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Le sarkozysme sans Sarkozy : une analyse rigoureuse de la « pensée » sarkozienne par Serge Portelli

Posté par communistefeigniesunblogfr le 9 novembre 2009

LAURENT MOULOUD

Derrière le bling-bling, une plongée dans les soubassements idéologiques du sarkozysme

LE SARKOZYSME SANS SARKOZY, de Serge Portelli, Éditions Grasset, 2009. 272 pages. 18 euros.

Que tous ceux qui attendent impatiemment d’en finir avec Nicolas Sarkozy prennent garde : le dernier livre de Serge Portelli ne leur fera pas forcément plaisir. Pourquoi ? Tout simplement parce que le vice-président du tribunal de Paris rappelle une évidence qui fait mal : la défaite électorale de l’actuel chef de l’État et de son barnum médiatique ne signera pas la fin du « sarkozysme » en tant que tel. Derrière le bling-bling présidentiel grandit une idéologie binaire et dangereuse qui survivra au porteur de Rolex et à l’agitation caricaturale de l’hôte de l’Élysée. C’est dit : « La superficialité de la politique spectacle ne doit pas faire oublier la marche réelle du pouvoir et ses soubassements idéologiques. »

Laissant donc de côté les paillettes, le magistrat a décidé de réexplorer cette « pensée » sarkozyenne dont Nicolas S., simple animal politique, n’est finalement que le prête-nom et l’éphémère porte-parole. Avec une belle rigueur intellectuelle, l’auteur produit une analyse séduisante des discours, des réformes et de l’esprit de la présidence. Le sarkozysme ? Un ordre politique nouveau, voire une société nouvelle qui vénère « l’action », « l’immédiateté », et abhorre toute complexité, à commencer par celle de la pensée. « Le sarkozysme est une simplification du monde qui s’illustre dans le parler vrai et simple revendiqué par l’exécutif comme dans la solutionnite aiguë dont l’État est atteint. » À chaque problème, une solution ! Mais surtout pas d’explication…

Le sarkozysme, c’est aussi cette société où l’on nous vend une illusoire sécurité absolue, à grands coups de « tolérance zéro », de vidéo-surveillance et de « mesure de la dangerosité », une société où les libertés publiques et l’humanité sont secondaires, où l’on méprise les faibles, les « assistés », où il faut « gagner plus ». « Le modèle, écrit Portelli, est celui de l’homme-marchandise  : obéissant, il se lève tôt pour travailler plus, être encore plus performant, plus rentable. » Le sarkozysme, c’est évidemment l’omniprésence médiatique, les plans de communication qui endorment la vigilance du peuple et organisent le brouillage idéologique permanent. Nous en sommes là. « Dans cet État limite et autolimité, à la frontière instable de la démocratie, sans cesse tenté par l’excès et la transgression. » Sortir de ce sarkozysme est évidemment possible. Mais le chemin sera long, prévient Serge Portelli. Et commencera par « réapprendre à penser », à redécouvrir cette complexité de la nature humaine qui effraie tant les sarkozyens.

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