, brisés par leur vie professionnelle. Travailler à en mourir, un documentaire Infrarouge poignant et alarmant.

Travailler à en mourir (cliquer sur les liens ci-dessous)

http://www.dailymotion.com/video/x58vnl_travailler-a-en-mourir-partie-3_news

http://www.dailymotion.com/video/x58v36_travailler-a-en-mourir-partie-1_news

 

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Protection judiciaire de la Jeunesse de Paris : Autoritarisme, Maltraitance des Personnels, Souffrance professionnelle, Ça suffit !!!

Posté par communistefeigniesunblogfr le 18 septembre 2009

 

Tentative de suicide de la directrice départementale de la Protection

judiciaire de la Jeunesse de Paris

Mardi matin, la Directrice départementale de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) a tenté de se suicider en se jetant par la fenêtre du 3e étage des bureaux de la PJJ. Cet acte désespéré est le résultat des pressions insupportables et permanentes que subissent les personnels. À la PJJ, comme à France Télécom, le management est, semble-t-il, souvent brutal et génère angoisse et stress.

Le SNPES-PJJ FSU, syndicat majoritaire à la PJJ, a décidé d’interpeller Michèle Alliot-Marie, Garde des Sceaux, et le  Directeur de la PJJ.

Lire le communiqué du SNPES-PJJ FSU

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USM-CGT des chantiers de Saint-Nazaire : « Le temps des négriers est révolu ! »

Posté par communistefeigniesunblogfr le 17 septembre 2009

Publié sur : http://bellaciao.org/fr/

ISP, des salariés qui souffrent et décident de se battre  !
jeudi 17 septembre 2009

USM-CGT des chantiers de Saint-Nazaire :

de USM-CGT Saint-Nazaire

Les salariés d’ISP, sous-traitant de STX, exigent le respect de leur dignité, la fin des pressions et la fin de la répression anti-syndicale dont sont victimes les élus CGT.

Les directions de STX et d’ISP sont responsables de la situation.

Dès l’arrivée d’ISP sur le site, l’USM-CGT avait dénoncé que l’appel d’offres aux rabais, sans contenu social allait fortement peser sur les conditions de vie et de travail de ces salariés.

Les salariés rondiers et gardiens d’ISP ont très vite constaté une détérioration considérable de l’ambiance de travail depuis l’arrivée du nouveau Chef de Site.

De nombreuses agressions morales sont quotidiennement exercées depuis contre plusieurs salariés d’ISP.

Mais il y a plus grave. La volonté de ce responsable à étouffer l’action syndicale est devenue flagrante.

L’USM-CGT n’a eu de cesse, au cours de ces deux années, de dénoncer auprès de la direction de STX et de l’inspection du travail ce terrorisme antisyndical.

Aujourd’hui, par delà les bonnes paroles et les discours lénifiants des directions d’ISP et de STX, l’évidence s’impose  : qui ne dit mot consent. La direction de STX soutient la politique de casse sociale et d’intimidation des salariés poursuivie avec brutalité par la direction de d’ISP.

Ces faits sont graves et méritent l’attention de l’ensemble des salariés du site naval.

[Lire la suite…]

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France Télécom : Le « J’accuse » de DYDO 5403

Posté par communistefeigniesunblogfr le 16 septembre 2009

Lettre ouverte au PDG de France Télécom

 

Pour France Télécom, il n’a plus de nom. Comme ses collègues, à chaque fois qu’il doit effectuer une transaction, il est identifié par un code comportant quatre lettres et quatre chiffres. Le sien, c’est DYDO 5 403 et c’est donc ainsi qu’il a choisi de signer cette « lettre ouverte » à son PDG. Il y a six ans, déjà, en 2002, il avait tenté de mettre fin à ses jours dans le bureau d’un cadre. Le service dans lequel il officiait comme technicien qualifié à la gestion du réseau était promis à la fermeture. France Télécom lui avait proposé trois postes, tous des emplois de plate-forme téléphonique, n’ayant rien à voir avec son métier. « Je suis un technicien, pas un commercial », répétait-il alors, refusant les offres. Il fut donc « muté d’office ». C’est la procédure. J’avais vingt-six ans de carrière, et deux mois ont suffi pour tout démolir », raconte-t-il. Après dix mois d’arrêt, DYDO 5 403 a dû accepter un poste « bas de gamme », comme il dit.

