Petit point de vocabulaire

Posté par communistefeigniesunblogfr le 15 avril 2009

Certains de nos militants ayant été traités d’ »anarchistes », j’ai donc effectué quelques recherches afin de comprendre pourquoi ce terme était employé de façon généralement péjorative.

 Il apparaît que le terme « anarchie » est généralement confondu avec le terme « anomie » :

L’anomie comme désordre social n’est pas à confondre avec l’anarchie. L’anarchie renvoie étymologiquement à l’absence de commandement (privatif an- et grec archos) et désigne stricto sensu une organisation sociale et politique sans autorité coercitive. Le mot « anomie » se réfère à l’absence de règles, de structure, d’organisation. Bien que l’idée que l’anarchie mène nécessairement à l’anomie soit répandue, et au cœur des oppositions à l’anarchisme, les anarchistes s’en défendent. Pour eux, les sociétés actuelles hiérarchisées créent le chaos plutôt que l’ordre, là où l’anarchie serait l’établissement d’un ordre naturel, juste et égalitaire. Il est à ce titre révélateur que le symbole traditionnel de l’anarchie, le A cerclé, représente l’union de l’anarchie et de l’ordre (l’ordre moins le pouvoir [2] ), illustrant ainsi la célèbre maxime de Proudhon : « La plus haute perfection de la société se trouve dans l’union de l’ordre et de l’anarchie ».

(source Wikipédia)

 
Ils sont peu nombreux ceux qui savent que l’anarchie est une théorie s’appuyant sur des bases rationnelles, que les anarchistes sont des hommes qui, ayant reçu les plaintes de ceux qui souffrent de l’ordre social actuel, s’étant inspirés des aspirations humaines, ont entrepris la critique des institutions qui nous régissent, les ont analysées, se sont rendu compte de ce qu’elles valent, de ce qu’elles peuvent produire, et qui, de l’ensemble de leurs observations, déduisent des lois logiques, naturelles pour l’organisation d’une société meilleure.

Jean Grave

Histoire du drapeau noir

Ce drapeau noir, emblème fort adopté par les anarchistes

Son apparition consignée remonte en fait à une révolte d’ouvriers terrassiers à Reims début 1831, qui le brandirent en signe de désespoir et de misère.

Le 21 novembre 1831, à Lyon, quartier de la Croix Rousse, débute « La révolte des Canuts » (ouvriers de la soie). La ville entre en insurrection après que la garde Nationale eut tué plusieurs ouvriers. Des barricades sont érigées et le drapeau noir fait son apparition avec l’inscription : « Vivre en travaillant ou mourir en combattant ».

Le 18 mars 1882, lors d’un meeting salle Favié à Paris, Louise Michel, désirant se dissocier des socialistes autoritaires et parlementaristes, se prononce sans ambiguïté pour l’adoption du « Drapeau noir » par les anarchistes.

« Plus de drapeau rouge, mouillé du sang de nos soldats. J’arborerai le drapeau noir, portant le deuil de nos morts et de nos illusions. »

Louise Michel

Extrait de ses mémoires:

Symbole du drapeau noir

« La bannière rouge qui fut toujours celle de la liberté effraye les bourreaux, tant elle est vermeille de notre sang. Le drapeau de noir crêpé de sang de ceux qui veulent vivre en travaillant, ou mourir en combattant, effraie ceux qui veulent vivre du travail des autres. Oh ! flottez sur nous, bannières noires et rouges; flottez sur nos deuils et sur notre espoir dans l’aurore qui se lève !« 

source : Le drapeau noir

http://www.drapeaunoir.org/

 

Définition donnée par LE ROBERT, Dictionnaire historique de la Langue française, sous la direction de ALAIN REY* :

ANARCHIE n.f. est emprunté par Oresme (v. 1372) au latin anarchia, employé dans les traductions d’Aristote pour rendre le grec anarkhia, de an- (a- privatif) et arkhê « commandement » (-> -archie, monarque).

Le mot apparaît avec une valeur antique et technique pour « état politique où les affranchis peuvent jouer un rôle dans le gouvernement ». Il ne se répand qu’à la fin du XVIe s. (1596) avec la valeur générale de « désordre politique faute d’autorité ». <> De ce sens général péjoratif, « absence de gouvernement ; désordre qui en résulte », on est passé à « confusion, désordre » (1742) et, pendant la Révolution, à « doctrine politique basée sur la suppression du pouvoir de l’Etat », valeur qui se développe au XIXe s. (1840, Proudhon). A la fin du siècle, le concept est en relation et en opposition avec le socialisme et le syndicalisme (cf. les composés anarchosyndicalisme et -syndicaliste). <> De la même période date l’abréviation populaire de anarchiste, anar qui manifeste la vitalité du mouvement. <> Des mots concurrents, comme libertaire, puis gauchiste, marquent le recul du concept, dans des contextes plus récents.

*excellent dictionnaire que je recommande à tous ceux qui peuvent se le procurer

Que nos camarades soient donc rassurés car, bien qu’ils ne soient pas anarchistes (au sens propre du terme), ce mot n’a rien d’infamant pour eux qui luttent quotidiennement aux côtés des travailleurs victimes du capitalisme.

Une Réponse à “Petit point de vocabulaire”

  1. Martlé Marseguerra dit :

    étant classée dans la catégorie des « anarchistes » qui se réunissent le dernier vendredi de chaque mois et solidaire de ces camarades baffoués par une démocratie sélective, je remercie vivement l’auteur(e) de cette rubrique « Petit point de vocabulaire »
    Merci pour tous nos camarades qui n’ont qu’un seul souci celui d’être aux côtés de ceux qui souffrent quotidiennement.

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