« Jaurès ne parlait pas comme vous ! »

Posté par communistefeigniesunblogfr le 24 avril 2014

 

L’éditorial. « Jaurès ne parlait pas comme vous ! »

 

L’éditorial de Jean-Emmanuel Ducoin

 

Le président se rendait sur les terres du grand homme le jour même où son gouvernement entérinait,

avec un cynisme confondant, un plan d’économies et de rigueur qui contredit tout esprit authentiquement

de gauche. Hollande lui-même a sûrement mesuré l’écart entre ses pathétiques tentatives d’explications

et la réalité vécue. Il a essuyé la colère. Il a été sifflé au pays de Jaurès.

S’il faut parfois redonner du sacré au sacré, au moins au nom de la concorde républicaine, il existe, surtout

en politique, des gestes et des paroles symboliques qui peuvent porter le meilleur comme le pire, à l’image

de ces orages du soir qui réveillent les bontés de la nature mais éteignent les derniers feux du jour.

Comment dire notre malaise – et plus encore – après la visite de François Hollande, hier, à Carmaux ?

Le président se rendait sur les terres du grand homme le jour même où son gouvernement entérinait,

avec un cynisme confondant, un plan d’économies et de rigueur qui contredit tout esprit authentiquement

de gauche. Hollande lui-même a sûrement mesuré l’écart entre ses pathétiques tentatives d’explications

et la réalité vécue. Il a essuyé la colère. Il a été sifflé au pays de Jaurès. Comme si une justice immanente

s’abattait sur ses frêles épaules à force d’avoir sacrifié le souffle de l’Histoire sur l’autel du traité Sarkozy-Merkel.

Qui aurait cru cela possible il y a deux ans ? Il avait alors annoncé qu’il s’attaquerait à la finance et à Bruxelles.

Ne restent que le souvenir et les ruines de sa politique libérale. Hier, une dame lui a crié :

        « Vous êtes venus ici il y a deux ans, et depuis vous ne tenez pas vos promesses.

                                       Jaurès ne parlait pas comme vous ! »

 

http://www.dailymotion.com/video/x1qt9md

sur dailymotion

par BFMTV

 

Et qu’a répondu le chef de l’État lors de son discours, à deux pas de la statue de Jaurès ? Ceci :

« On m’avait dit : si vous voulez gagner l’élection présidentielle, vous devez venir à Carmaux. Je n’avais pas le choix. »

Les mots ont fini par pénétrer notre cerveau ; puis notre plume est restée suspendue d’effroi. C’était donc ça ?

Gagner pour gagner. Qu’importe le reste.

Oui, hier, il y a eu comme de la profanation à voir le président récupérer Jaurès en pareil moment.

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