Il tire des fils toute la journée mais il a choisi « de ne plus se taire ». Dans sa commune de 6 000 habitants où il se fait élire comme conseiller municipal, puis dans son syndicat, la CGT, il retrouve un nom. Et contribue à créer un groupe de travail sur la question. « Il fallait briser le tabou, combattre l’idée que les suicides tiennent à des causes personnelles. c’est le travail qui fait craquer. Depuis que la CGT se préoccupe de la souffrance au travail, certains salariés reprennent nos tracts », témoigne Marie Barot, secrétaire générale de la CGT Fapt du département de Haute-Savoie, qui soutient son initiative. DYDO 5 403 a choisi personnellement de s’adresser à Didier Lombard, PDG de France Télécom, convoqué aujourd’hui par le ministre du Travail, Xavier Darcos. Pour lui, ne plus se taire c’est aussi un moyen de tenir le coup. Son « J’accuse », que vous pouvez lire ci-après, a été transmis, hier, à son chef afin de remonter les échelons hiérarchiques : direction des ressources humaines locale, direction territoriale Centre-Est, puis, direction générale.

Paule Masson

Lettre ouverte

Devant le désastre humain de ces derniers jours, je me permets de vous interpeller pour apporter ma vision d’agent France Télécom sur ce séisme que vous n’avez pas vu venir, enfermé que vous êtes dans votre tour de Babel. J’estime de mon devoir de vous faire part de mes réflexions pour comprendre comment on en est arrivé là. Je suis convaincu que vous n’avez pas le monopole de la vérité, malgré votre fonction de PDG.

Avec les PDG qui vous ont précédé, MM. Bon et Breton, vous avez planifié, programmé avec des juristes, des experts, des consultants, des organismes de formation pour cadres, une politique de management et organisationnelle pour mettre sur les rails du capitalisme pur et dur notre entreprise. À travers cette politique, vous avez laminé les syndicats, vous avez éloigné inexorablement les centres de décisions en augmentant les territoires des directions régionales, ne laissant sur le terrain au plus près de vos agents que quelques petits chefs issus de leurs rangs pour servir de liens.

La première grosse erreur de cette politique a été de spolier l’identité professionnelle de la majorité de vos agents venant des PTT avec de réelles formations de métiers. Le lien sur le terrain dévolu à ces cadres « N+1 » n’avait plus rien de social. Ce n’était, ce n’est qu’un relais pour mettre en place vos méthodes, vos processus, vos directives, vos aspirations de suppressions d’emplois, pour être crédible auprès des marchés financiers. Beaucoup ne se rendent pas compte du rôle que vous leur avez fait jouer ou qu’ils jouent encore.

Les syndicats, parlons-en… Stratégiquement, là aussi tout était planifié. Par des restructurations incessantes, vous les avez confinés année après année, changement de périmètre après changement de périmètre, dans un travail de réorganisation permanent pour répondre à votre mise en place des institutions représentatives du personnel (lRP). Vous avez voulu des syndicats affaiblis. Vos fiançailles avec les marchés financiers, les actionnaires, vous ont poussé à détruire insidieusement les contre-pouvoirs garants des équilibres sociaux. Certainement au-delà de vos espérances…

Oui, pendant des années, devant le peu de lutte collective d’envergure, vous avez cru gagner. Vous pensiez, comme notre président de la République, que « quand il y a une grève à France Télécom, on ne s’en rend plus compte ». En surfant sur la démagogie et sur l’individualisation à outrance, vous avez mis en place votre politique de restructurations incessantes de vos services.

