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Accord sur l’emploi : « Historiquement régressif » selon Martine Bulard (Le Monde diplomatique)

Posté par communistefeigniesunblogfr le 22 janvier 2013

 

Droit social à la moulinette

 

Accord sur l'emploi : Par Martine Bulard – 17 janvier 2013

Historiquement régressif. On a beau chercher

les mots les plus nuancés, on ne peut en trouver

d’autres pour qualifier l’accord concocté par,

d’une part, le Mouvement des entreprises

de France (Medef), la Confédération générale

du patronat des petites et moyennes entreprises

(CGPME), et, d’autre part, trois des cinq syndicats

salariés invités autour de la table :

la Confédération française démocratique du travail (CFDT), la Confédération générale des cadres (CGC)

et la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC).

Deux syndicats — la Confédération générale du travail (CGT) et Force ouvrière (FO) — ont rejeté l’accord.

La Fédération syndicale unitaire (FSU), Solidaires (Sud) et l’Union nationale des syndicats autonomes

(UNSA) étaient d’emblée hors course, car considérés comme « non représentatifs » selon la nouvelle loi.

Salué quasi unanimement par les commentateurs politiques et par la presse, l’accord « historique » n’en est

pas moins signé par des « partenaires » (un mot qui sonne doux aux oreilles patronales) ne représentant pas

plus de 38 % des voix aux élections prud’homales de 2008. Autrement dit, il reste minoritaire. Cela n’empêche

pas M. François Hollande et, à sa suite, les médias, de vanter la méthode et ses résultats. Et d’exiger

des députés de la majorité (socialistes et verts) de ne pas toucher une ligne du texte quand il sera examiné

au Parlement. On pourrait aussi se faire une autre idée de la démocratie sociale et politique.

Il est vrai que les mots tendent à perdre leur sens. Déjà, on parlait de « plans sociaux » pour dire

licenciements ; désormais, « sécurisation de l’emploi » désigne la flexibilité. Si sécurisation il y a, c’est bien

celle des profits — expression totalement bannie du texte. Qu’on en juge à l’aune des principales dispositions

de l’accord.

1. Le maintien dans l’emploi. Dans la novlangue patronale, cela s’appelle : « trouver un nouvel équilibre

dans l’arbitrage global temps de travail/ salaire/ emploi ».

Traduit dans la vraie vie, cela devient : quand l’activité baisse, le temps de travail

baisse et les salaires suivent. C’est le chômage partiel généralisé… sans indemnités

chômage.

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