Danger sur le secteur de la petite enfance !

Posté par communistefeigniesunblogfr le 31 mai 2010

 Article paru dans l’Humanité du 29 mai 2010 – Charlotte Légrésy

Crèches « Luttons pour nos enfants »

Le collectif « Pas de bébés à la consigne » organise ce samedi, à Paris et en province, une série de manifestations. Rencontre avec une puéricultrice militante.

Maria est auxiliaire puéricultrice depuis vingt-deux ans, maman de deux grands enfants et militante. Une triple casquette qui justifie d’autant sa présence au sein du collectif. Elle évoque le « danger » qui plane sur le secteur de la petite enfance, ainsi que l’attitude de « mépris du gouvernement pour les professionnels que (nous) sommes ». « Les crèches bondées et les professionnels surmenés, je le vois sur le terrain. Depuis que je travaille, les décisions gouvernementales sont toujours allées dans le mauvais sens. »

Le décret de Nadine Morano, secrétaire d’État à la Famille, va « limiter le nombre de professionnels auprès des enfants. Je suis convaincue que cela n’a rien de bon. J’accueille des enfants âgés de trois mois à trois ans, ils ont besoin d’un suivi personnalisé et de beaucoup d’écoute et de disponibilité. Il faut à tout prix préserver cela. Si je milite pour le retrait de ce décret, c’est que je suis intimement convaincue que la sécurité physique et affective des enfants est primordiale ». 
Maria insiste sur le « manque de moyens accordés à la formation de professionnels du domaine de la petite enfance » et souligne que « sans formation solide, il ne peut y avoir de respect du rythme des enfants, indispensable à leur développement psychomoteur ».

« Je pense que les enfants d’aujourd’hui étant les adultes de demain, il est insoutenable de ne pas donner les moyens nécessaires à leur éveil et leur sécurité, ajoute-t-elle. Je crois par ailleurs que ce décret est source d’injustice en favorisant le secteur privé payant. » De plus, 68 000 places en école maternelle ont été supprimées et « les places en crèche manquent ». Pour Maria, « ce sont les femmes qui ne pourront financer la garde de leurs enfants dans le privé qui seront discriminées ».

 

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Extrait :

[l'application du décret Morano] signifierait : plus d’enfants accueillis par moins de professionnels, moins bien qualifiés. Il en résulterait plus de stress pour les professionnels, moins de disponibilité et d’attention, plus d’insécurité matérielle et affective pour chaque enfant. La déqualification croissante d’emplois de la petite enfance, essentiellement occupés par des femmes, apporterait un démenti cinglant aux prétendues politiques de promotion professionnelle des femmes.

D’autres décisions illustrent une politique à marche forcée vers moins de qualité : demain, des structures d’accueil collectif dénommées maisons d’assistantes maternelles pourraient déroger à toute norme de fonctionnement ; demain encore, les modes d’accueil collectifs risquent d’être inclus dans le champ de la directive européenne « services » et soumis aux règles de la concurrence qui se traduisent par moins de réglementation protectrice et moins de financements publics.

Il manque à notre pays quatre cent mille places pour l’accueil des tout-petits. Le gouvernement a prévu d’en créer deux cent mille, dont la moitié chez les assistantes maternelles et l’autre en accueil collectif. À bien y regarder, on n’accroît pas le nombre d’assistantes maternelles mais on augmente leur responsabilité en élargissant l’agrément à quatre enfants au lieu de trois, au moment où leur formation initiale pourrait se voir sacrifiée.

Pour les crèches, soixante-seize mille places sont évoquées dont quarante mille seraient magiquement obtenues en organisant un « surbooking » des structures avec 20 % d’inscrits en surnombre. La Cnaf n’a en conséquence prévu de financer que trente mille nouvelles places entre 2009 et 2012. 

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