Daniel Dewalle à Houdain : « Pas question de durer pour durer »

Posté par communistefeigniesunblogfr le 23 mai 2010

Laurence Mauriaucourt

A Houdain, Daniel Dewalle a « pris le risque de la

démocratie »

Le maire communiste d’Houdain a adressé une lettre de démission à ses administrés et au préfet. Il « demeure conseiller municipal et militant communiste convaincu » qui se bat pour le service public.

Houdain (Pas-de-Calais), correspondance.

Pas question de durer pour durer. À soixante-quatre ans, Daniel Dewalle, maire d’Houdain (7 800 habitants), petite commune de l’ex-bassin minier du Pas-de-Calais, a démissionné, après deux mandats, le 1er avril. L’ancien éducateur de la protection judiciaire de la jeunesse a souhaité passer la main à Marc Kopaczyk, cinquante ans, cheminot à l’origine de la révolte des propriétaires des maisons Carpi, dans les années 1990. Des subprimes avant l’heure. Après plusieurs années de grève des loyers, les familles avaient obtenu gain de cause devant les tribunaux face à des taux d’emprunts usuriers. Pour Daniel Dewalle, pas de doute, le nouveau maire, « avec son expérience et son style à lui », saura à son tour s’opposer aux injustices chaque fois qu’il le faudra. Coupures de presse et tracts jaunis en main, l’ancien maire (également conseiller régional jusqu’en mars dernier) n’a de cesse de relater comment il a mobilisé population, médias, élus locaux pour des « affaires » qui l’ont conduit au moins une quinzaine de fois devant le tribunal administratif de Lille. Expulsions locatives, coupures de gaz, d’eau et d’électricité, démarchage forcé de Poweo, fermeture de services publics, expulsion de sans-papiers… Il en a fait voter dans sa mairie, des motions et des arrêtés, y compris par la droite, et qui ont fait grand bruit  ! « Jamais condamné, et le juge a souvent admis que si j’étais en faute au regard de la loi, la raison l’emportait dans une démarche en faveur de l’équité entre les citoyens », explique-t-il, entamant haut et fort dans le salon de son petit appartement des couplets de chansons en patois écrits de sa main et repris en chœur plus d’une fois devant micros et caméras.

« Voilà l’homme qui rit  ! » C’est ainsi qu’un habitant d’Houdain salue celui qui restera encore longtemps « Monsieur le maire » dans les têtes. Celui qui a si souvent ameuté les Houdinois pour sauver ou tenter de sauver la gendarmerie, le centre de tri postal, la DDE, le Trésor public, le tribunal d’instance… À peine remis d’une opération de la hanche, il nous accompagne dans un rapide tour de la ville en compagnie de syndicalistes CGT qui préparent la journée d’action du 4 juin en faveur des services publics (lire ci-contre).

 

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Biologie synthétique et démocratie

Posté par communistefeigniesunblogfr le 22 mai 2010

Biologie synthétique et démocratie dans Democratie

 

Lu sur : Le Monde diplomatiquevendredi 21 mai 2010, par Hervé Le Crosnier


La boîte de Pandore de la biologie synthétique


Avec ce texte, Hervé Le Crosnier inaugure le blog « Puces savantes », où seront mises en question les technologies qui semblent continuellement s’imposer aux citoyens, sans que les rapports de forces qui les préparent et les transformations qu’elles impliquent dans la société soient toujours exposés ni débattus.

Le journal Science a publié, jeudi 20 mai 2010, un article d’une équipe de recherche, emmenée par Craig Venter, revendiquant la création de la première cellule dotée d’un ADN entièrement réalisé par ordinateur [1]. Pour Venter, cela représente « une étape importante scientifiquement et philosophiquement ». Si l’on veut bien quitter le mode dithyrambique sur lequel cette annonce est relayée par la presse, cette publication scientifique, et les recherches menées pour parvenir à ce résultat, posent de nombreuses questions qui méritent toute l’attention des citoyens, des décideurs politiques, des associations de la société civile, et doit interroger toutes les communautés scientifiques. Les associations de la société civile, notamment ETC Group, demandent un moratoire sur les techniques employées, dites de « biologie synthétique », et appellent à une réflexion globale sur la génétique extrême.

