Molex : plan social au rabais

Posté par communistefeigniesunblogfr le 16 septembre 2009

Par 140 voix contre 70, les salariés de Molex ont voté mardi soir pour que leurs élus au CE entérinent le plan social qui se traduira par le licenciement de 283 salariés.

France 3 Sud 19 20 du 14.09.09

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Bernard Thibault  a estimé que, du fait de l’accord entre Molex et le gouvernement français, les salariés de Molex ont dû se prononcer sur le plan social « en ayant le pistolet sur la tempe, en quelque sorte », d’autant que « l’accord a été tenu secret jusqu’au jour de la consultation » du personnel.

Pour le leader de la CGT, « Molex est parvenue à contraindre l’Etat, par l’accord secret passé dans la nuit de lundi à mardi, à accepter son ultimatum fixé au 15 septembre », aux termes duquel le plan social prévu serait fortement revu à la baisse s’il n’était pas agréé à cette date par le comité d’entreprise. « Il s’agit là d’une infraction au regard des prérogatives du comité d’entreprise puisque les procédures d’information sur ce qu’était cet accord n’ont pas été respectées ».

Mehdi Fikri

Molex « 20 mecs… Au début, j’ai cru qu’ils avaient oublié un zéro »

Automobile . Le protocole d’accord signé entre Molex et HIG Capital prévoit le maintien de 20 emplois. Pour les « 50 à 70 personnes progressivement recrutées » dont parle le ministre, il n’y a aucune garantie.

« Nous allons répéter aujourd’hui (aux salariés) que nous devons impérativement trouver une solution à minuit. Au-delà de cette date, le groupe ne négociera plus », a menacé hier Marcus Kerriou, vice-président en charge des ressources humaines à Molex Europe. Jusqu’au bout, le groupe américain aura joué la stratégie de la tension. Jusqu’au bout, l’avis et la vie des ouvriers de l’usine n’auront compté pour rien. Ou presque. Hier, le ministre de l’Industrie Christian Estrosi plastronnait dans les médias, annonçant que 50 à 70 emplois seront préservés sur les 283. Un mensonge par omission, affirme Denis Parise, secrétaire du comité d’entreprise : « Au lieu des 15 emplois annoncés initialement, le protocole d’accord prévoit le maintien de seulement 20 emplois. Et encore, on n’a aucune garantie que ce seront des Molex qui seront repris à ces postes. » Quand aux « 50 à 70 personnes progressivement recrutées » dont parle le ministre, « là-dessus non plus, nous n’avons aucune garantie », poursuit Denis Parise.

Le mystérieux repreneur, dont le gouvernement avait caché jusqu’ici l’identité, est le fonds d’investissement américain HIG Capital (cf. encadré). Contrairement à ce qui avait été annoncé la semaine dernière, ce n’est pas un nouveau candidat. « C’est le même qui avait été écarté par Molex le 4 septembre », affirme Alexis Antoine, cégétiste à Villemur-sur-Tarn. Molex s’était alors justifié en déclarant que « la société présentée par le gouvernement ne semblait pas avoir de business-plan ». Hier, par contre, le groupe semblait satisfait. Interrogé par l’Associated Press, Marcus Kerriou a indiqué : « Nous avons un accord pour la réindustrialisation qui me semble bien. » Alors, que s’est-il passé entre-temps ? Pour Alexis Antoine, Molex fait une fleur au gouvernement, « qui cherchait à racheter son image politique ».

Selon l’accord, l’État va financer la reprise avec un prêt de 6,6 millions d’euros. De son côté, HIG apporte un capital de 1 million d’euros. Et Molex, qui garde la clientèle du site (Renault et PSA), va céder l’usine pour un euro symbolique. Selon Christian Estrosi, le groupe américain va fournir « 5,4 millions d’euros de cash pour permettre à ce projet d’aboutir, en plus de 2,5 millions d’euros de chiffre d’affaires. Pour Denis Parise, pas de quoi pavoiser. « Les salariés fabriqueront des produits de vie, dont la production va forcément diminuer avec le temps », souligne le secrétaire du CE. Un projet idéal pour Molex, qui n’a jamais caché son hostilité à l’idée de céder son activité à une entreprise susceptible de lui faire concurrence.

Dans un communiqué, le ministre a déclaré qu’il souhaite « une véritable montée en puissance du site avec 200 à 300 salariés dans les trois ans ». « C’est n’importe quoi, estime Alexis Antoine. Et même pour l’histoire des 50 à 70 salariés, faut pas rêver. Dans un an, on sera mort. » Cet ancien régleur, passé responsable d’équipe, est « dans une colère noire ». « Quand j’ai vu la proposition de reprise pour 20 mecs, j’ai cru qu’ils avaient oublié un zéro », raconte-t-il. Hier soir, les salariés, devaient se prononcer en AG sur ce plan social au rabais.

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