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Gouvernement : « Un cap social-libéral qui s’aggrave avec le temps… »

Posté par communistefeigniesunblogfr le 28 décembre 2012

 

Ce vendredi dans l’Humanité :

la pente résistible du social-libéralisme

 

Gouvernement : Lionel Venturini

« Tournant » ou pas « tournant » ?

Depuis six mois, le gouvernement semble

engager une « révolution copernicienne »

qui tourne le dos à une réelle politique de gauche.

Un cap social-libéral qui s’aggrave avec le temps,

trouvant son origine dans les contradictions

du programme de François Hollande.

Pour le politologue Rémi Lefebvre :

« La radicalisation à gauche du pouvoir se fera

par réalisme, pas par idéologie ».

 

Huit mois après son accession au pouvoir, y a-t-il

chez François Hollande un hollandisme qui 
lui serait

propre, ou la définition de sa politique doit-elle

emprunter d’autres références ?

 

Rémi Lefebvre. S’il y a un hollandisme, c’est un pragmatisme, il n’est pas un idéologue – il n’a d’ailleurs

pas de texte fondateur, alors qu’il a été à la tête du PS durant plus de dix ans. Il y a chez lui une forme

de syncrétisme, 
de synthèse d’éléments disparates qui empruntent tout autant 
à Chevènement

qu’à la deuxième gauche, voire à la première, doublé d’un côté radical-socialiste, 
et incontestablement

social-libéral sur le plan économique. Son obsession du point d’équilibre choque beaucoup à gauche car,


en huit mois, il n’y a eu aucune réelle rupture, seulement 
des inflexions sur le plan économique de prime

abord. 
Or la tradition d’un gouvernement de gauche au pouvoir, c’est 
de marquer des ruptures.

Même sur le sociétal, le mariage 
pour tous n’est pas sa conviction selon vous ?

Rémi Lefebvre. Je crois qu’il n’a pas 
d’idées très arrêtées sur un certain nombre de sujets, mais qu’il cherche

à apaiser la société, 
en vraie rupture, là, avec le mandat d’hystérisation de la société 
qui fut celui de Sarkozy.

Il a 
une approche non idéologique 
des questions, veut passer des réformes dans une espèce d’harmonie.

Avec le risque 
de déplaire à tout le monde ; 
on le voit quand il entend rester 
au milieu du gué concernant


la procréation médicalement assistée (PMA). Hollande incarne en somme une gauche complexée, on l’a vu

à propos de Depardieu par exemple, face à une droite décomplexée. Il est pris entre des injonctions contradictoires,

alors que, sur ces thèmes, il n’a aucune excuse pour ne pas agir, contrairement aux questions sociales

où la crise, le critère 
des 3 % de déficit, permet 
une rhétorique des contraintes.

Comparé au programme sur lequel il a été élu, assiste-t-on à différents reculs ?

Rémi Lefebvre. Sans doute le pacte de compétitivité et la thématique du coût du travail, absolument pas inscrits

à son programme, marqueront-ils un vrai tournant 
du mandat. Tournant qui correspond à ses aspirations profondes :

dès la fin des années 1980, quand il enseignait à Sciences-Po avec Pierre Moscovici, c’était un social-libéral assumé.

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