Nicolas Sarkozy et le sens des priorités

Posté par communistefeigniesunblogfr le 25 juin 2010

Publié sur : Le Courrier.ch (Quotidien suisse et indépendant)

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Nicolas Sarkozy et le sens des priorités

Paru le Vendredi 25 Juin 2010

SIMON PETITE

International C’est ce qui s’appelle avoir le sens des priorités. D’un côté, des centaines de milliers de Français dans la rue ou en grève pour protester contre la fin de la retraite à 60 ans. De l’autre, vingt-trois footballeurs revenant piteusement d’Afrique du Sud.
Et devinez qui Nicolas Sarkozy a reçu malgré son agenda officiellement surchargé? Thierry Henry, l’attaquant vedette de l’équipe de France. Pour s’occuper des déboires des Bleus, le président a décommandé une rencontre de préparation au G20 de ce week-end. La régulation financière ou l’aide au développement passent après les caprices d’une équipe d’ados attardés millionnaires, mais bientôt retraités.
L’épisode en dit long sur le système Sarkozy. Le président ne peut s’empêcher de monopoliser l’espace médiatique. Il lui aurait été impossible de rester hors-jeu alors que les Bleus ne quittent plus la «une». Dans cette logique, il est bien plus important de communiquer que de gouverner. A l’Élysée, on a les yeux rivés sur le 20heures. Beaucoup moins sur la rue.

Le président Sarkozy ne se contente pas de son omniprésence médiatique. Depuis la réforme de l’audiovisuel, il nomme les directeurs des télévisions et des radios publiques. Ce mode de désignation rend suspecte la moindre décision, à l’image des licenciements des humoristes Stéphane Guillon et Didier Porte sur France Inter, qui n’épargnaient ni Sarkozy ni ses ministres.
Ne parlons même pas des chaînes privées, qui appartiennent toutes à des proches du chef de l’Etat. Pour compléter le tableau, Nicolas Sarkozy n’est pas non plus insensible à l’avenir de la presse, comme en témoigne son intervention dans les tractations pour trouver un repreneur au journal Le Monde.
Nicolas Sarkozy n’a rien inventé. Le modèle en la matière s’appelle Silvio Berlusconi. Avant de se lancer en politique, le Cavaliere a fait fortune dans les médias. Depuis qu’il est à la tête de l’Italie, il a transformé la Péninsule en «médiacratie», poussant la personnification du pouvoir, la simplification des enjeux et la polarisation avec ses adversaires politiques à un niveau jamais atteint dans une démocratie.
Il n’est pas étonnant que dans un tel système le ballon rond, spectacle immensément populaire, joue un rôle incontournable. Les victoires sportives ont toujours été instrumentalisées politiquement, surtout par les dictatures. Le phénomène touche désormais les démocraties, qui récupèrent même les défaites. 

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