[...]

« Si les biologistes sont sur le point de synthétiser de nouvelles formes de vie, l’étendue des désastres qui pourraient être provoqués volontairement ou par inadvertance est potentiellement immense. »

[Article complet sur : PUCES SAVANTES blog.mondediplo.net/]

 

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LDH : La justice bafouée

Posté par communistefeigniesunblogfr le 20 mai 2010

 

LDH : La justice bafouée dans Democratie rubon104-00675

Article publié le 13 avril 2010 par LDH TOULON

La justice bafouée

L’ÉTAT DES DROITS DE L’HOMME EN FRANCE - ÉDITION 2010

Dans ce livre, la Ligue des droits de l’Homme interroge le rapport de la justice au temps, aux inégalités et aux pouvoirs. Elle pointe le rôle que l’on fait jouer à l’appareil judiciaire dans la répression des mouvements sociaux et la logique néolibérale appliquée à l’institution dans la gestion pénale des affaires. Elle dénonce le doublement du nombre de gardes à vue, du nombre de détenus et de la durée des peines. Elle appelle à rompre avec une idéologie sécuritaire construisant toujours plus d’insécurité civile et sociale. Il en va d’ailleurs de même de la justice internationale face aux désordres du monde actuel.

Il y a urgence, pour les libertés et pour les droits, mais aussi pour la République, à redonner à la justice le statut et le rôle qu’elle doit pouvoir jouer dans un État de droit.

La justice bafouée
L’état des droits de l’homme en France. Édition 2010
éd. La Découverte, coll. Sur le vif, avril 2010, 126 pages, 12 €.

justice_bafouee-57be1 dans Justice

[Article complet : ldh-toulon.net/]

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Europe : Instauration d’une brigade de surveillance de l’austérité !!!

Posté par communistefeigniesunblogfr le 19 mai 2010

Lu sur : PCF Clichy la Garenne – 18 mai 2010

 

Jack Dion :

Le gouvernement économique débouche sur une police

européenne budgétaire

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Jack Dion, directeur-adjoint de l’hebdomadaire Marianne, explique sur le site Marianne, pourquoi le projet de gouvernement économique cher à la France, risque de déboucher sur la création d’une brigade de surveillance de l’austérité.

 

Il y a quelques jours, José-Manuel Barroso, président de la Commission de Bruxelles, avait avancé l’idée d’un contrôle préalable des différents budgets nationaux, avant même leur examen par les Parlements des pays concernés.
Quelques dignitaires de l’UMP avaient alors vigoureusement protesté, faisant vibrer la fibre nationale. Or le système vilipendé a été confirmé lors de la réunion de l’Eurogroupe.

[Lire la suite sur : communistesclichy92.elunet.fr/]

 

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13 mai : 5e république, une monarchie qui a assez duré (tract cellule Sampeix)

Posté par communistefeigniesunblogfr le 17 mai 2010

 

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L’ÉDITO DE L’HUMANITÉ

Posté par communistefeigniesunblogfr le 14 mai 2010

 

À la une dans l\'Humanité

Souveraineté limitée

Sarkozy et Barroso veulent examiner au préalable les budgets des États.

Les fauteurs de crise réclament les pleins pouvoirs.

Par Jean-Paul Piérot

« Je préfère une dictature libérale à un gouvernement démocratique où le libéralisme serait absent. »

Ainsi s’exprimait Friedrich von Hayek, l’un des plus célèbres théoriciens du capitalisme contemporain,

devant le général Pinochet en 1981. Avec un cynisme décomplexé, il signifiait au monde que le militaire

félon, qui avait renversé le président Salvador Allende huit ans auparavant, était bien de son camp.

Ce partisan de l’État minimal, dont les idées ont marqué les programmes politiques de nombreux

gouvernements au cours des quatre dernières décennies, préconisait les déréglementations,

les privatisations, la réduction des dépenses de Sécurité sociale… et, dans le même mouvement,

la limitation de la démocratie.

