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Notre planète : « Où l’eau finit, le monde prend fin » proverbe ouzbek

Posté par communistefeigniesunblogfr le 18 mars 2009

 

5e Forum mondial de l’eau

du 16 au 22 mars à Istanbul

 

Lu dans l’Humanité du 16 mars

Crise majeure sur l’or bleu

 

Le 5e Forum mondial de l’eau s’ouvre aujourd’hui à Istanbul. L’ONU avance une perspective alarmante : 5 milliards d’êtres humains pourraient manquer d’eau en 2030.

Ce n’est plus une crainte, c’est une alarme. Alors que s’ouvre ce matin, à Istanbul, le 5e Forum mondial de l’eau, organisé par le Conseil mondial de l’eau (lire ci-après), l’ONU présentait, jeudi, un rapport sans appel. Nos besoins en eau augmentent plus vite que les pays ne sont en mesure d’en fournir actuellement. Croissance démographique, évolution des modes de consommation alimentaires et besoins énergétiques : à moins de mesures conséquentes, l’étude estime à plus de 5 milliards – 67 % de la population mondiale -, le nombre de personnes qui ne disposeront pas d’un accès à des installations sanitaires décentes en 2030.

États des lieux :  des inégalités persistantes

Concernant l’accès à l’eau potable, le rapport note des progrès, qui n’en rendent les inégalités que plus cinglantes. Les tendances suggèrent que 90 % des objectifs du millénaire fixés pour 2015 seront atteints à échéance. Un chiffre qui laisse de côté 340 millions d’Africains. Sans surprise, les plus pauvres sont les plus touchés : le nombre des personnes vivant avec moins de 1,25 dollar par jour coïncide avec le nombre de celles qui n’ont pas accès à une eau potable salubre. La situation se gâte encore concernant l’assainissement. Pour la seule Afrique, 500 millions de personnes n’ont toujours pas accès à des installations décentes. Les conséquences sont majeures, quand 5 000 enfants meurent chaque jour de diarrhées, soit un toutes les 17 secondes.

Perspectives :  des pressions sur la demande

Depuis cinquante ans, les prélèvements en eau douce ont triplé et les zones irriguées ont doublé. Un phénomène de fond, notamment lié à la croissance de la population mondiale. Actuellement de 6,8 milliards de personnes, celle-ci augmente chaque année de 80 millions de personnes, et devrait dépasser les 9 milliards d’ici à 2050 (1). Cela se traduit par une demande accrue de 64 milliards de mètres cubes d’eau par an. Or, 90 % des personnes à naître vivront dans les pays où l’accès à l’eau est déjà restreint, souligne le texte. En outre, pour être encore incertains, les changements climatiques pourraient avoir des répercussions tant sur la quantité que sur la qualité de l’eau et affecter, là encore, les régions du monde déjà en souffrance. L’impact pourrait être décisif, entre autres sur les migrations. L’étude estime que de 24 millions à 700 millions de personnes pourraient être forcées de migrer pour des raisons liées à l’eau.

Consommation :  qu’est-ce qui pompe ?

L’agriculture se révèle le secteur le plus gourmand en eau, puisqu’il représente à lui seul 70 % de l’ensemble de la consommation, contre 20 % pour l’industrie et 10 % pour les besoins domestiques. D’autant que les nouveaux modes alimentaires se traduisent par une plus forte demande en viande et en produits laitiers, notamment dans les pays émergents qui en manquaient jusqu’alors. Or la production de boeuf nécessite deux à quatre fois plus d’eau que la production de céréales. Les exigences énergétiques se développent elles aussi à un rythme accéléré : les besoins en eau de la production hydroélectrique devraient ainsi augmenter de 60 % d’ici à 2030.

Les préconisations :  investir dans l’eau

Le développement des ressources en eau est un élément clé pour le développement économique et social des pays, souligne le texte. Améliorer l’accès à l’eau se révèle profitable pour le PIB. L’inverse lui coûte : ainsi, les pertes du continent africain consécutives à ce manque sont estimées à plus de 28 milliards de dollars par an, soit 5 % de son PIB. Les pays riches ne sont pas les seuls à devoir investir dans l’eau, insiste donc le rapport, qui souligne la nécessité de développer les partenariats entre les gouvernements, le secteur privé et la société civile. Leur logique sera-t-elle marchande ou coopérative ? De la réponse dépend l’avenir de 5 milliards de personnes.

(1) Selon les calculs renouvelés publiés le 10 mars par l’ONU.

Marie-Noëlle Bertrand

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