Les lunettes de M. Migaud

Posté par communistefeigniesunblogfr le 18 septembre 2013

 

Les lunettes de M. Migaud, l’éditorial de Jean-Paul Piérot

 

Les lunettes de M. Migaud dans Austerite huma1809

Soigner sa vue relève-t-il d’une médecine de confort ?

Hier dans son rapport annuel sur la Sécurité sociale,

la Cour des comptes a poussé l’obsession

de la réduction des dépenses sociales jusqu’à préconiser

l’arrêt du remboursement, déjà très mince, des frais

d’optique. Et voilà les lunettes rangées au rayonnage

des produits de luxe ! Il faut faire preuve d’une bonne

dose d’aveuglement pour émettre un tel signal,

quand on sait que les soins ophtalmologiques sont ceux

auxquels les Français aux revenus les plus modestes

renoncent le plus souvent.

 

Le résultat d’un retrait de l’assurance maladie de l’optique sur les comptes de la Sécurité sociale tiendrait du symbole,

puisque l’essentiel du remboursement repose sur 
les complémentaires santé (mutuelles et assurances), 


mais celles-ci n’auraient d’autre solution que d’augmenter leurs tarifs. Un nouveau coup serait porté à l’égalité


de tous en matière d’accès aux soins.

Effarant raisonnement que celui de la Cour des comptes consistant à invoquer l’opacité du marché

de l’optique, les marges excessives que s’attribuent les lunetiers pour prôner le déremboursement ! Si l’on poussait

l’argument jusqu’à l’absurde, pourquoi alors ne pas préconiser le déremboursement des médicaments au motif

de l’opacité des laboratoires pharmaceutiques ou des soins prodigués par des établissements hospitaliers privés

en raison des profits juteux qu’ils réalisent ? Il faut agir pour une régulation 
des tarifs et non pas sanctionner

les patients.

L’émoi que n’a pas manqué de provoquer cette proposition énoncée par Didier Migaud, le président

socialiste de la Cour des comptes, a conduit le gouvernement à prendre ses distances et Marisol Touraine à assurer

qu’« il n’y aura pas de déremboursement des lunettes ». Dont acte. Mais la ministre des Affaires sociales a pris soin

d’ajouter que le gouvernement a engagé « la stabilisation des dépenses de santé ». De la stabilisation à la stagnation,

il n’y a qu’un pas et les besoins en matière de santé publique exigent bien davantage que la recherche

de « gisements d’économie considérables », selon la formule de Didier Migaud.

Les frais d’optique ne sont que l’une des cibles de l’arsenal de mesures d’économies aux conséquences

inquiétantes contenues dans le rapport des juges de la rue Cambon. Au nom d’un « effort accru de maîtrise

des dépenses de santé », assimilées à « une spirale de la dette sociale », la juridiction présidée par Didier Migaud

dessine les contours d’une cure d’austérité (réduction des dépenses hospitalières, des séjours à l’hôpital, réduction


des actes de biologie, économies sur les soins de nuit…). 
Elle esquisse le projet d’un système à deux vitesses,

dans lequel les assurances privées prendront une place prépondérante dans l’accès aux soins de qualité,

au détriment des principes de solidarité de la Sécurité sociale.

[Lire la suite humanite]

 

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