Espagne : Abdiquer pour reprendre la main ?

Posté par communistefeigniesunblogfr le 9 juin 2014

 

franco juan carlos

 

  L’abdication négociée du Bourbon désigné

  en 1969 successeur par Franco, a vu

  les « élites » serrer les rangs

 

 

Abdiquer pour reprendre la main ?

 

par Jean Ortiz – Universitaire, Pau (France)

 

Depuis quelques années, en Espagne, les manifestations populaires se hérissent du drapeau

républicain tricolore. Il y a une petite décennie, la République et son étendard relevaient encore

du tabou, et en parler, le brandir, provoquait souvent des réactions agressives.

Désormais le choix République/Monarchie est entré pleinement dans le débat citoyen.

L’abdication, le 2 juin 2014, du roi Juan Carlos, négociée avec le parti populaire, de la droite, et le parti

socialiste (PSOE), traduit la fébrilité de la monarchie et des classes dominantes espagnoles.

En cinq ans, l’image de la monarchie s’est tellement dégradée que, pour la première fois depuis 1975,

elle ne recueille l’adhésion que d’un Espagnol sur deux. Selon les sondages du Centre de recherches sociologiques,

en avril 2014, les Espagnols notent 3,72 sur 10 le monarque.

juan carlos

Tout l’édifice de la « transition », sur lequel repose la domination de l’oligarchie

financière, vacille ; devenu obsolète, il appelle une rapide opération cosmétique :

l’abdication d’un roi empêtré dans « les affaires », finissant, et l’accession au trône

d’un roi jeune, « moderne », accessible, compétent, réformateur…

La crise et les saignées imposées par la « troïka » ont provoqué, et suscitent

toujours plus, chez le peuple, un rejet majoritaire de la « classe politique »,

un discrédit des institutions, une perte de légitimité de l’État espagnol.

Les élections européennes ont vu le bipartisme perdre du terrain (recul de cinq

millions de voix) au profit notamment de « Izquierda Unida » et du jeune mouvement

« Podemos ».

Le 22 mars 2014, la « Marche de la dignité » a inondé le centre de Madrid de plus d’un million et demi d’indignés,

au cri emblématique de : « Oui, c’est possible ! »

L’abdication négociée du Bourbon désigné en 1969 successeur par Franco, a vu les « élites » politiques et économiques

serrer immédiatement les rangs. L’heure est à préserver les « pactes de la transition » : ils garantissent

la « libre entreprise dans le cadre de l’économie de marché » : c’est écrit dans la constitution. Médias, justice, patrons,

PP et PSOE, ont rivalisé d’hommages dithyrambiques au roi qui « a octroyé aux Espagnols la démocratie ».

Les mots des uns et des autres sont interchangeables. Insupportable réécriture de l’histoire. Niés les dizaines de milliers

d’anti franquistes morts, exilés, disparus, torturés, garrotés, emprisonnés à Burgos, à Carabanchel, communistes,

anarchistes, syndicalistes, militants basques, catalans… ensevelis sous des montagnes de mensonges.

[Lire la suite sur Le Grand Soir]

 

 

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