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31 juillet 1914 : « JAURÈS ASSASSINÉ »

Posté par communistefeigniesunblogfr le 2 août 2011

Source : Le Grand Soir - 31 juillet 2011

URL de cet article : http://www.legrandsoir.info/97eme-anniversaire-de-l-assassinat-de-jean-jaures.html

« Nous ne voudrions déterminer personne à l’assassinat politique, mais que Jean Jaurès soit pris de tremblements ! ».

97ème anniversaire de l’assassinat de Jean Jaurès

 

31 juillet 1914 :

Jean-Pierre DUBOIS

Dirigeant du Parti socialiste de l’époque, député de la ville minière de Carmaux, fondateur du journal

L’Humanité, Jean Jaurès consacre les dix dernières années de sa vie à lutter contre la venue de la

guerre qu’il pressent.

Dans un discours à la Chambre, le 7 mars 1895, il explique le refus des socialistes de voter le budget

du Ministère de la Guerre :

« Tant que, dans chaque nation, une classe restreinte d’hommes possèdera les grands moyens de

 production et d’échange [...] tant que cela sera, toujours cette guerre politique, économique et

sociale des classes entre elles, des individus entre eux, dans chaque nation, suscitera les guerres

armées entre les peuples. C’est de la division profonde des classes et des intérêts dans chaque

pays que sortent les conflits entre les nations. [...] Toujours votre société violente et chaotique

[...] porte en elle la guerre comme la nuée dormante porte l’orage ».

Le 23 janvier 1903, à la Chambre, il avertit :

« Dans les Balkans, les grandes puissances jouent avec les délires nationalistes et les rivalités

ethniques ou religieuses les plus barbares. L’Allemagne ne supporte plus notre soif de

revanche et le chauvinisme de nos nationalistes. L’allié russe risque de nous entraîner plus

loin que nous le voudrions… ».

Discours_Jaures-0f159 dans HISTOIRE

Le Pré-Saint-Gervais, 25 mai 1913 : Discours de Jaurès contre la loi rétablissant le service militaire à 3 ans.

La presse bourgeoise se déchaîne contre lui, l’accuse de collusion avec l’Allemagne. On l’appelle « Herr Jaurès ».

A la Chambre, il est hué par les députés de la droite et de l’extrême-droite.

L’écrivain Charles Péguy écrit : « Dès la déclaration de la guerre, la première chose que nous ferons sera

de fusiller Jaurès. Nous ne laisserons pas derrière nous ces traîtres pour nous poignarder dans le dos ».

Paul Déroulède titre un de ses articles dans le journal L’Action française : « TUER JAURES ». Quant à Léon Daudet,

le 23 juillet 1914, une semaine avant l’assassinat de Jaurès, il écrit :

« Nous ne voudrions déterminer personne à l’assassinat politique, mais que Jean Jaurès soit pris de

tremblements ! ».

Le 28 juin 1914, c’est l’attentat de Sarajevo puis l’ultimatum autrichien à la Serbie. La Russie et l’Autriche mobilisent.

Le 31 juillet, l’Allemagne présente un ultimatum à la France lui enjoignant de ne pas se solidariser avec la Russie.

L’inexorable affrontement des impérialismes européens est en marche.

 

jaures_huma-16e14

En fin de journée, Jaurès se rend au siège de L’Humanité pour préparer un

article de mobilisation anti-guerre pour l’édition du 1er août. Auparavant, il

sort dîner au café du Croissant, rue Montmartre, avec ses collaborateurs.

Le groupe est assis, le dos à la fenêtre ouverte et séparé de la rue par un

simple rideau. Une main s’avance, un scintillement, deux éclairs, deux

claquements [1].

Jaurès ne plaidera plus contre la guerre. Il est tué d’une balle dans la tête.

 

 

LA BOUCHERIE EUROPÉENNE COMMENCE LE LENDEMAIN. [2]

La mort de Jaurès facilite le ralliement de la grande majorité des socialistes à l’Union sacrée. Le mot d’ordre de grève

générale que les socialistes européens devaient opposer au déclenchement d’une guerre ne sera jamais appliqué.

 

Mobilisation-17332

Jean-Pierre Dubois (Le Petit Blanquiste).

URL de cet article : http://lepetitblanquiste.hautetfort.com/archive/2011/07/31/9…

 

vilain-2-50dd0[1] Raoul Villain, l’assassin de Jaurès, est un nationaliste proche de L’Action française.

Arrêté, il déclare avoir agi en solitaire pour « supprimer un ennemi de son pays ». Cette thèse de

l’acte isolé est reprise telle quelle dans l’acte d’accusation dressé le 22 octobre 1915.

Après cinquante-six mois de détention préventive, Villain est acquitté par la cour d’assises de la Seine,

le 29 mars 1919. La veuve de Jaurès doit même payer les frais du procès.

 

Anatole France proteste : « Travailleurs ! Un verdict monstrueux proclame que l’assassinat de Jean Jaurès n’est pas un crime… ».

Raoul Villain s’exile alors à Santa Eulalia sur l’île d’Ibiza dans les Baléares. Peu après le début de la guerre d’Espagne,

le 17 septembre 1936, les Républicains l’exécutent pour espionnage au profit de l’armée franquiste.

 

poilus-7bbff

[2] Boucherie européenne pour laquelle seront sacrifiés par milliers

les peuples des colonies d’Afrique.

 

 

 

 

 

 

 

 

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  »Ce qui importe avant tout, c’est la continuité de l’action, c’est le perpétuel éveil de la

pensée et de la conscience ouvrière. Là est la vraie sauvegarde. Là est la garantie de

l’avenir. »

(fin du dernier article de J. Jaurès)
L’Humanité (31 Juillet 1914).

 

 

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