11 février 1950 : création du SMIG

Posté par communistefeigniesunblogfr le 16 février 2010

Le SMIG (Salaire minimum interprofessionnel garanti) a été créé par la loi du 11 février 1950. Il a été remplacé par le SMIC (salaire minimum interprofessionnel de croissance) le 1er janvier 1970. Il a alors pour objectif d’aider le salaire minimum à rattraper son retard sur le salaire moyen.

Le nombre de salariés payés au Smic est passé d’un peu plus de 8 % des salariés en 1993 à 14,5% en 2008.

Au 1er juillet 2008, il y avait 3,37 millions de « smicards » en France (+9% en un an), représentant 14,5 % des salariés. Ils constituaient 41,4 % des salariés du secteur domestique, 33,2 % des salariés des services aux particuliers, 31,3 % des salariés agricoles, 22,1 % des salariés des industries agro-alimentaires et 9,4 % des salariés de l’État, du secteur hospitalier public et des collectivités locales. Il y avait alors très peu de « smicards » dans le secteur de l’énergie (0,3 % des salariés) ou dans l’industrie automobile (1,4 % des salariés).

A cette même date, les salariés à temps partiel constituaient 53,9 % des salariés des services aux particuliers et 52,3 % des salariés des industries agroalimentaires, mais ils n’étaient que 0,6 % dans le secteur de l’énergie et 2,4 % dans l’industrie automobile.

Aujourd’hui plus de 900 000 Smicards sont à temps partiel dont 80 % de femmes.

Voir le tableau sur : insee.fr/ 

Source : cftc-paris.com/

11 février 1950 : création du SMIG dans ECONOMIE smicard2

Depuis le 1er janvier 2010, le Smic brut horaire est de 8,86 euros soit 1056,24 euros net par mois sur la base de 35 h hebdomadaires : + 6 euros et 7 centimes par mois !!! (2 cornets de frites en région parisienne)

Comparons avec le salaire d’Henri Proglio, nouveau patron d’EDF qui, comme chacun sait, « ne travaille pas pour l’argent » :

Quand un ouvrier gagne un euro en 10 minutes, lui gagne un euro toutes les cinq secondes. 12 € à la minute, 720 € de l’heure, 150 smic par mois… (source : D. Delpiroux, ladepeche.fr)

Clotilde Mathieu

 

Soixante ans de remise en cause du SMIC

Depuis sa création, le salaire minimum français, à en croire le patronat, la droite et les libéraux, serait responsable de tous les maux du marché du travail.

Héritage des Trente Glorieuses, il y a soixante ans, le Smig, salaire minimum interprofessionnel garanti, ancêtre du Smic, est né le 11 février 1950 afin d’assurer aux salariés français des revenus minimums. Á l’époque, il est fixé à 64 francs pour la province, soit un peu plus de 1,66 euros actuels, et 78 francs (2 euros) pour la région parisienne. En 1960, à peine 2 % des Français étaient payés au Smig, ils sont 18,2 % de salariés aujourd’hui. Il concerne aujourd’hui un salarié sur dix en France, soit 2,6 millions de personnes. Cet anniversaire relance les libéraux qui veulent tout simplement le supprimer. Pour eux, le Smic serait responsable de tous les maux : parce qu’il a trop augmenté, il interdirait l’accès à l’emploi aux jeunes, et aux moins qualifiés, et il serait responsable de la compression des salaires en France.

L’idée que le salaire minimum est néfaste pour l’emploi, car il renchérit le coût d’embauche des moins qualifiés, est une vieille lune qui avait servi à justifier en 1993 l’idée d’un Smic jeunes, finalement abandonnée grâce à la mobilisation.

En réalité, les revalorisations annuelles du Smic ont été compensées par des baisses des cotisations sociales employeurs, qui ont limité l’augmentation du coût du travail. D’autant plus que, dans le même temps, la productivité horaire des Français était une des meilleures au monde. Dans un contexte de chômage de masse et de rapport de forces favorable aux employeurs, les entreprises ont pu allègrement recruter pour les nouveaux emplois mal rémunérés, des salariés dotés de diplômes, avec beaucoup d’expérience. Une hypersélectivité qui a exclu les jeunes et les moins qualifiés.

Parallèlement, cette « smicardisation » de la société ainsi que l’écrasement de la hiérarchie des salaires s’expliquent en grande partie par les allégements de charges sur les bas salaires (jusqu’à 1,6 fois le Smic aujourd’hui), qui représentent environ 30 milliards d’euros par an. Ce dispositif mis en place par Alain Juppé en 1993 dissuade les entreprises de revaloriser les salaires de leurs employés les moins bien rémunérés, car il faudrait payer à la fois plus de salaire et plus de cotisations. Elles n’ont donc aucun intérêt à proposer aux salariés à bas salaires une évolution de carrière. Les salaires médians se sont fait rattraper par les hausses annuelles du Smic, d’où un tassement des salaires en bas de l’échelle mais pas en haut et une impression de déclassement pour les salariés des classes moyennes. C’est ce que l’on appelle en jargon économique l’effet « trappe à bas salaires ».

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