 

Trente ans plus tard, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, qui connaît

ses classiques, entend appliquer à l’Europe l’enseignement de ses maîtres : la démocratie n’est utile

que si les citoyens optent pour des solutions conformes aux vœux des dirigeants. Ainsi, l’Union

européenne doit vivre sous un régime de démocratie limitée dans lequel les gouvernements

nationaux seraient dans l’obligation de soumettre leurs budgets à l’examen sourcilleux des commissaires

européens, avant de les présenter aux parlements.

La souveraineté populaire serait piétinée, l’autorité des États réduite à peu près à zéro. Les seuls

maîtres à bord du navire européen seraient les commissaires de Bruxelles et le juge suprême

siégerait à la Banque centrale européenne,

veillant à ce que rien ne vienne « inquiéter les marchés financiers », comme on dit à la radio…

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Union européenne : La démocratie en danger !

Posté par communistefeigniesunblogfr le 13 mai 2010

Retraitons juste !

Site national du PCF - mis en ligne le 12 mai 2010

 

« Les Ultra-libéraux ça ose tout,

c’est même à ça qu’on les reconnait ! »

 

Union européenne : La démocratie en danger ! dans Democratie arton4804-47381

En voulant examiner les projets des budgets des pays de la zone euro avant qu’ils ne soient votés par les parlements nationaux, la commission européenne veut imposer la mise sous tutelle de ces parlements.

L’exécutif européen s’était déjà distingué par un laissez-faire généralisé aux marchés financiers pour leur permettre de spéculer en toute impunité, se permettant même de voler à leur secours en pleine tempête financière.

Non-contents d’imposer l’orthodoxie budgétaire, les marchés financiers veulent maintenant cadenasser la démocratie.

Devant un tel scandale et pour paraphraser Michel Audiard, « les Ultra-libéraux ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnait ! ». A l’image de la mobilisation en Grèce et de la riposte qui commence à s’organiser dans notre pays face au plan de rigueur mis en place par le gouvernement, la commission européenne doit savoir que les peuples ne se laisseront pas manipuler de la sorte.

Que Bruxelles arrête de prendre ses désirs pour la réalité. Le pouvoir des actionnaires n’a pas encore remplacé la démocratie !

Pierre Laurent, Coordinateur national du PCF

Paris, le 12 mai 2010.

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Grèce : La démocratie bafouée

Posté par communistefeigniesunblogfr le 8 mai 2010

Fabien Perrier

Grèce :

un coup de force par voie parlementaire

 

 

Georges  Papandréou, le Premier ministre grec

 

Exclusif. Désormais, toutes les mesures prises dans le cadre du plan pour la Grèce de l’UE et du FMI seront signées par le ministre grec des Finances, sans vote au Parlement.

Athènes, de notre envoyé spécial en Grèce.

C’est dans l’après midi que la nouvelle est tombée. « Un coup d’État », ont dénoncé, en substance, les partis de gauche (KKE et coalition Syriza). Quant à Nouvelle Démocratie (ND, droite) et à Laos (extrême-droite), ils ont dit que la procédure n’est pas légale. Le gouvernement Pasok (social-démocrate) mené par Georges Papandreou vient de faire passer en Grèce une grave modification de loi qui remet fondamentalement en cause la démocratie :

désormais, toutes les lois et tous les accords pris dans le cadre du « plan de soutien à l’économie grecque » défini par le gouvernement grec, l’UE et le FMI seront signés par le ministre des Finances, sans vote au Parlement qui ne sera plus qu’informé.

Grave pour la démocratie, cette décision l’est à plus d’un titre. Tout d’abord, elle refuse de prendre en compte les observations des députés qui, le 6 mai, s’étaient opposés au projet de loi sur « les mesures pour la mise en œuvre du mécanisme de soutien à l’économie grecque par les États-membres de la zone euro et le FMI ». En effet, seuls les députés Pasok dans leur quasi-totalité et ceux du Laos (extrême-droite) avaient approuvé, dans une alliance pour le moins douteuse, ce plan d’austérité. Quant aux trois députés Pasok qui se sont abstenus, ils ont été exclus du parti.

Selon cet article, les mesures d’austérité seront désormais prises par décret

Les députés du KKE (PC grec) et de Syriza (gauche radicale dont la principale composante est Synaspismos) et ceux de ND ont dénoncé ce projet de loi. A leurs yeux, il ne s’agissait pas d’une loi classique mais bien de la ratification d’un accord international qui délègue des compétences nationales aux institutions internationales. De ce fait, la majorité nécessaire au Parlement n’était pas de 151 députés mais de 180. Le gouvernement leur a répondu que, non, aucune compétence étatique n’était dévolue aux institutions internationales.

