• Accueil
  • > ECONOMIE
  • > Italie : Amiante, le plus grand crime industriel de masse du XXe siècle

Italie : Amiante, le plus grand crime industriel de masse du XXe siècle

Posté par communistefeigniesunblogfr le 9 décembre 2009

À la une dans l\'Humanité

Empoisonnée par l’amiante, une ville à l’heure du procès

Par Philippe Jérôme

Aboutissement de trente années de lutte à Casale Monferrato dans le Piémont,

le maxiprocès pénal contre Eternit s’ouvre jeudi à Turin.

Sur place, les victimes du plus grand crime industriel du XXe siècle se comptent par milliers.

 

Turin (Italie), envoyé spécial.

« Eternit, Giustizia ! » : c’est le cri d’une colère aussi immense que l’espoir d’obtenir enfin justice face à Eternit, la multinationale du fibrociment, qui éclate en grandes lettres noires sur un drapeau aux couleurs de l’Italie. On le lit partout à Casale Monferrato. Il est accroché aux balcons de coquettes villas au pied des collines striées de vignes, il flotte aussi sur le stade communal. Il est apposé sur le portail du lycée scientifique, dans la vitrine du pharmacien, au siège du ski-club et à la bourse du travail, bref sur tous les bâtiments qui cernent la place centrale du château. C’est de là, à l’ombre d’un campanile baroque et à quelques centaines de mètres de « l’usine de la mort » qui n’est plus que ruine au bord du Pô, que partent ce jeudi matin de bonne heure, en direction du palais de justice de Turin, dix bus de cinquante places, un pour les représentants politiques de cette commune de 35 000 habitants, les neuf autres pour des manifestants, la plupart victimes d’Eternit.

Á leur tête, Romana Blasotti Pavesi, la mère courage d’une tragédie vécue dans ce coin de la campagne piémontaise ou, entre rizières et forêts, il devrait faire bon vivre. Fille d’un immigré slovène, elle a vu son mari, salarié d’Eternit, mourir à petit feu d’asbestose six ans seulement après avoir pris sa retraite en 1977. Elle a perdu ensuite une fille et plusieurs membres de sa famille qui n’avaient pourtant jamais mis les pieds à l’usine. D’ailleurs depuis 1986, date de fermeture de l’établissement, qui n’employait plus alors que trois cent cinquante salariés, ce sont deux mille citadins au moins qui sont morts de maladies dues à l’amiante. Pendant quatre-vingts ans, Casale Monferrato, centre de gravité du triangle Milan (BTP), Turin (automobile) et Gênes (port industriel) situé à quelques encablures de la plus grande mine d’Europe, a vécu amiante, bâti amiante, respiré amiante et pas seulement dans les ateliers d’Eternit.

[Lire la suite]

 

Laisser un commentaire

 

ahmed remaoun |
Fabrice FRICHET |
LE BLOG EDUCATIF |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | ALGERIE/ PARTIS POLITIQUES/...
| MATTNA
| Bloc-notes de Raoul d'Andrésy