L’Édito de l’Humanité : Les longs chemins d’Arménie

Posté par communistefeigniesunblogfr le 24 avril 2015

 

Les longs chemins d’Arménie

 

patrick-apel-muller_0   L’éditorial de Patrick Apel-Muller :

 

  « la Turquie ne se libérera des démons qui l’habitent

  et l’agitent toujours qu’en les nommant et les dénonçant. »

 

 

 

Le déni dure depuis un siècle. Le génocide planifié et minutieusement organisé des Arméniens de Turquie ne peut plus être contesté historiquement. Il lui reste à être reconnu par le régime autoritaire d’Ankara et par ses alliés. Certes, les complicités du silence se sont pour beaucoup brisées et dix-neuf pays ont officiellement mis en cause le crime. D’autres choisissent encore de fermer les yeux, comme les États-Unis qui ménagent, au nom des solidarités de l’Otan avec un pays si proche de la Russie, un nationalisme qui opprime aussi les Kurdes et un régime autoritaire aux complaisances avérées à l’égard de Daesh. Pourtant, la Turquie ne se libérera des démons qui l’habitent et l’agitent toujours qu’en les nommant et les dénonçant.

En France même le chemin fut ardu. Combien de manifestations, de pétitions, de protestations au fil des années ! Longtemps, les demandes des députés communistes, et notamment de Guy Ducoloné, d’une reconnaissance de ce crime se sont heurtées au mur de la droite. Il fallut attendre une autre initiative de sénateurs communistes, en particulier d’Hélène Luc, pour venir à bout des réticences de Lionel Jospin, qui ne voulait pas mettre à l’ordre du jour du palais du Luxembourg la proposition votée par l’Assemblée. Cette histoire-là non plus ne doit pas être oubliée.

Rappeler les massacres, les déportations et les exils n’est pas un rituel de l’histoire et de la mémoire. C’est une condition pour que l’humanité s’extirpe des sauvageries qui l’endeuillent toujours ; c’est aussi pour la nation française prendre conscience de l’un de ses constituants. La figure du poète arménien Missak Manouchian, l’un des premiers résistants et un martyr de l’Affiche rouge, incarne « ces étrangers et nos frères pourtant » qui ont fertilisé les combats libérateurs. Comment ne pas s’interroger sur le fait qu’il ne repose toujours pas au Panthéon, symbole d’une France creuset contre les racismes et de l’engagement communiste ?

 

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