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Nelson Mandela à l’Humanité : « Et si vous m’appeliez camarade? »

Posté par communistefeigniesunblogfr le 8 décembre 2013

 

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 C’est un monde, par José Fort.

  C’était peu de temps après sa libération.

  Nelson Mandela effectuait un voyage en France à l’invitation

  de François Mitterrand.

 Il était tard et je m’apprêtais à quitter le siège de l’Humanité lorsque

 le téléphone sonna. Le journaliste de permanence répondra, pensais-je,

 puis, comme guidé par une intuition, je rebroussais chemin

 jusqu’à mon bureau et décrochais.

 En ligne, un conseiller de Nelson Mandela avec qui j’étais en relation

 depuis des années m’informait que le leader de l’ANC récemment libéré

recevrait l’Humanité le lendemain matin à 10h au château de la Celle-Saint-Cloud, une résidence de la République française.

«Soyez ponctuel», insista-t-il, M. Mandela doit être à l’Élysée à midi. »

Bien avant l’heure fixée, Claude Kroës, en charge de l’Afrique à la rédaction de l’Huma, le photographe des bons coups, Jean Texier, et moi attendions devant la porte du château. Les policiers de faction, après avoir consulté je ne sais qui, nous accompagnèrent jusqu’à un salon et disparurent.

Paisible, souriant

C’est un homme paisible, souriant, à la taille imposante qui fit irruption dans la pièce. «Je sais ce que l’Humanité a fait  pour ma libération et pour faire connaître la lutte contre l’apartheid. Vous étiez le premier média en France à nous témoigner votre solidarité, vous êtes donc les premiers à qui je m’adresse en arrivant à Paris.» Sa main large et forte sur mon épaule rappelait une jeunesse tumultueuse sur les rings de boxe pour amateurs. Et lorsque nous lui demandions, comment devions-nous l’appeler, il répondit tout de go : «Et si vous m’appeliez camarade?»

Celui qui venait de passer tant d’années en prison et allait être élu président de l’Afrique du sud se projetait dans l’avenir de son pays en déclarant : «Notre politique est favorable à une Afrique du Sud non raciste, véritablement démocratique et, à cet égard, le mérite personnel sera pour nous le seul critère pertinent. Ce qui signifie que nous sommes prêts à travailler avec tous les groupes nationaux, avec les Noirs et avec les Blancs. »

  • A lire aussi :

Nelson Mandela longtemps ignoré avant d’être célébré

Analyse. La « pensée Mandela », un grand pas pour l’humanité

José Fort

L’Humanité rend hommage à Mandela

  • A voir :

Diaporama : Nelson Mandela et L’Humanité

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