L’ÉDITO DE L’HUMANITÉ : Droit dans ses bottes ?

Posté par communistefeigniesunblogfr le 28 juin 2010

edito_huma.jpg27 Juin 2010 – Michel Guilloux

Droit dans ses bottes ?

 

Le chef de l’État avait donné le ton la veille, préférant recevoir à l’Élysée un gréviste du dimanche lorsque près de deux millions de salariés descendaient dans la rue. Son premier ministre a emboîté le pas hier. Le pouvoir à son plus haut sommet a opté pour l’épreuve de force avec le pays. La ligne fixée tient en trois phases : premièrement, il n’est pas question de retrancher si ce n’est une virgule du texte mettant en pièces le droit à la retraite à soixante ans ; deuxièmement, une cure d’austérité à la brutalité sans précédent va s’abattre sur le pays ; enfin, les marchés financiers peuvent être rassurés : si c’est au prix du sang et des larmes de millions de Français que tout cela sera payé, la priorité est bien le « service de la dette », entendez de ces créanciers de la finance grassement renfloués sur ces mêmes deniers publics. À un projet de plus en plus largement ressenti, et à raison, comme injuste, dont il entend mener l’adoption au pas de charge, l’hôte de Matignon ajoute la baisse des prestations de l’assurance-maladie, il envisage froidement le gel, donc la baisse, là encore, des revenus des fonctionnaires, celui des dépenses de l’État et menace les revenus des collectivités territoriales. Un effort « sans précédent », a-t-il souligné.

 

Face à la colère qui monte du pays, le pouvoir a choisi le coup de massue. À sa manière, Christine Lagarde a vendu la mèche hier. Tout cela est fait pour conserver la fameuse « notation » de la France, ce brevet de bonne conduite décerné par ces agences qui, de concert avec les grandes firmes du tout financier, mènent la danse de l’argent fou. Hier, elles contribuaient à la bulle immobilière américaine. Les membres du G 8 ont regonflé les banques, reparties dans leur course au profit immédiat. Alors aujourd’hui, elles réclament la mise sous tutelle des peuples pour se nourrir de la dette publique. C’est le cas de la Grèce, avec le « secours » du FMI. Ce n’est pas nécessaire en France : le pouvoir s’y soumet de bonne grâce. Entre gens du même monde, n’est-ce pas. Dès les dernières banderoles repliées jeudi soir et jusqu’à hier matin, les ministres concernés avaient du mal à s’en tenir au couplet déjà usé du « nous continuons de dialoguer » et rivalisaient à qui trouverait la meilleure comparaison pour estimer qu’en définitive, il ne se serait rien passé le 24 juin en France. Bof ! C’est moins qu’au plus fort des cortèges du printemps 2009. Non, qu’en 1995. Mais non, qu’en 2003. Peut-être François Fillon rêve-t-il de rééditer son mauvais coup de 2003. Á vouloir rester droit dans ses bottes, qu’il se souvienne d’Alain Juppé. Notons que tous prennent garde d’éviter de convoquer le spectre de 2007 et du CPE. Car on peut prendre les choses par tous les bouts : jeudi, il y a eu, dans la rue, le double de manifestants que le 27 mai dernier. Cela dessine le début d’un mouvement, non son acmé. La colère devant l’injustice, que ressentent des millions de salariés du public et du privé, est un puissant ciment qui remet en selle un large front syndical, que certains étaient tentés de quitter, momentanément. Mardi prochain, ses composantes se retrouveront. Nul doute qu’elles décideront d’amplifier leur travail d’explication durant l’été. La gauche, dans toutes ses composantes s’est mise de la partie, à l’instar des députés communistes et du PG qui ont déposé leur propre contre-projet à l’Assemblée. De ce côté-là aussi, le débat va s’amplifier dans le pays. Les organisations syndicales et politiques de jeunesse sont elles aussi mobilisées. Ou bien le projet Woerth est retiré et un vrai débat s’instaure. Ou bien rendez-vous à la rentrée.

 

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