Pour dénoncer l’insalubrité de leurs logements, des étudiants lillois font la grève des loyers

Posté par communistefeigniesunblogfr le 25 février 2010

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JULIE BAR

 

« 9 m2, cafards compris »

22 dans Logement

 

Depuis trois semaines, plusieurs centaines d’étudiants de la métropole lilloise font la grève des loyers pour dénoncer l’insalubrité des logements.

Reportage à Mons-en-Baroeul.

Dans la chambre de Noémie, ça sent le renfermé. Un relent de moisissure et une odeur moite. « J’ai deux déshumidificateurs mais ça ne change rien, explique la jeune fille. Ma fenêtre part en lambeaux et tout est humide tout le temps. » Sur son mur, une affiche photocopiée manie l’ironie : « Concours photos de la résidence la plus pourrie. Cadeau : une boîte de chocolat.  » De quoi faire rire jaune.

Depuis trois semaines, à l’initiative de la Fédération des étudiants en résidence universitaire de France (Féruf), de l’UEC et de la CGT Crous, ils sont ainsi quelque 400 étudiants de la métropole lilloise à refuser de payer leur loyer. Le but : dénoncer l’état de délabrement dans lequel se trouvent leurs logements. Pour l’heure, le mouvement touche quatre résidences, dont Van-der-Meersch, à Monsen- Baroeul. « Van-der-Meersch, on l’a rebaptisé “VDM” comme Vie De Merde ! » ironise d’ailleurs Noémie.

PROCÉDURE DE RECOUVREMENT

Ici, la plupart des chambres sont dans un état déplorable. Fenêtre en bois sans double vitrage, toiture en mauvais état qui laisse filtrer les pluies au quatrième étage. Sans parler des insectes qui s’invitent. « Les cafards, ils sont toujours là, j’en ai même baptisé un Billy le survivant, il ne voulait pas partir, explique Sabrina, qui loge dans la résidence depuis plus de deux ans. Pourtant, tous les mois, je nettoie ma chambre de fond en comble, mais ils reviennent toujours. Et encore, moi, ça va, il y a une fille qui a eu sa chambre inondée l’année dernière. »

L’état de la résidence oblige les étudiants à trouver des parades. « Quand on va aux toilettes, on doit choisir la moins sale, explique Sabrina. Et encore, quand on peut choisir : la plupart du temps, si une douche ou une toilette ne marche plus, ils la ferment ! » La directrice de la résidence minimise les problèmes. « Nous, à notre niveau, on ne peut rien faire. Demandez à la directrice du Crous. Selon moi, il faudrait raser et reconstruire, ce serait mieux. » Une idée que rejette la CGT Crous, l’UEC et la Féruf.

Depuis des semaines, Pierre, de l’UEC, et Hugo, pour l’Unef, portent les revendications qui font écho auprès des 400 étudiants en grève de loyer. « Nous revendiquons un gel des loyers, la construction de nouveaux logements en 9 m2, la rénovation des anciens logements sans augmentation de prix, le retour du prix du ticket de restaurant universitaire à 2,50 euros et l’augmentation des bourses et du nombre de boursiers. » Derrière ces revendications, il y a une vraie peur de privatisation du Crous. Le Crous que les étudiants comparent à EDF : « Un désengagement croissant de l’État s’accompagne d’un report du prix sur les étudiants, qui deviennent des clients », note Pierre.
Guillaume, qui a connu Liévin et Nancy, souligne les disparités entre résidences : « J’avais Internet gratuit et illimité avant, ici c’est 15 euros par mois. » Il met en garde sur la rénovation et la construction de nouveaux logements. « Il ne faut surtout pas augmenter les loyers. J’ai 310 euros de bourse, si mon logement devient un 13 m2, avec un loyer de 300 euros, je mange avec quoi ? Dix euros ? » Pierre ajoute : « Ces logements datent d’il y a 30-40 ans. Ils répondaient à une réalité de l’époque. Depuis, il y a eu une explosion des inscriptions en fac. » Et aucune réponse viable, selon les étudiants, qui contestent l’efficacité du plan Campus.

Un étudiant étranger monte les escaliers à la peinture jaunie qui s’effrite. Il discute un instant avec Sabrina. Lui ne fait pas la grève des loyers. « Mon oncle sur Paris s’est porté caution pour moi et je bosse au resto du Crous de Lille-I, je ne peux pas. » Il faut dire que le Crous n’hésite pas à faire les gros yeux aux récalcitrants. Laurent Soucheyre, le responsable de la division « vie de l’étudiant », a mis en garde les grévistes, qui s’exposent, selon lui, à « des procédures de recouvrement de loyer, y compris contentieuses ».
Les résidents de VDM n’en démordent pas. « On a mis de côté les loyers non payés, au cas où, précise Sabrina. Mais qu’ils essayent, ça prendra des mois. »


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