Après la perte d’identité professionnelle, la perte d’identité géographique : mobilités forcées, imposées. Avec à la clé un travail répétitif, sans autonomie, à la place d’un vrai métier.

Quel projet proposez-vous à ces personnels en errance pour se reconstruire ? Votre projet d’entreprise ? Croyez-vous sincèrement qu’ils puissent y adhérer ? Quel manque de discernement !

Pour casser toute velléité, mise en place d’un management impitoyable, infantilisant, ou dans chaque parole des cadres on entend les mêmes réponses, les mêmes allégations, les mêmes phrases, les mêmes arguments, à la virgule près, pour nous faire accepter l’inacceptable. Sans oublier les chiffres, les indicateurs… Ces années que vous avez planifiées sont d’une violence inouïe. Je suis sûr que l’histoire le jugera un jour ou l’autre. Et voilà que cette violence vous revient en pleine figure, comme un boomerang.

Vous avez cru gagner mais vous avez perdu. Ne laissant que peu d’espace à l’expression démocratique, aux luttes collectives, aux résistances organisées, en méprisant la représentation syndicale (il suffit de lire les réponses faites aux questions des délégués syndicaux et des délégués du personnel où ne transpirent qu’arrogance, suffisance, mépris), vous n’avez pas vu ou pas voulu voir apparaître depuis quelques années une nouvelle forme de lutte insidieuse, souterraine : le suicide… La nature a horreur du vide. Sur les conseils éclairés de certains experts ès communications à la solde des décideurs économiques et politiques, vous avez fanfaronné, dénié ce sujet. Vous avez sali la mémoire des premiers collègues disparus en les méprisant, en cantonnant leur geste désespéré dans des problèmes familiaux, personnels.

Quelle erreur, quel dédain, quelle suffisance ! À force de ne côtoyer que les arcanes des pouvoirs politiques, économiques, médiatiques, on en devient aveugle… Les travailleurs, les gens de peu, les millions de personnes n’ayant pas de Rolex à cinquante-cinq ans n’existent plus…

Et pourtant, la médecine du travail, malgré son peu de moyens, vous alertait. Les comités d’entreprises (CE), les comités d’hygiène et de sécurité (CHSCT) aussi. Mais la victoire est une drogue douce, elle enivre, elle isole, elle grise. Votre rouleau compresseur écrasait tout sur son passage. Les bénéfices année après année justifiaient vos choix auprès des marchés. Vos actionnaires vous remerciaient…

Devant ce no man’s land de luttes dignes de ce nom, ces signaux puérils de détresse ne vous inquiétaient pas. La puissance de votre communication étouffera à travers les médias ces résidus de gêne d’image de la marque, pensiez-vous. La voie royale du libéralisme était dégagée. On a gagné ! on a gagné ! Et puis le grain de sable. Vos agents hommes, femmes qui veulent vivre debout, dignes, devant votre mutisme, osent symboliquement perpétrer leur suicide sur leur lieu de travail. Crime de lèse-majesté…

En réponse, toujours votre mépris. Pour calmer les médias, vous faites dire par un de vos directeurs : « À France Télécom, on ne se suicide pas plus qu’ailleurs. » Quelle gaffe ! Quel camouflet pour ces hommes et ces femmes ! Vous rendez-vous compte où vous a mené votre aveuglement ? Obliger vos agents avant leur dernier geste à bien préciser qu’ils n’avaient pas de problèmes familiaux, financiers ou autres. Leur problème, c’est bien France Télécom, c’est bien la politique managériale que vous avez mise en place. C’est une violence supplémentaire à laquelle je ne trouve pas de nom. C’est une insulte à la dignité de ces personnes et à leur famille. Ce que j’ai écrit et affiché sur mon lieu de travail avant les événements du 10 septembre 2009 (un collègue qui se poignarde) et du 11 septembre (une collègue qui se défenestre), malheureusement me donne raison : « Le pire est à venir. »

Votre réunion du 10 septembre dernier n’apporte qu’une partie des réponses aux attentes de ces centaines d’agents en stand-by. La mise en place d’un audit extérieur, quelle désillusion, quel manque de respect pour vos équipes de médecine du travail, des élus du CE et du CHSCT qui n’ont eu de cesse de vous alerter, signaler les dérives, les ravages de votre politique à travers des rapports. Peut-être étaient-ils rédigés en chinois et vous n’avez pas daigné les traduire ?

