Cris et abstentions
Posté par communistefeigniesunblogfr le 4 mars 2012
Cris et abstentions
Par Maurice Ulrich
Les cris d’orfraie qui ont accueilli à droite la proposition du candidat socialiste de porter à 75 %
l’imposition des revenus dépassant 1 million d’euros par an sont à la fois cocasses et édifiants.
Cocasses par l’excès, d’aucuns voyant déjà Marx percer
sous François Hollande et la moitié de la France prendre
le chemin de l’exil après une nouvelle nuit du 4 août
abolissant les privilèges, d’autres comme François Bayrou
parlant de « déconomètre », tandis que Mme Le Pen parlait
d’une idée « absurde et idéologique ». Absurde, vraiment,
pour celle qui feint de se réclamer de la France populaire ?
Mais ces cris étaient aussi édifiants, car cette proposition, somme toute très limitée si l’on se souvient
que l’impôt Roosevelt dès les années trente était de 90 % au-dessus de 200 000 dollars, a aussitôt
déclenché chez les défenseurs des riches les réactions épidermiques de ceux à qui l’on arrache la peau.
Certes, la portée de la mesure est bien limitée, loin, très loin d’une véritable réforme fiscale juste, ambitieuse, allant vers plus
d’égalité. Ce n’est pas avec ça que la France sera remise d’aplomb et le coup, si coup il y a, est assez largement symbolique.
Mais, outre qu’un symbole de cette sorte ne fait pas de mal après tout, peut-être faut-il y voir, comme lors du discours du Bourget
désignant la finance, une manière de prise en compte par le candidat du PS de ce qui bouge dans l’opinion, en particulier avec
la campagne du Front de gauche. Et cela, c’est l’intérêt de toute la gauche et de tous les Français qui veulent du vrai changement.
Plus le débat viendra sur les questions de la justice sociale et fiscale, des salaires, de l’emploi, et plus les thèmes de la droite et
ceux du Front national, dont ont sait qu’ils se confondent, reculeront dans l’opinion.
Il est dommage, fort dommage de ce point de vue que les sénateurs socialistes n’aient pas voulu s’opposer à l’adoption
du mécanisme européen de stabilité, comme les communistes et le Front de gauche le leur avaient instamment demandé. Le choix
de l’abstention, c’était accepter de laisser décoller le premier étage du traité européen Sarkozy-Merkel, que les Vingt-Sept sont
appelés à mettre en place à partir d’aujourd’hui, au prix d’un véritable déni de démocratie.
Source : Moissac au Coeur 2 mars 2012








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