« La Lettre volée » par Maurice Ulrich

Posté par communistefeigniesunblogfr le 11 septembre 2012

 

L’édito du jour : « La Lettre volée » par Maurice Ulrich

 

Qu’attendre d’une politique de gauche, si ce n’est qu’elle remette le monde sur ses pieds ?

L’entretien que nous a accordé Joseph Stiglitz est assez exceptionnel, et nous sommes fiers de le publier. Revenant en lien

avec l’actualité sur l’affaire Bernard Arnault, il rappelle ceci, qui paraît de bon sens mais qui n’est pas partagé par tous, dont

le Medef, que, lorsqu’un grand patron gagne beaucoup d’argent, il le doit d’abord à un pays, un État, une communauté nationale.

Eh bien, oui, pour que des entreprises tournent, il faut des routes, des trains, des salariés formés par l’école et l’université,

un système de santé… Les dogmes des baisses de charges et du coût du travail aboutiraient, s’ils ne trouvaient devant eux

aucune résistance, rien de ce qui s’appelle au fond et, de fait, objectivement, la lutte des classes, à ce que des entreprises

tentent de produire dans le désert des Tartares.

Mais il y a encore, dans cette histoire Bernard Arnault, quelque chose qui tient de la Lettre volée, la célèbre nouvelle d’Edgar Poe.

Tout le monde cherche la lettre, que l’on croit cachée, mais elle est là, précisément, en évidence. Or, il y a aujourd’hui, au centre

de nos sociétés, posée là, devant nous, une évidence obscène mais que nous ne voyons pas comme peut-être nous le devrions :

comment peut-on être riche de 32 milliards d’euros et qu’est-ce que cela veut dire, si ce n’est que l’on a exploité le travail d’autrui,

que l’on a spolié autrui et la société dans laquelle on vit ?

« L’un des sujets de mon livre, déclare Joseph Stiglitz, c’est que la plus grande richesse des riches ne vient pas

de leur contribution à la société. Ils n’ont pas inventé le transistor ou le laser, ils ont pris l’avantage sur d’autres. »

De ce point de vue, les arguments de la droite pour dénoncer la taxation à 75 % des revenus au-dessus d’un million d’euros sont

à la fois d’un cynisme misérable et intellectuellement pitoyables. Il s’agit d’un million d’euros, 80 000 euros par mois. On vit avec

ça, non ? Il est heureux, de ce point de vue, que François Hollande ait confirmé son engagement quand ça chipotait et spéculait

tant, les jours précédents.

Mais ce n’est malheureusement que l’écume de la grande vague ultralibérale qui a déferlé sur nos sociétés et aboutit à la crise

que nous connaissons. « Les banques, dit encore Joseph Stiglitz, ont affaibli l’économie en prenant l’argent en bas de

l’échelle  sociale pour le mettre en haut. »

Qu’attendre d’une politique de gauche, si ce n’est qu’elle remette le monde sur ses pieds ?

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