Il est encore temps de les lire…

À l’heure où nous en sommes, que vous reste-t-il pour demeurer crédible auprès de vos agents ?

Soit vous reconnaissez publiquement votre responsabilité dans la souffrance de vos agents, avec en parallèle de véritables négociations avec les syndicats pour infléchir cette politique.

Cette décision serait un geste fort, à même de calmer cette spirale infernale. Elle demande du courage et du coeur… Soit vous restez droit dans vos bottes en niant les relations de cause à effet de votre politique et là, effectivement, je redoute le pire…

Je n’accepterai pas, pour ma part, la troisième solution qui se dessine. C’est-à-dire la mise en place du repérage des agents potentiellement à risque pour un traitement individualisé pour les éradiquer, les gommer, les culpabiliser, les stigmatiser et recommencer comme si rien n’était arrivé.

Veuillez accepter cette humble contribution à votre réflexion ; humainement, pour tous mes collègues, je ne pouvais plus me taire.

Malgré la souffrance qui m’écorche, recevez mes respects.

Ceci est mon « code alliance » à France Télécom, car en tant qu’être humain, je n’existe plus depuis 2002 dans votre entreprise.

DYDO 5403

 

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France Télécom : grève contre les conditions de travail

Posté par communistefeigniesunblogfr le 10 septembre 2009

Nouveau drame chez France Télécom

Troyes :
Un salarié a tenté de se suicider mercredi en pleine réunion. Il venait d’apprendre que son poste était supprimé.

«Ce collègue avait un travail valorisant. Il faisait de la maintenance chez des clients professionnels. Il a appris qu’il ferait désormais des dérangements chez les abonnés grand public, a indiqué Régis Pigre, délégué SUD sur le site de Troyes. Il a démarré en bas et a travaillé pour monter. Du jour au lendemain, on lui dit que maintenant il fera un travail moins intéressant.» (Source : liberation.fr/)

France Télécom employait 101 009 salariés fin 2008 contre 141 061 en 2002.

«  on pousse les gens vers la sortie sans dispositif d’accompagnement sérieux. Nous sommes une société privée en secteur concurrentiel, il faut faire du chiffre et il y a une volonté délibérée d’éjecter les fonctionnaires. » Les anciens sont remplacés par « des jeunes de 20 ans, en CDD, qui ne rechignent pas sur les heures tardives et qui travaillent aussi le samedi, renchérit Anne-Marie, déléguée SUD-Télécom. Nous, nous sommes considérés comme des verrues ». Des médecins du travail ont plusieurs fois tiré la sonnette d’alarme, en vain, certains ont même démissionné parce que la direction de France Télécom ne tenait pas suffisamment compte des rapports qu’ils lui adressaient. (Source : jeanmarcelbouguereau.blogs.nouvelobs.com/)

 C’est le 23ème suicide depuis janvier 2008.

Comme l’explique Jean-Pierre Soubrie, psychiatre à l’Hôpital Américain de Paris, « les vagues de suicides dans les grandes entreprise comme EDF, Renault ou France Télécom ne sont pas une succession de hasards. Elles sont la preuve de la grande pression que peuvent subir certains salariés sur leur lieu de travail, ou dans une organisation sociale déterminée.«  (Source : lexpansion.com/)

 

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Fanny Doumayrou

Le management France Télécom sur le grill

Santé. Après une vague de suicides de salariés cet été, six syndicats de l’ex-opérateur téléphonique public mobilisent aujourd’hui sur les conditions de travail.