Pourtant, aujourd’hui, dans une assemblée vide, le ministre des Finances a introduit une modification d’un des articles de ce projet de loi, l’article 3. Selon cet article, les mesures d’austérité seront désormais prises par décret, sans consultation des élus du peuple. Cette modification fait fi d’une règle minimale dans tout système parlementaire : le Parlement vote pour ou contre des lois que le gouvernement lui soumet ou qu’il propose au gouvernement. L’assemblée populaire, élue en octobre 2009, est ainsi niée.

C’est donc désormais le ministre des Finances qui a les pleins pouvoirs sur les mesures d’austérité, sujet qui constitue aujourd’hui le principal enjeu politique du pays et qui touche à la souveraineté grecque (cf. L’Humanité du 7 mai, notamment page 5).

Nombreux sont les députés, de gauche mais aussi de ND et de Laos,

qui affirment que l’acte est anticonstitutionnel

Comment le ministre s’y est-il pris ? Sans prévenir les présidents des groupes de la tenue du vote, il a fait la proposition d’une modification de l’article 3, votée par le chef du groupe Pasok. Et le vice-président du Parlement a considéré que la loi était votée, car le parti majoritaire venait d’approuver cette modification. Nombreux sont les députés, de gauche mais aussi de ND et de Laos, qui affirment que l’acte est illégal, voire anticonstitutionnel, au regard du contexte dans lequel il a été effectué. A l’heure où ces lignes sont écrites, il semble toutefois qu’aucun recours juridique ne soit possible.

Alors que le 5 mai, des centaines de milliers de manifestants défilaient en Grèce pour dénoncer les mesures d’austérité, leurs voix sont ainsi bâillonnées, d’un seul coup. Un coup qui ressemble fort à un « coup d’Etat », selon le KKE et Syriza, terme qui n’est pas sans évoquer des heures sombres en Grèce. Un coup qui survient au moment où les Grecs songeaient à la pause du week-end. Quelle sera leur réaction ?

 

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L’Espagne doit s’atteler à « un juste travail de mémoire »

Posté par communistefeigniesunblogfr le 23 avril 2010

L’Espagne face à ses vieux démons

Les attaques contre le juge Garzon, traîné sur le banc des accusé par l’extrême droite pour avoir voulu enquêter sur les crimes du franquisme, font resurgir le débat sur la mémoire.

Madrid, envoyée spéciale.

Regards curieux, surpris, énervés… L’image de Franco, main levée, frappée d’un « Impunité pour le franquisme  ? Non merci » dans la rue San Bernardo attire l’œil des passants. Depuis plus d’une semaine, l’université Complutense de Madrid s’est transformée en une agora où célèbres et anonymes plaident pour la justice universelle. Première, deuxième, troisième générations d’Espagnols viennent soutenir le juge Garzon, symbole, peut-être même malgré lui, du combat pour la vérité. Lui, qui pour avoir voulu enquêter sur les crimes franquistes, devrait être suspendu d’ici peu.

« Ce pays a vécu quarante ans de propagande bestiale qui a imprégné toute la société, aujourd’hui, nous cherchons à canaliser l’indignation », commente Ivan Aparicio, un jeune trentenaire militant de la récupération de la mémoire historique. Car, trente-cinq ans après la mort du caudillo, point de départ du retour à la démocratie, l’Espagne refuse de regarder son passé en face. La transition démocratique a dû en passer, entre autres, par la loi d’amnistie de 1977, qui a verrouillé l’histoire du XXe siècle  : la République, le coup d’État, la dictature et ses tueurs. « Notre génération ne peut pas vivre dans un pays amnésique qui prive des milliers de familles des victimes de la dictature du droit de savoir et de dénoncer », poursuit Ivan.

[Lire la suite]

 

 A lire également

sur l’humanité.fr :

Pour Juan Carlos Monedero, professeur de sciences politiques à l’université Complutense de Madrid, 
la transition au lendemain de la mort de Franco a scellé un pacte de silence amené à exploser.

