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Dans l’Huma d’aujourd’hui : le douloureux exode des Maliens vers le Niger

Posté par communistefeigniesunblogfr le 26 décembre 2012

 

Ce mercredi dans l’Humanité :

le douloureux exode des Maliens vers le Niger

 

Dans l'Huma d'aujourd'hui : le douloureux exode des Maliens vers le Niger dans AFRIQUE huma2612

Plus de 12 000 personnes ont quitté le nord du Mali

et se sont réfugiées à Niamey, dans la capitale

nigérienne, pour fuir les exactions commises

par des groupes islamistes qui se sont installés

dans leur région.

Reportage de notre envoyée spéciale.

Pour Maurice Ulrich, qui signe l’édito du jour :

« On peut s’interroger sur la lecture que fait la France

de la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU ».

 

Les témoignages que nous publions dressent un tableau

effarant de la situation au nord du Mali. Les groupes armés

qui ont pris le pouvoir violent, rançonnent, mutilent,

détruisent en se réclamant d’une caricature monstrueuse

de l’islam.

Comment ne pas comprendre ces jeunes Maliens contraints de fuir leur pays mais qui n’ont qu’une idée,

y retourner pour en finir, par les armes, avec cette barbarie. On comprend de même l’inquiétude et le sentiment

d’urgence absolue du député touareg Bajan Ag Hamatou, et particulièrement en ce qui concerne le recrutement

des jeunes Maliens, par force ou par corruption, par le Mujao (Mouvement pour l’unicité du djihad en Afrique

de l’Ouest).

Il faut mettre un terme à cette situation, dont on peut rappeler qu’elle est une des conséquences

de l’intervention franco-anglaise en Libye.

La résolution adoptée jeudi dernier par le Conseil de sécurité de l’ONU, à l’unanimité, valide le principe

de l’envoi d’une force africaine, baptisée Afisma, au nord du Mali, et émanant de la Cedeao (la Communauté

économique des États d’Afrique de l’Ouest). Mais, et ce n’est pas une figure de style, la même résolution

précise bien qu’il ne s’agit que d’une option en dernier recours. En revanche, elle insiste toujours sur la recherche

d’une solution politique, passant par des accords entre Bamako et les groupes islamistes ou touareg, désormais

en conflit entre eux, assortis de leur renoncement au terrorisme.

On peut trouver cette perspective insatisfaisante, mais on peut s’interroger sur la lecture par la France

et par la voix du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, de cette position du Conseil de sécurité,

dont la France fait pourtant partie. Dans une interview publiée par la Croix, ce dernier déclare non seulement

que l’intervention militaire pourrait avoir lieu dans les prochains mois, mais aussi que « pour l’instant, il n’y a pas

de solution politique ». En d’autres termes, le choix de la France semble fait, qui annule même, de fait, la recherche

de toute solution politique, quand bien même elle n’existerait pas « pour l’instant ».

Mais il y a plus. Car quoi que l’on ait dit, la France serait bel et bien partie prenante de l’opération militaire,

au-delà d’un simple rôle de conseil et de coordination. 400 hommes des forces spéciales françaises viendraient

s’ajouter aux 3 300 hommes annoncés de la force africaine. C’est dire que se rejoue ici un scénario déjà éprouvé

où la France, sous couvert de l’ONU, entend gérer à sa main les affaires africaines.

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