IVG : Suppression de la notion de « détresse » inscrite dans la loi Veil

Posté par communistefeigniesunblogfr le 22 janvier 2014

 

L’Assemblée nationale renforce le droit à l’IVG

 

assemblee

  Les députés de gauche ont voté ce mardi soir,

  avec le soutien de quelques voix de droite,

  la suppression de notion de « détresse » inscrite

  dans la loi Veil sur le recours à l’interruption

  de grossesse, malgré l’opposition farouche

des plus rétrogrades de droite et d’extrême-droite.

Fait rare à une heure si tardive, l’hémicycle était garni d’une centaine de députés, pour débattre de cet article 5 de la loi-cadre sur l’égalité hommes-femmes, combattue par une majorité de la droite dans le sillage des anti-IVG. Sur les bancs de l’UMP, la majorité des orateurs, souvent des membres de l’Entente parlementaire pour la Famille très actifs il y a un an contre le mariage pour les couples de même sexe, ont plaidé pour supprimer une « modification dogmatique » remettant en cause « l’équilibre » de la loi Veil et conduisant à une « banalisation de l’avortement ».

Déremboursement

Deux jours après une importante « Marche pour la vie », ils ont aussi reproché à la majorité de vouloir diviser les Français et de vouloir se « ressouder » autour d’un sujet de société entre « sociaux-démocrates, gauche, Front de Gauche qui n’ont plus grand chose en commun sur le plan économique et social ». Une quinzaine de députés UMP a même appelé à voter pour le déremboursement de l’IVG par la Sécurité sociale. L’amendement, avec lequel le président du groupe a rappelé son « désaccord », a heureusement été massivement rejeté. Ce qui n’a pas empêché le député et médecin, Bernard Debré de se dire « écœuré » par cette initiative.

Mais des élues du groupe UMP comme Nicole Ameline ou Françoise Guégot ont défendu la disparition de la notion de « détresse ». « Dénier aux femmes la capacité de décider serait un recul juridique et une défaite de la pensée », a lancé l’ancienne ministre de la Parité, pour laquelle si la France « ne sert pas la cause du droit des femmes, elle trahira sa tradition ».

La gauche fait bloc

La gauche elle a soutenu cette disposition depuis son introduction par les députés socialistes en décembre et défend même « haut et fort » le droit à l’IVG depuis sa remise en cause en Espagne. « Des tas d’hommes et de femmes espagnols vont peut-être avoir envie de descendre dans la rue pour ne pas laisser passer la loi chez eux car en France on leur a dit qu’on était solidaires », s’est exclamée la députée communiste Marie-George Buffet.

Socialistes, écologistes ou communistes ont fait bloc pour défendre « un toilettage » d’une « formulation devenue obsolète » de la loi Veil, clamer le droit des femmes à disposer librement de leur corps et dénoncer tout diktat d’un « ordre moral » et toute tentation de « retour en arrière » sur l’IVG, à un temps d’ »aiguilles à tricoter » et de « faiseuses d’anges ». Le « courage » de Simone Veil pour imposer sa loi en 1975, marquée par des débats violents dans l’hémicycle, ont été évoqués par beaucoup, surtout à gauche.

Nombre des oratrices et orateurs de gauche, y compris le chef de file des députés PS Bruno Le Roux, ont souligné qu’une IVG n’était « jamais un acte banal » mais une « décision douloureuse » et qu’une femme n’y recourait pas « pour le plaisir » ou comme « moyen de contraception ». La ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem a notamment souligné que « l’IVG est un droit à part entière et pas une simple tolérance assortie de conditions ».

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S.G.

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