Par Miguel Angel Rodriguez Arias, universitaire, initiateur de l’avant-projet de loi 
Vérité, justice et réparation pour les victimes 
du génocide franquiste.

Les initiatives de soutien et judiciaires se multiplient dans la péninsule et à l’étranger.

sur Mediapart.fr (abonnés) :

Extrait :

Mais au-delà du cas du juge Garzon, beaucoup dénoncent ce qui sonne comme une interdiction de juger le franquisme. Emilio Silva est le président de l’Association pour la récupération de la mémoire historique, une organisation de soutien aux parents des disparus. «Il ne faut pas s’y tromper, assure-t-il, l’affaire Garzon ne s’explique pas que par de banals règlements de comptes. Cette affaire a d’abord des fondements politiques: on veut empêcher que soit instruit le procès du franquisme. Si l’on veut faire taire Garzon, c’est parce qu’il était jusqu’à présent le seul juge à avoir osé demander justice pour des familles dont on a bafoué les droits pendant 70 ans. Or si Garzon ne peut pas juger le franquisme, alors qui va le faire?»

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L’ÉDITO DE L’HUMANITÉ

Posté par communistefeigniesunblogfr le 23 avril 2010

edito_huma.jpg22 avril 2010 – Par Bruno Odent

Amnésie espagnole

L’attaque visant à empêcher l’action du juge Garzon touche à tout le refoulé qui a préludé à la mise en place de l’Espagne moderne.

Il est devenu l’un des magistrats les plus célèbres de la planète pour avoir considéré que l’humanité ne pourrait pas se regarder en face et se réclamer d’elle-même sans avoir jugé tous ceux qui ont commis des crimes contre elle. Il a osé jadis tenter de traduire un certain Augusto Pinochet en justice. Il s’appelle Balthazar Garzon. Il avait décidé d’enquêter sur les crimes du franquisme. Ceux commis par le caudillo et les phalangistes durant leur accession au pouvoir par la guerre qui a ravagé l’Espagne à la fin des années trente et ceux perpétrés plus tard sous le régime de répression qu’ils ont instauré jusqu’à la mort du dictateur en 1975. Il qualifiait de crimes contre l’humanité, donc imprescriptibles, les disparitions de quelque 114 000 républicains espagnols. «  Intolérable  », ont hurlé trois associations d’extrême droite. Et les plus hautes instances judiciaires du pays n’ont rien trouvé de mieux que de recevoir la plainte de ces nostalgiques de la Phalange.

D’ici quelques jours le juge Garzon devrait être suspendu du poste qu’il occupe depuis vingt-deux ans à l’Audience nationale, la plus haute instance pénale du pays, par décision de ses pairs. Pour cause de «  prévarication  », traduisez : abus de pouvoir, parce que la «  requalification  » des crimes franquistes en crime contre l’humanité constituerait un «  artifice juridique  » (sic) afin de violer la «  loi d’amnistie des crimes politiques  » adoptée en 1977.

L’émotion est énorme dans le pays. Elle va bien au-delà des familles des victimes qui souffrent de la conspiration du silence. Car l’attaque visant à empêcher l’action du juge Garzon touche tout le refoulé qui a préludé à la mise en place de l’Espagne moderne, à une amnésie à l’égard des décennies noires érigée en principe. Comme si l’oubli pouvait être une part de l’identité nationale. Intenable.

C’est ce débat institutionnellement tabou qui fait irruption aujourd’hui. La démocratie est atrophiée quand elle se limite au rétablissement d’une monarchie constitutionnelle formatée (avec l’appui des futurs partenaires de l’UE) sur un bipartisme de bon aloi prenant bien soin d’étouffer l’héritage révolutionnaire de la seconde république.

Rappelant ce que fut jadis l’attitude des gouvernants français à l’égard de la république espagnole attaquée, l’affaire Garzon est traitée d’évidence à Paris avec un mélange de gêne et de discrétion. Et comme jadis, il n’est guère étonnant de retrouver, ici et en Europe, au cœur de la solidarité avec le mouvement espagnol pour la «  justice universelle  », les héritiers politiques de ceux qui s’étaient mobilisés avec les brigades internationales.

 

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