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L’émeute du 6 février 1934 et la riposte populaire antifasciste

Posté par communistefeigniesunblogfr le 6 février 2010

Les différentes manifestations

Le 6 février, plusieurs manifestations ont lieu simultanément. Les ligues d’extrême-droite, qui jouent un rôle très important dans l’entre-deux-guerres, notamment lorsque la gauche est au pouvoir, ce qui est le cas depuis les élections législatives de 1932, forment plusieurs cortèges.

Parmi les principales ligues fascisantes présentes le 6 février, la plus ancienne est l’Action française. Fondée en 1898/1899 par Maurice Pujo, Henri Vaugeois et Charles Maurras (60 000 membres), elle a pour but de renverser « la gueuse » (la République) afin de restaurer la monarchie. Elle s’appuie sur les Camelots du Roi, qui, malgré des effectifs assez limités, sont très actifs dans la rue. De fondation plus récente (1924), les Jeunesses patriotes, qui revendiquent l’héritage de la Ligue des patriotes, comptent 90 000 membres dont 1500 font partie des « groupes mobiles ». Créées par Pierre Taittinger, député de Paris, elles entretiennent des rapports étroits avec des hommes politiques de droite, et comptent dans leurs rangs plusieurs conseillers municipaux de la capitale. Quant à la Solidarité française, fondée en 1933 par le richissime parfumeur François Coty, elle est dépourvue d’objectif politique précis et ses effectifs sont moins élevés. Mentionnons enfin, bien que ses effectifs soient insignifiants, le francisme de Marcel Bucard.

Les Croix-de-feu, créées en 1926 sous la forme d’une association d’anciens combattants, ont élargi leur recrutement à d’autres catégories sous l’impulsion de leur chef, le colonel de la Rocque. Bien que son caractère fascisant soit discuté, les Croix-de-feu s’apparentent à une ligue, la première en nombre d’adhérents. Elles aussi sont dotées de groupes de combat et de défense, les « dispos ».

La Fédération des contribuables, dont les dirigeants ont des objectifs politiques proches de ceux des ligues, appelle à manifester dès le mois de janvier.

En plus des manifestants de janvier, les très puissantes associations d’anciens combattants appellent aussi à la mobilisation le 6 février. La plus importante d’entre elles, l’Union nationale des combattants (UNC), dont les idées sont proches de la droite et qui est présidée par un conseiller municipal de Paris, compte pas moins de 900 000 membres. Mais l‘Association républicaine des anciens combattants (ARAC), proche du Parti communiste français, appelle également ses troupes à défiler le 6 février, bien que sur des mots d’ordre différents.

L’émeute

L'émeute du 6 février 1934 et la riposte populaire antifasciste dans HISTOIRE Concorde1934

Les ligues de droite et d’anciens combattants appellent donc à manifester le jour même de l’investiture de Daladier, à Paris, place de la Concorde, en face de la Chambre des députés (le Palais Bourbon). Au total 30 000 manifestants dont une bonne majorité d’anciens combattants. Tous se mobilisent sur le thème : « À bas les voleurs ! » et réclament davantage de civisme, d’honnêteté.

À l’appel du colonel de La Rocque, les Croix-de-feu se dispersent rapidement. Bien que proches du Palais-Bourbon, siège de la Chambre des députés, ils se refusent à occuper celui-ci. Leur dispersion rend vaine toute possibilité de renverser le régime par la force.

Mais autour de la place de la Concorde, la manifestation dégénère.

Des milliers de militants en armes tentent de marcher sur le Palais Bourbon. La gendarmerie mobile tire. Les affrontements se prolongent pendant la nuit. Quinze manifestants et un policier sont tués. On compte 1435 blessés.

Source : Wikipédia

La riposte antifasciste

Les forces de gauche ont reconnu dans l’émeute le visage du fascisme et du nazisme. En rangs dispersés, elles ripostent.

Dans la nuit du 6 au 7 février, la gauche socialiste réitère ses propositions d’action commune à la direction de la S.F.I.C., celle-ci répond par une fin de non-recevoir.  Le P.C. invite le 8 « les ouvriers socialistes et communistes » à hâter la réalisation du front unique en manifestant dans la soirée du 9, place de la République.

Le gouvernement interdit la manifestation mais les communistes maintiennent leur mot d’ordre. La gauche socialiste renonce à l’action qu’elle envisageait. Cependant nombre de militants socialistes rejoignent, le 9, les communistes dans la rue. Ample et résolue, cette première riposte de masse au fascisme se heurte à la violente répression policière. Neuf militants ouvriers paient de leur vie d’avoir dit non dès la première heure.

Un mot d’ordre de grève est lancé par la CGT pour le 12 février. Pour mieux asseoir son action, elle s’assure le soutien des principales organisations de gauche dont elle exclut les communistes et les radicaux.

Mais les syndicats unitaires sont un terrain d’expérience où se met en oeuvre une nouvelle pratique du Front unique. Certains d’entre eux proposent dès le 7 une action commune à leurs homologues confédérés, initiative qu’accepte la C.G.T.U. qui lance un appel à « la grève revendicative et politique de masse » pour la satisfaction des revendications immédiates et contre le fascisme. Elle choisit également la date du 12 février.

Le 10 février, des intellectuels s’engagent pour hâter la réalisation de l’union. Alain, Breton, Eluard, Jeanson, Guéhenno, Malraux, Martinet, Léger, Signac, Vigo et bien d’autres proclament leur soutien à la grève générale.

Une de l’Humanité du 11 février 1934

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Le 12, près d’un million de travailleurs sont en grève. Un chiffre énorme pour la première grève politique de masse de la classe ouvrière française.

La manifestation parisienne donne à la journée sa valeur de symbole. Socialistes et sympathisants se sont rassemblés sur le côté sud du cours de Vincennes. Les communistes se regroupent sur le côté nord. Côte à côte pour la première fois, à défaut d’être ensemble, ils sont près de 200 000 à crier leur haine du fascisme. Séparés d’abord, les cortèges bientôt se fondent aux cris d’Unité d’action ! Unité !

Source : Danielle Tartakowsky, Claude Willard in Histoire de la France contemporaine, Tome V.

Sources iconographiques : La Bataille socialiste

 dans HISTOIRE

Place de la Nation, le 12 février

 

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Images d’archives commentées par Alexandre Addler, historien

http://www.dailymotion.com/video/x1h6di

 

Voir également pour les documents :

http://www.laclasse.com/pls/public/affiche.document?

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