Le « Vive la crise » de Carlos Ghosn

Posté par communistefeigniesunblogfr le 30 avril 2009

L’Humanité – Fanny Doumayrou

Le PDG de Renault a déclaré dans la presse britannique que la crise était l’occasion de faire passer des réformes dans l’entreprise.

La crise est un moment idéal pour imposer des reculs aux salariés. Le PDG de Renault, Carlos Ghosn, l’a ouvertement reconnu dans un article du Financial Times, quotidien économique britannique, publié le 14 avril dernier. Avec la crise, « nous pouvons faire des choses que nous n’aurions jamais pu faire il y a quelques années« , explique-t-il au journaliste, avant de citer la « réduction du temps de travail » et la « baisse des salaires », auparavant « impossibles ».

Force est de constater que Renault a su tirer son épingle du jeu du contexte de crise. Le groupe a par exemple réussi à instaurer, sans que cela fasse trop de vagues, un gel des salaires pour 2009. Les négociations annuelles obligatoires ont débouché en février sur 0 % d’augmentation générale, contre 2,5 % en 2008.

 

De même, « l’accord social de crise » sur le chômage partiel, signé fin mars par tous les syndicats sauf la CGT, constitue une belle vitrine sociale, mais à peu de frais pour le groupe. Le texte, applicable du 1er avril au 31 décembre 2009, prévoit que les salariés continueront d’être payés à 100 % du net en cas de chômage partiel, mais l’amélioration par rapport au régime commun est financé par eux-mêmes. Les ouvriers, cadres et agents de maîtrise doivent « donner » un jour de congé pour cinq jours chômés.

Ce maintien de 100 % du net masque aussi le fait que Renault ne paye pas de cotisations sociales sur ces indemnités de chômage partiel. La CGT du groupe a estimé que cela représentait pas moins de 100 millions d’euros d’économie pour l’entreprise en 2009, un chiffre « non contesté par la direction », fait valoir Walid Hasni, économiste du syndicat, qui pointe un risque de déstabilisation pour la Sécurité sociale du fait de la masse de chômage partiel utilisé par les entreprises en France.

Fabien Gâche, délégué CGT, pointe un autre risque. Jusqu’à la crise, certaines usines du groupe comme Le Mans et Cléon avaient réussi à résister en partie à la flexibilisation du travail, qui est au contraire maximale dans le site de Douai. « L’accord social de crise gèle jusqu’à fin 2009 l’ensemble des accords locaux de flexibilité, pour faire marcher le groupe d’un même pas », explique le délégué. « La suite logique, c’est que la direction en profite pour imposer un accord-cadre généralisant la flexibilité à tous les sites.

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