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Saint-Louis de La Réunion : Répression après la victoire de Claude Hoarau aux élections partielles

Posté par communistefeigniesunblogfr le 10 octobre 2009

10 octobre 2009

Violences policières à La Réunion

Un groupe de policiers armés et cagoulés à la recherche d’un militant communiste a semé la terreur, mercredi, dans un quartier ouvrier de Saint-Louis.

Île de La Réunion, correspondance particulière. Dimanche dernier se déroulaient des élections partielles à La Réunion, à la suite d’annulations par le Conseil d’État. Dans les quatre scrutins, ce sont les forces de progrès qui l’ont emporté, confirmant les succès de mars 2008.

Un climat tendu a pesé sur la campagne qui a suivi ces annulations. Les tensions ont atteint leur paroxysme dans la commune de Saint-Louis, où s’affrontaient le maire sortant Claude Hoarau, à la tête d’une liste de rassemblement sous la houlette du Parti communiste réunionnais, et son adversaire du Nouveau Centre, Cyrille Hamilcaro. Les troupes de ce dernier se sont signalées dès avant l’ouverture de la campagne par une série de provocations et d’injures envers les communistes et les membres d’autres partis de gauche. Cette stratégie visait tant à intimider les électeurs, qu’à provoquer les militants progressistes. Dans le but, sans doute, de justifier un recours aux forces de police contre leurs adversaires.

Perdant jour après jour du terrain, le candidat du Nouveau Centre est allé jusqu’à faire venir le maire (Nouveau Centre) de Drancy, Jean-Christophe Lagarde. Ayant parcouru plus de 10 000 kilomètres pour apporter son soutien à son « ami », l’élu drancéen a considérablement jeté de l’huile sur le feu, injuriant à plusieurs reprises le candidat communiste et les Réunionnais, comparant le pays à la « Colombie » et au « Nicaragua ».

Bavures et brutalités

C’est dans cette ambiance très tendue que s’est déroulé le scrutin municipal de Saint-Louis, qui a confirmé la victoire de la liste du rassemblement conduite par Claude Hoarau, vainqueur avec 53 % des voix.

Pourtant, Saint-Louis n’a pas retrouvé le calme. Trois jours seulement après la défaite du candidat du Nouveau Centre, un groupe de policiers armés et cagoulés a fait irruption dans un quartier ouvrier de Saint-Louis, afin de procéder à l’arrestation d’un militant communiste… Sans que l’intéressé ait été le moins du monde convoqué, sans qu’il ait reçu la moindre information de la part de la justice. C’est par une bavure qu’a débuté cette arrestation musclée : avant le lever du soleil, au cours d’une véritable opération militaire, les agents des forces spéciales ont investi le logis où vivent Isabella Françoise, sa fille et son bébé de trois ans. Après trois tirs de fusil à pompe dans la porte de la maison, les hommes en armes ont saccagé le petit appartement, fracturant les portes, retournant les meubles à la recherche de « preuves ». Braquant leurs armes chargées sur les occupantes de la maison, dont la plus jeune terrorisée, a tenté de s’enfuir par la fenêtre, haute de plusieurs mètres. Prenant enfin conscience de leur erreur, les policiers ont alors investi le logis voisin, répétant le même scénario de violence. Alors que trois d’entre eux s’emparaient sans aucune explication du militant communiste Roger Derfla, les autres braquaient leurs armes sur sa femme et ses enfants, terrorisés.

Au même moment d’autres arrestations avaient lieu dans la ville de Saint-Louis, ciblant toutes des militants du Parti communiste réunionnais. Faut-il voir dans ces manœuvres une tentative d’enrayer la construction de l’alternative à la crise portée notamment par le PCR, à laquelle adhèrent de plus en plus de Réunionnais ? Si tel est le cas, qui a donc intérêt à maintenir un statu quo fait d’injustices et de « profitations » en réactivant un passé de violence ?

Geoffroy Géraud

 Les 5 militants arrêtés ont été libérés : 2 le jour même, les 3 autres hier vendredi.

 

Le réveil de vieux souvenirs

Saint-Louis de La Réunion : Répression après la victoire de Claude Hoarau aux élections partielles dans DOM-TOM UNE-876

Source : temoignages.re/ – 10 octobre 2009 – M.M.

 

Cet événement permet à l’opinion d’avoir l’éclairage attendu sur toute cette affaire. Des Réunionnais ont été brutalement traités par des personnes dépositaires de l’autorité publique, ils ont été jetés en cellule, interrogés, prisonniers pendant des heures. Pendant ce temps, des médias n’hésitaient pas à jeter de l’huile sur le feu. Ces Réunionnais ont donc été insultés, traités de « nervis », cibles d’un langage méprisant. Quant à ceux qui se sont levés pour dénoncer les méthodes policières, ils ont eu droit à un traitement particulier de la part de plusieurs personnes qui ont la responsabilité d’informer l’opinion (voir encadré).
Voilà en tout cas un épisode qui n’est pas sans réveiller les souvenirs d’une époque où, face à la légitime demande de démocratie exprimée par le peuple, l’administration de l’époque cherchait à étouffer par la violence toute revendication, assurée d’un soutien sans faille des médias dominants.

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