Projet de loi sur la récidive

Posté par communistefeigniesunblogfr le 18 novembre 2009

Serge Portelli : « Un projet de loi démago et inutile »

Pour Serge Portelli, vice-président du tribunal de grande instance de Paris, la récidive est un phénomène marginal qui appelle d’autres solutions que celles portées par ce texte.

Comment qualifier ce énième texte sur la récidive  ?

Serge Portelli. Démago et inutile. Imaginez  : c’est la quatrième loi sur la récidive en cinq ans  ! Rien que ce fait est une condamnation de l’existence même de ce nouveau texte… Multiplier ainsi les lois, c’est la preuve de leur inutilité absolue. Vous vous souvenez de la loi sur les peines planchers  ? Son seul effet a été, non pas de « dissuader » les délinquants, comme on nous l’annonçait, mais d’accroître de manière dramatique la surpopulation pénitentiaire…

Quelle est la réalité de la récidive  ?

Serge Portelli. Elle représente 6 % des délits, 2 % des crimes et moins de 1 % des crimes les plus graves, ceux visés par ce texte. C’est un phénomène beaucoup moins important que ce qu’on pourrait croire. Le gouvernement, lui, en a fait une obsession pathologique. Il détourne ainsi l’attention de l’opinion publique sur ce qui est accessoire, alors que le vrai problème reste le traitement général de la délinquance.

Quelles solutions, tout de même, 
à la récidive  ?

Serge Portelli. Pour la limiter, il faut déjà bien comprendre la situation de l’accusé et prononcer une première peine adaptée. Ensuite, il y a un taux de rechute inévitable  : beaucoup 
de récidivistes sont, en effet, pris 
dans des addictions et des pathologies. Alcoolisme, drogue, troubles de la personnalité ou psychiatrique… Cela ne se règle pas avec une condamnation, comme vous ne soignerez pas un toxicomane avec un seul rendez-vous médical. Il faut donc s’interroger sur l’amélioration de la prise en charge des malades et du suivi, en prison, des longues peines. Donnons notamment les moyens pour mettre en place des soins diversifiés tout au long de la peine  : accès aux médecins, traitements chimiques, groupes de parole, psychothérapie, arthérapie… Tout cela serait plus efficace qu’un enfermement perpétuel ou que l’escroquerie de la « castration » chimique, procédé réversible qui n’a jamais empêché le passage à l’acte.

Entretien réalisé par Laurent Mouloud

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