Arrivée massive de chômeurs en fin de droits

Posté par communistefeigniesunblogfr le 26 novembre 2009

 Avec l’augmentation de la durée du chômage, on va assister d’ici quelques mois, voire quelques semaines, à l’arrivée massive de chômeurs en fin de droits.

Que percevront-ils ? L’ASS, le RSA… Ou plus rien ?

Publié sur : laMarseillaise.fr/ – 28 octobre 2009 – Angélique Schaller

La solitude du chômeur en fin de droits

Un mois avant l’échéance, un dossier arrive dans la boîte aux lettres : un dossier d’allocation spéciale de spécifique. Rien n’assure que le droit sera ouvert mais le courrier sonne le gong de l’indemnité chômage. Désormais, ce sera l’ASS, le RSA… Ou plus rien.

« La plupart du temps, les gens nous demandent s’il n’y a pas de prolongations possibles. Quand ils ont bossé parfois jusqu’à 20 ans, ils ont du mal à croire qu’ils n’ont droit qu’à deux années d’indemnisation ». Johanna Saldomando est conseillère à Pôle Emploi, dans une agence des quartiers Nord de Marseille. C’est dans son bureau qu’arrivent les chômeurs en fin de droit, ceux qui, un mois avant l’échéance, viennent de recevoir chez eux un dossier d’allocation de solidarité spécifique, l’ASS, une aide d’État. « Les gens peuvent avoir de 6 à 24 mois d’indemnisation, voire 36 mois s’ils ont plus de 50 ans. On leur dit quand on ouvre leur droit. Mais la plupart du temps ils ne comprennent pas. En revanche, ils subissent », apprécie Jean-Marc Cavagnara, délégué CFDT à Pôle Emploi.

« Le temps passe vite surtout que le chômage est une période difficile »

« Subissent », le terme n’est pas trop fort puisqu’en quelques jours, des personnes peuvent basculer dans le « plus rien ». Car l’ASS est subordonnée à des critères, parmi lesquels l’obligation d’avoir travaillé au moins cinq ans durant les dix dernières années. Et que ce n’est qu’avec un récépissé de refus qu’ils pourront se tourner vers la CAF pour faire une demande de RSA qui, elle, sera notamment soumise au revenu d’un mari ou d’un parent.
    « Ils ont effectivement l’information à leur arrivée. Mais c’est un papier comme un autre qui, en plus, n’est délivré qu’une fois », confirme Johanna Saldomando. Cette jeune femme arrivant de Paris et affiliée à la CGT développe : « le temps passe vite surtout que le chômage est une période difficile. Il faut d’abord faire le deuil du boulot que l’on vient de perdre. Au début, les gens ont encore des espoirs, d’un emploi au moins aussi intéressant avec un salaire comparable. Mais les refus s’accumulent et le temps va passer très vite ».
    ASS ou RSA, les bénéficiaires ont obligation d’être toujours inscrit à Pôle Emploi. Johanna va donc continuer à les voir. Et à continuer « d’exiger » d’eux ce qui relève des « devoirs » du chercheur d’emploi : pointer tous les mois, assister à un entretien mensuel, mentionner chaque départ de plus d’une semaine sachant que seuls 35 jours de vacances sont accordés dans l’année, participer aux ateliers… Mais sans indemnité, ces devoirs apparaissent rapidement comme des contraintes. « Il n’est pas rare de voir des gens se décourager. Ils ne se désinscrivent pas mais sont radiés après avoir raté un rendez-vous, poursuite Johanna Saldomando. On les retrouve parfois quelques mois plus tard. Parce qu’un passage en intérim leur a ouvert de nouveaux droits ou parce que seuls, ils se sentent vraiment… trop seuls ».

Sans indemnisation, les devoirs  sont vécus comme des contraintes

Le « soutien » de l’institution sera cependant limité. Car comme le dénonce les agents de Pôle Emploi dans des mouvements de plus en plus grands : ils n’ont plus les moyens de travailler. La réalité d’un conseiller, c’est 150 demandeurs d’emploi suivis et des entretiens calibrés à 20 minutes. Quelle place dès lors pour un chômeur en fin de droit ? Si par éthique et conviction Johanna assure « la même qu’un autre chômeur », elle reconnaît que dans l’urgence, « des agents vont parfois mettre le paquet », ou « se transformer en assistante sociale pour trouver un hébergement ». Mais rien ne relevant d’un plan global voulu par l’institution.

    Cette absence d’attention à l’égard du chômeur en fin de droit ne surprend pas Stéphane Vinclair, de Sud : « dans le système d’assurance chômage voulu à terme, il n’y aura pas de fin de droit ». Et de développer son propos : « ce qui est actuellement mis en œuvre pour remplir la feuille de route européenne de l’agenda de Lisbonne, vise à mettre en place une allocation de base, qui pourrait bien être le RSA, puis mettre le reste en concurrence. Pôle emploi ne garderait que les missions dites actives, comme la formation ou le placement. Celle passive de l’indemnisation serait laissée aux banques et aux assurances, dans un système identique à celui américain ». Militante à la CGT, Georgette Gianola, ex-ASSEDIC, pointe d’ailleurs qu’en « créant Pôle Emploi, le gouvernement a repris les cotisations chômage qui sont désormais requettées par l’Urssaf [réseau d’organismes privés avec délégation de service public] et reversées par l’Unedic [organisme paritaire, patronat et syndicat] » 


Il y a une méconnaissance du système : montant, durée

« Il y a une méconnaissance du système, notamment des derniers changements depuis la nouvelle convention de 2008 » reconnaît Josiane Stamp de la CGT Chômeurs, « les gens ne savent plus réellement ce qu’il en est des montants, ignorant qu’ils sont plafonnés à 57,4% du brut du dernier salaire, et sur la durée, ils ont surtout retenu que l’indemnisation commençait dès quatre mois de travail. Ce qu’ils ont pris comme une bonne nouvelle, ignorant que le principe était de 1 jour cotisé permet un jour indemnisé. Ce qui pour la suite est plus que problématique ».

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