Treize ans après le passage en société anonyme, douze ans après l’ouverture du capital, France Télécom en est aujourd’hui à défrayer la chronique pour les suicides touchant ses salariés. Hier encore, un technicien du centre d’intervention de Troyes a tenté de se suicider en se plantant un coup de couteau en pleine réunion d’équipe, alors que la suppression de son poste venait d’être confirmée. Un nouveau drame, alors que les six syndicats de l’opérateur téléphonique (CGT, FO, SUD, CFTC, CFDT et CGC) appellent aujourd’hui les personnels à une journée d’action (avec grève pour les trois premiers), sur le thème de la souffrance au travail, à l’occasion d’une réunion du Comité national pour l’hygiène, la santé et les conditions de travail (CNHSCT), auquel participera de façon exceptionnelle le DRH du groupe, Olivier Barberot.

[Article complet]

 

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Publié sur :

Bakchich.infoJeudi 10  septembre – Hélène Caubel, Lucie Delaporte

France Télécom se fait label

Les syndicats appellent ce jeudi à une journée de mobilisation pour alerter sur la situation sociale dans l’entreprise. En pro de la com’, la direction s’est offert juste avant l’été un beau label de « responsabilité sociale ».

Alors que la comptabilité macabre sur les suicides à France télécom se poursuit (six depuis le printemps) les syndicats ont appelé aujourd’hui à une journée d’action pour dénoncer la casse sociale et « le management par la peur » dans l’entreprise.

Casse sociale à France Télécom ? Impossible. L’opérateur téléphonique n’a-t-il pas reçu juste avant l’été « le label de responsabilité sociale pour ses centres de relation client » ? Bakchich s’est intéressé aux coulisses, peu reluisantes, d’une telle distinction.

[Lire la suite…]

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En 2004, dans « La machine à broyer« , Dominique Decèze, journaliste, spécialiste des relations sociales et de la santé au travail,  dénonçait déjà la transformation à marche forcée de l’entreprise, mettant en cause les dirigeants de France Télécom et leurs méthodes de management.

« En six ans, près de 40 000 emplois ont été supprimés, soit le quart du personnel. (..) Selon moi, elles[ces suppressions d'emploi] ont été rendues possibles grâce à des méthodes légales et illégales. Ce sont d’abord des départs – voulus ou non – en retraite et préretraite. Ensuite, il y a les mutations vers d’autres corps de la fonction publique. Cela a concerné 700 personnes en 2003. Enfin, il y a les départs volontaires comme les démissions. C’est cette dernière solution qui me semble la plus suspecte et susceptible de cacher des pratiques de harcèlement moral. La sénatrice communiste, Marie-Claude Beaudeau, s’est d’ailleurs intéressée de près à cette question et a recueilli nombre de témoignages d’agents de France Telecom. Un cadre lui a, par exemple, affirmé qu’il avait pour consigne de traquer les moindres erreurs professionnelles permettant de sanctionner les agents et de les signaler à sa hiérarchie.« 

(Source : novethic.fr/ )

[Lire la suite de l’article : France Telecom : les salariés paient un lourd tribut aux transformations]

 

10 sept. – lemonde.fr – Revue de presse des JT de la mi-journée

http://www.dailymotion.com/video/xafz8d

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Suicide au travail

Posté par communistefeigniesunblogfr le 30 mars 2009

Article paru dans l’Humanité – 15 avril 2008

enquête

Le harcèlement, une pratique de management

Les suicides au travail ne sont pas le lot des seules grandes entreprises. Bien souvent, ce geste désespéré révèle une pratique de gestion du personnel par la pression et le harcèlement. Enquête au sein d’une société de télésurveillance, la Générale de protection.

