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Délocalisations : « Une arme de destruction massive de l’emploi »

Posté par communistefeigniesunblogfr le 22 avril 2011

Délocalisations :

Bernard GENSANE

 

Ce livre remarquable est bien la preuve que, pour l’hyperbourgeoisie, la crise n’est pas le problème, c’est la solution.

Éric Laurent n’appartient pas à la gauche. Il est parfois complaisant (voir ses livres sur Hassan II ou Konan Bédié). Mais dans le

métier, on dit de lui qu’il est un “ journaliste d’investigation ”, c’est-à-dire … un journaliste. Un vrai.

Sa dénonciation des délocalisations, par les patronats étatsunien et français en particulier, est puissamment documentée et offre

une mise en perspective exceptionnelle de ce problème économique, social et humain. Les capitalistes occidentaux ont cru qu’en

délocalisant ils allaient se servir de la Chine ou de l’Inde en qui ils ne voyaient que des pays tout juste bons à fabriquer des t-shirts

ou des jouets à deux balles. Ils comprennent désormais que ces pays dits “ émergents ” se servent d’eux. Même Wal-Mart,

cet immense empire de la distribution qui avait fait plier les gouvernements étatsuniens successifs, est désormais soumis aux logiques industrielle et

commerciale des Chinois (l’auteur consacre un chapitre édifiant aux ravages que l’entreprise des Walton a commis dans la société étatsunienne).

Pourquoi la Chine ? Parce que, rappelle Éric Laurent – et c’est là une remarque frappée au coin du bon sens, ce pays a été la première puissance mondiale

pendant dix-huit des vingt derniers siècles. Pourquoi l’Inde ? Parce que lorsque les Français et les Anglais (qui l’ont oublié) se disputaient ce pays au

XVIIIe siècle, son économie était plus puissante que la leur. Retour des choses.

Les responsables des délocalisations ne sont pas les Chinois, mais bien le monde des affaires occidental qui, souligne d’emblée l’auteur, « ne s’est jamais

révélé aussi hostile aux intérêts des travailleurs ». Les responsables sont au premier chef les entrepreneurs du CAC 40 qui ont fait passer la part

des emplois en France de 50 à 32% de leurs effectifs totaux. Délocaliser, c’est commettre un “ crime de bureau ”, pour reprendre la célèbre

expression utilisée lors du procès Papon. Cela signifie des salaires réduits, moins d’impôts pour financer l’éducation ou la santé, un déclin généralisé et une

perte irrémédiable de souveraineté.

Au sein de l’Europe, les grands groupes pratiquent également la “ délocalisation sur place ” en important des travailleurs de pays européens à la main-d’œuvre

bon marché. Comme France Télécom qui a recruté récemment des Portugais sur des contrats de deux ans. La complicité des pouvoirs publics est

totale :

l’Union européenne, les États, les régions financent les entreprises qui cherchent à délocaliser, avec l’argent même des contribuables.

En dix ans, l’emploi industriel a baissé en moyenne de 15% dans l’Union européenne, et de 20% en France.

[Lire la suite sur : legrandsoir.info/]

 

À  lire également :

« Le scandale des délocalisations » : Non, la mondialisation n’est pas heureuse !

 

Éric Laurent était l’invité d’Audrey Pulvar dans le 6/7 de France Inter (6h50 – 23 février 2011).

http://www.dailymotion.com/video/xh5un4

http://www.dailymotion.com/video/xh5un4_eric-laurent_news#from=embed

 

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