Violences faites aux femmes

Posté par communistefeigniesunblogfr le 26 novembre 2009

l’Humanite.fr/ - 25 novembre 2009 – Entretien réalisé par Lina Sankari

 

« Une campagne télé ne suffit pas »

 

Un nouveau texte de loi pour lutter contre les violences faites aux femmes doit être présenté aujourd’hui. La féministe Suzy Rojtman explique pourquoi il est urgent de légiférer.

Depuis 2007, une proposition de loi, déposée par le groupe de la gauche démocratique et républicaine, traîne dans les tiroirs du Parlement. Aujourd’hui, un texte est une nouvelle fois déposé à l’Assemblée par des parlementaires de différentes couleurs politiques. Ils demandent, notamment, la création d’un délit de harcèlement psychologique au sein du couple, l’extension des possibilités d’éviction du conjoint violent du domicile et la création d’un délit de mariage forcé ou la délivrance d’un titre de séjour aux victimes.

Entretien avec Suzy Rojtman, porte-parole du Collectif national pour le droit des femmes.

Pourquoi une loi est-elle nécessaire  ?

Suzy Rojtman. Il est vrai que le corpus législatif s’est renforcé depuis 1980 et la loi sur le viol. Pourtant, malgré les dispositifs juridiques réprimant les comportements de violence, nous estimons qu’une loi-cadre est plus que jamais nécessaire. Elle vise à englober tous les aspects des violences faites aux femmes, tant au niveau de la répression qu’au niveau de la prévention, de la sensibilisation du public, de la solidarité ou de la prise en compte des conséquences des violences au travail…

La loi-cadre espagnole, souvent citée en exemple, a-t-elle porté ses fruits  ?

Suzy Rojtman. C’est difficile de le mesurer mais cela permet sans doute de sensibiliser l’opinion et d’arriver à ce que les femmes n’aient plus peur de porter plainte. L’enquête nationale sur les violences faites aux femmes en France a démontré, en 2000, que 48 000 d’entre elles étaient victimes de viols mais que seulement 5 % osaient porter plainte. Passer devant les tribunaux, briser la loi du silence, cela permet également d’alerter l’opinion.

Que pensez-vous de la mise en place d’un portable d’urgence expérimenté par 20 femmes en Seine-Saint-Denis  ?

Suzy Rojtman. Cela ne peut constituer la seule mesure, d’autant que ce dispositif ne concerne que les violences conjugales. Michèle Alliot-Marie monte en épingle le portable d’urgence alors qu’en fait, c’est trop léger. On ne peut se contenter d’une campagne télévisée, il faut dépasser le stade du descriptif. Or, le fond du problème, c’est qu’il n’existe aucune volonté politique sur le sujet.

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