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Jean-Louis Nadal, premier procureur de France, dénonce « le mépris » et « l’instrumentalisation » de la justice

Posté par communistefeigniesunblogfr le 11 janvier 2011

Jean-Louis Nadal, premier procureur de France, dénonce 10 janvier 2011 – Mehdi Fikri

Justice

Le premier procureur accuse le pouvoir 

 

Lors de l’audience solennelle de la Cour de cassation, Jean-Louis Nadal a dénoncé « le mépris » et « l’instrumentalisation » de la justice, allusions aux propos du chef de l’État et de Brice Hortefeux.

L ’homme était déjà connu pour sa liberté de ton et l’acidité de son verbe. Pour son dernier discours avant son départ en retraite (1), il a fait très fort. Lors de l’audience solennelle de rentrée de la Cour de cassation, Jean-Louis Nadal, premier procureur de France, s’est livré à une contre-attaque en règle pour défendre la justice contre l’exécutif. Personne n’est nommément cité mais, entre les lignes, le magistrat tacle implicitement Nicolas Sarkozy ou Brice Hortefeux.

Le procureur sort ses griffes

« Prenons garde à l’instrumentalisation de la justice ! » lance le procureur général près la Cour de cassation. En septembre 2010, le président avait pris la population à témoin en jugeant « difficilement compréhensible » la remise en liberté d’un homme soupçonné du braquage du casino d’Uriage-les-Bains (Isère). En décembre, surfant lui aussi sur le présumé laxisme des juges, Brice Hortefeux avait déclaré que la condamnation à de la prison ferme de sept policiers par le tribunal de Bobigny pouvait « légitimement apparaître, aux yeux des forces de sécurité, comme disproportionné ». Sur ce point, Jean-Louis Nadal se montre intraitable : « Où sont les repères quand celui qui rappelle que l’accusé a des droits encourt le reproche d’avoir choisi le camp des assassins contre celui des victimes ? » « Inspirer à l’opinion des sentiments bas en instillant de manière extravagante la confusion entre la responsabilité du criminel et celle du juge dont on dénigre la décision  (…), tout cela avilit l’institution et, en définitive, blesse la République », estime Jean-Louis Nadal.

Le syndicat de policiers Synergie officiers, qui avait affirmé que le tribunal de Bobigny « ne condamne quasiment jamais les délinquants multirécidivistes à de la prison ferme », en prend aussi pour son grade. « Par quelles dérives, certains des représentants (de la police) se permettent-ils d’en appeler à l’opinion contre les magistrats quand ils prennent une décision qui leur déplaît ? »

Très remonté, Jean-Louis Nadal s’attaque aussi au statut du parquet, rappelant que le 15 décembre, la Cour de cassation a « dénié au ministère public la qualité d’autorité judiciaire », sans que le gouvernement ne réagisse. Alors que le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, a été nommé par l’exécutif, contre l’avis du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), le magistrat préconise a contrario de « couper tout lien entre l’échelon politique et le parquet pour ce qui concerne les nominations » et de confier ces dernières au CSM.

Avant de tirer sa révérence, le magistrat cite aussi un de ses prédécesseurs, André Dupin :

« Être indépendant, c’est savoir défendre son opinion, sa croyance et ses actes contre les actes du dehors, contre tous ceux qui, sans avoir le droit, font effort sur notre volonté pour nous imposer la leur. »

 

(1) Lire aussi les principaux extraits du discours 
de Jean-Louis Nadal.

 

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