Bernard Gensane : « Lionel Jospin a-t-il existé ? »

Posté par communistefeigniesunblogfr le 29 avril 2011

Bernard Gensane :

Bernard GENSANE

Nouvelobs.com (qui m’a censuré, mais ceci est une autre histoire) a eu récemment la bonne idée de demander à

ses lecteurs de gauche qui n’avaient pas voté Jospin en 2002 s’ils regrettaient leur décision.

Comme je n’ai aucun regret, j’ai justifié mon choix en deux lignes. Je voudrais en dire un peu plus ici et me souvenir

d’un passé récent.

Lorsque Jospin a déclaré, plutôt gêné, que son projet (les responsables de gauche n’ont plus de programme mais des

projets) n’était pas socialiste, j’ai eu quelque peine à déglutir, sans pour autant être surpris. Durant ses cinq années au pouvoir, l’ancien trotskiste dur avait

constamment manifesté son allégeance à ce qu’on appelle pour simplifier « l’Europe libérale », l’Europe inféodée aux désirs de “ gouvernance ” du grand

actionnariat, des banques, en un mot des marchés. Par une casuistique bien à lui – qui finit par l’entraîner au fond du trou – Jospin avait déclaré être pour

l’économie de marché, mais contre une « société de marché ». Ce vieux renard lambertiste savait pertinemment que ces deux expressions étaient

parfaitement synonymes.

Avant cela, en 1997, la fermeture de l’usine Renault de Vilvorde – malgré sa promesse pendant la campagne des législatives – avait troublé la campagne

législative de 1997. L’annonce du “ plan social ” de Michelin à l’automne 1999 provoqua de fortes ondes de choc dans la gauche plurielle et dans l’opinion qui

lui était favorable. On comprit dès lors qu’il n’y avait pas plus de volontarisme jospinien que de beurre en broche. Chirac en profita pour manifester

(en toute démagogie) sa solidarité avec les ouvriers de Michelin. Le 13 septembre 1999, le Premier ministre socialiste avouait l’impuissance de l’État face aux

restructurations et aux drames sociaux. Quinze ans auparavant, Laurent Fabius avait opéré les mêmes choix drastiques contre les sidérurgistes. Entre 1980 et

1990, les “ restructurations ” coûtèrent 100000 emplois directs à la sidérurgie française, et au moins 100000 indirects. Une casse que l’on évalua alors à

100 milliards de francs. Alors que la sidérurgie était devenue nationale en 1981, l’Europe des marchés avait imposé les exigences du plan du vicomte belge

Davignon : arrêt des aides publiques, réduction de la production, suppression de 250000 emplois à l’échelle de l’Europe.

[Lire la suite sur : legrandsoir.info/]

 

Lire également : bernard-gensane.over-blog.com/Florilège (33) (texte consacré à Manuel Valls)

 

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