Qui a dit qu’il y avait des problèmes de financement dans l’Education nationale ?

Posté par communistefeigniesunblogfr le 8 mars 2009

Lu sur El Diablo

Pendant que le gouvernement ratiboise les effectifs des professeurs, Sarkozy  veut imposer une réforme géniale. Il a décidé d’offrir aux expatriés la gratuité des écoles et lycées français de l’étranger. Un cadeau sympathique, non ? Sauf qu’il va surtout profiter aux plus aisés, et que l’addition, pour l’État, s’annonce carabinée. Ces écoles, très cotées étaient jusqu’à présent payantes. Certains lycées sont des établissements publics, d’autres, privés sous contrat. En tout 160 000 élèves y sont scolarisés, dont 80 000 français. Sous la tutelle du Quai d’Orsay, chaque établissement fixe assez librement ses tarifs et ça atteint des sommets : 5 500 euros l’année à Tokyo, 6 500 à Londres, 15 000 à New York et 17 000 euros -le record- à San  Francisco.
Au diable l’avarice! Pour les expatriés modestes, un système de bourses plutôt généreux est déjà en place.

A New York, par exemple, il faut gagner moins de 65 000 euros par an (pas vraiment le SMIC) pour décrocher 4 500 euros d’aide. Environ un  quart des élèves français bénéficient d’une bourse. Mais pour Sarkozy, ce n’était pas assez. Depuis l’an dernier et à la demande express de l’Élysée, l’Etat prend en charge l’intégralité des frais de scolarité des élèves français de terminale… quels que soient les revenus des  parents. Plus besoin de bourse ! A la rentrée de septembre, ce sera le tour des premières, puis des secondes l’an prochain, et ainsi de suite.
« J’aurais pu commencer la gratuité par la maternelle, a expliqué Sarkozy,  le 20 juin dernier, devant la communauté française d’Athènes. Mais j’ai voulu commencer par l’année la plus chère pour que vous puissiez constater la générosité des pouvoirs publics français« . Encore merci !
Mais générosité pour qui ? A Londres, l’une des familles concernées par ce généreux cadeau déclare plus de 2 millions d’euros de revenus annuels. Et deux autres gagnent plus d’un million. Jusqu’alors, une partie du financement était assurée par des grandes entreprises françaises désireuses d’attirer leurs cadres vers l’étranger. Ces boites, comme « Darty » ou « Auchan », rentrent déjà leur chéquier : pourquoi payer les frais de leurs expatriations si l’État régale ? Un coût qui fait boum ! Au Quai d’Orsay, l’Agence française de l’enseignement à l’étranger a simulé le coût de cette plaisanterie mais s’est bien gardé d’en publier le résultat. Lequel est tout de même tombé dans les palmes du « Canard ». D’ici dix ans, appliquée du lycée jusqu’au CP (sans parler de la maternelle), la gratuité coûterait à l’Etat la  bagatelle de 713 millions d’euros par an !

Intenable ! La vraie priorité, c’est l’ouverture de nouveaux  établissements, pas la gratuité. Mais pourquoi Nicolas Sarkozy s’est-il lancé la dedans ? Peut-être parce qu’il se sent personnellement  concerné par la question : après avoir été annoncé à New York puis à Londres, petit Louis est finalement inscrit au lycée français de Doha… Et il va falloir payer ! Auditionné par le Sénat à la fin juin, Bernard Kouchner n’a pas nié ces menus « inconvénients ». Son cabinet songe d’ailleurs à couper la poire en deux : une gratuité partielle… mais toujours sans conditions de revenus. Sauf que, pour le moment, Sarkozy n’en veut pas. « Je tiens beaucoup à la gratuité », s’entête-t-il à chaque déclaration à l’étranger. Sans prendre le temps de préciser comment sera financée cette très généreuse gratuité !
A DIFFUSER LARGEMENT. Ce ne sont pas les médias qui nous le diront. Et puisqu’il faut faire des économies à l’Éducation Nationale, je vous laisse juges. Tout va bien. Surtout pour certains. Il n’y a plus d’argent ?

Mireille B.-T.
Université de Provence

 

Aix-en-Provence

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