Un dépit amoureux, voilà comment le directeur des ressources humaines de Peugeot avait expliqué le suicide d’un de ses salariés. C’était en 2003. Le malaise était là, mais les suicides au travail étaient encore rares, ou non dits. Depuis, les grandes entreprises ne peuvent plus taire la terrible vérité. Peu à peu, l’ampleur du phénomène perce, plus seulement pour les géants du CAC 40. Le 28 février dernier, une cadre de la Générale de protection, entreprise de télésurveillance de 600 employés, a mis fin à ses jours. Dans l’indifférence générale. Depuis une dizaine d’années dans l’entreprise, elle gérait une équipe de 27 personnes comme responsable d’exploitation du poste de contrôle de Fontenay-sous-Bois, dans le Val-de-Marne. La direction n’a pas officiellement réagi. Contactée par l’Humanité, elle a fait savoir que son PDG est « injoignable pour raisons personnelles » depuis vendredi dernier, 11 avril, jusqu’à mercredi prochain, 16 avril. Visiblement, elle s’est empressée d’étouffer l’affaire, laissant courir le bruit qu’il s’agirait, là aussi, d’un dépit amoureux.

Pour les salariés, la pilule est amère. Cette cadre, de trente-huit ans, a été vue, plusieurs fois en pleurs en redescendant du bureau de son supérieur. En arrêt maladie depuis plusieurs mois pour dépression nerveuse, elle avait dû séjourner en maison de repos. Un de ses amis avait alerté la direction sur son état suicidaire et affirme aujourd’hui que son geste « est lié à 80 % à son travail ». Pour William Mouzaïa, élu du personnel et représentant CGT au comité d’hygiène et de sécurité (CHSCT), ce drame illustre « la grande défaillance de management de la société » dans laquelle « le harcèlement est monnaie courante ». Jean-Marc Vilocy, ancien délégué syndical CGT, qui a dû prendre un congé sabbatique « pour prendre l’air et ne pas dépérir », considère aussi qu’elle « est une victime » dans un contexte ou « la pression est un mode de management ».

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Suicide au travail

Posté par communistefeigniesunblogfr le 30 mars 2009

L’Humanité.fr

Suicide : la vie brisée d’un syndicaliste

Philippe Widdershoven, cinquante-six ans, s’est donné la mort la semaine dernière. Directeur informatique, passé à la CGT, du groupe de porcelaine Deshoulières touché par un plan social, il a laissé une lettre qui met en cause la nouvelle direction.

Chauvigny (Vienne), envoyé spécial.

C’est l’histoire d’un haut cadre devenu cégétiste, d’un type respecté par ses collègues et son ancien patron, d’un père de famille qui a décidé de se donner la mort, mardi 24 mars. Le corps de Philippe Widdershoven, cinquante-six ans, directeur informatique du groupe de porcelaine Deshoulières à Chauvigny (Vienne), a été retrouvé dans l’étang de Morthemer, la petite commune où il habitait. Le même jour, Dominique Multeau, son prédécesseur à la tête du syndicat, a trouvé sur la table du local de la CGT une lettre dans laquelle il met nommément en cause la nouvelle direction de l’usine

 

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La mort au travail

Posté par communistefeigniesunblogfr le 25 février 2009

 

Appel de la fondation Copernic

La mort au travail

C’est sous ce titre « travailler tue en toute impunité :
pour combien de temps encore ? »

que La fondation Copernic lance un appel :

 

En effet « le nombre officiel des maladies professionnelles reconnues a explosé : 13 658 en 1996, 52 979 en 2005. Le nombre d’accidents du travail graves et mortels reste très élevé : 537 décès en 2006 soit 13% de plus en un an »

Sans compter que « les suicides directement liés au travail sont estimés à 400 par an »

De plus « plusieurs millions de salariés sont exposés […] à des produits connus pour être cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction »comme par exemple l’amiante.

« Cette situation résulte de politiques d’entreprises tant privées que publiques pour lesquelles les coûts sociaux doivent être toujours plus compressés »

« L’inspection du travail comme la médecine du travail n’ont toujours pas les moyens d’assurer leurs missions ».

La fondation y va fort elle parle : de « délinquance patronale » demande qu’elle soit enfin sanctionnée », et « que des moyens humains et financiers soient dégagés pour que la justice puisse réellement faire son travail ».

- Pétition en ligne sur le site de la fondation Copernic :
www.fondation-copernic.org

 

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