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Agriculture : Économiquement, les agriculteurs sont au bord de la rupture

Posté par communistefeigniesunblogfr le 18 août 2010

Accueil 17 Août 2010 – Mickaël Guiho

Agriculteurs : une oreille pour ceux qui tirent la langue

 

Agriculture : Économiquement, les agriculteurs sont au bord de la rupture dans Agriculture vache

Un agriculteur se suicide chaque jour en France en moyenne. Parfois proches du dépôt de bilan et face à l’impossibilité de se verser un salaire à la fin du mois, malgré les aides publiques, les exploitants agricoles français sont dans une bien mauvaise situation.

C’est pour éviter des drames que la Chambre d’agriculture de la Creuse a annoncé la création d’une cellule spéciale pour l’écoute et l’accompagnement des agriculteurs en grande difficulté économique, morale et psychologique.

Une cellule d’écoute des agriculteurs en difficulté est installée cette semaine par la Chambre d’agriculture de la Creuse. Explications de son Président, Jean-Philippe Viollet, lui-même éleveur de race limousine dans le nord du département, et président de la FNSEA du Limousin.

Pourquoi créez-vous cette nouvelle structure ?

Économiquement, nous sommes au bord de la rupture. Les charges nous pèsent, les perspectives sont totalement bouchées. Et comme dans ce département, nous sommes majoritairement des éleveurs de races à viande, sans lait ni céréales, nous sommes confrontés à un silence assourdissant, on n’entend pas parler de nous.

S’ajoute à cela une sur-administration jamais égalée. Une fois, un contrôleur s’était mis dans la tête de vérifier la circonférence des bottes de foin dans chaque champ d’une exploitation, alors qu’il me parait évident que l’agriculteur utilise la même machine dans tous ses champs… Cela pourrait être drôle s’il n’y avait pas cette situation économique qui rend la chose invivable pour nos agriculteurs. Nous ne méritons pas cela. J’ai déjà eu des agriculteurs en larmes au téléphone. Les gens ne détournent pas de l’argent quand même, nous ne sommes pas des délinquants !

Il faut remettre de la simplicité, du respect, de l’affection dans tout ça. Les serveurs vocaux, très à la mode, sont les seuls interlocuteurs des exploitants agricoles. Nous avons des gens qui travaillent avec amour et qui se sentent lâchés, abandonnés, parfois exploités.

Comment fonctionnera cette cellule d’écoute ?

Nous voulons que des humains parlent à des êtres humains, avec respect. Dans notre personnel existant, nous désignerons un référant pour chaque sollicitation reçue, qui concernera des déboires administratifs, des problèmes d’impayés… Le référant communiquera ses notes et analyses à des professionnels, puis nous dirigerons nos agriculteurs vers les Ministères et autres organismes, avec une feuille de route et un calendrier, et nous vérifierons qu’on leur répond bien. Nous voulons nous rapprocher des agriculteurs, être à leur écoute, encore plus près, encore plus fort.

Comment en est-on arrivé à cette nécessité ?

Les plus grandes fortunes de ce pays sont maintenant pour beaucoup dans les grandes surfaces. Les Grandes et Moyennes Surfaces (GMS) pèsent sur 75 à 95% des prix, et ni le producteur, ni le consommateur, ne maitrisent plus rien. Pour avoir participé à certaines négociations, je peux vous dire que quelques groupes et quelques centrales d’achat sont capables de créer une mode alimentaire. Les consommateurs disent parfois leur mécontentement, mais ils y vont quand même.

Nous sommes dans une société de consommation, on essaye de profiter de vacances, de loisirs, on s’offre des écrans plats, et à côté de ça, le budget alimentaire diminue, c’est devenu secondaire. Au sortir de la guerre, l’alimentation prenait la moitié du budget des ménages ; aujourd’hui, avec la mondialisation et maintenant la crise économique, nous sommes à 13-14%. Le consommateur se focalise sur les bas prix obtenus grâce à la mondialisation ; et nous avançons ainsi vers une industrialisation outrancière de l’alimentation. Mais avec la crise économique, on ne peut pas en faire grief au consommateur.

 

Un consommateur qui, selon un sondage ifop de cette année, persiste à 49% à identifier les agriculteurs comme formant une « catégorie assistée ».

Les aides que nous recevons ne servent qu’à compenser notre recul dans le panier de la ménagère. Cela ne suffit même pas à dégager 500 euros par mois chez certains chefs d’entreprises dans des fermes relativement importantes. Et sans ça, nous serions dans un schéma ultralibéral, et peu le souhaitent. Les fondements de notre économie mixte ont juste besoin d’être améliorés. Il faut assurer des revenus aux agriculteurs. Si nous avions moins de charges, nous pourrions être plus compétitifs. Mais puisque ce n’est pas le modèle français, nous partons de ce qui existe, et nous demandons simplement que des revenus soient assurés aux agriculteurs. Chaque année, les comptes de l’agriculture sont publiés : il faudrait au moins orienter les aides selon l’état de chaque filière, une équité des soutiens, c’est ce que nous souhaitons, à la FNSEA, pour la PAC 2013.

Les agriculteurs sont-ils en voie d’extinction en France ?

Nous avons une autre cellule pour inciter les gens à entreprendre. Notre image s’améliore : nous avons des femmes, de plus en plus de jeunes qui viennent vers nous. Nous essayons de les mettre face à la réalité, car ce n‘est pas un jeu. Il faut être très formé, on n’est pas du tout certain de gagner sa vie, des agriculteurs mettent la clé sous la porte et cherchent un nouveau travail… Parmi les agriculteurs actuels, ce qui nous inquiète, c’est que l’on entend souvent dire « si on avait su »… Mais je crois qu’il faut encourager les gens à rejoindre le monde agricole.

Tout le monde s’accorde à dire qu’il faut aider l’agriculture sinon cela va vite être plié. Mais le drame, c’est que si au début nous avions trouvé des soutiens très clairs, au fur et à mesure, on a rajouté des schémas pour faire des économies (promettre des aides mais avec un seuil et un plafond restrictifs,…) créé un tas de structures de contrôle qui ne se parlent plus. Maintenant, chacun va vouloir donner son avis, mais en attendant, les agriculteurs souffrent. Pourquoi ne pas faire simple ? Il faut que les contrats soient simples, et les contrôles aussi. Nous voulons vraiment éviter des drames humains, et pour ça, le bon sens paysan doit l’emporter.

 

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