Fermeture des CREPS : « hold up » sur les infrastructures sportives d’éducation populaire

Posté par communistefeigniesunblogfr le 7 mars 2009

CREPS : Centre Régional d’Education Populaire et de Sport
Fermeture des CREPS :

Fermeture des CREPS : Marie-George Buffet appelle à arrêter le « hold up » sur les infrastructures sportives françaises et d’éducation populaire

 


Bernard Laporte a annoncé la fermeture de dix Centres Régionaux d’Education Populaire et Sportive (CREPS) et la redéfinition des missions de quatorze CREPS en « campus territoriaux de l’excellence sportive ».

Pour mémoire en décembre 2006 le gouvernement a signé un contrat de Partenariat Public Privé pour l’INSEP, confiant la rénovation et la gestion des services associés pour l’hôtellerie, la restauration, la maintenance et la sécurité, pour les trente prochaines années, aux groupes GTM Construction (filiale du groupe Vinci) Accor et Casino. Deux années après, aucune évaluation n’a été faite sur la pertinence et l’efficacité de ce contrat, ni sur la qualité des travaux effectués sur les bâtiments, ni sur le reclassement du personnel et l’impact de la réduction des effectifs. Aucun droit de regard des organisations syndicales et du mouvement sportif sur cette nouvelle gestion du site. Et pourtant, la métamorphose de L’INSEP continue, puisqu’il changerait prochainement de statut pour devenir « un campus olympique et sportif » en recentrant ses missions sur le très haut niveau.

Pratiques identiques pour l’avenir des CREPS : aucune transparence, pas de compte rendu du fameux comité d’évaluation qui a procédé à l’audit qui a conduit à la décision de fermer certains CREPS. Aucune concertation collective avec les élus locaux et le mouvement sportif. Un seul argument : la mise en œuvre de la révision générale des politiques publiques (RGPP) qui date de 2007 et le recentrage des dépenses sur des « missions essentielles » à savoir l’accueil et l’entraînement des sportifs de haut niveau dans la perspective des prochains Jeux Olympiques.

Or historiquement les CREPS sont des lieux de formation des cadres l’éducation populaire et du sport sur les différents métiers du sport et de l’animation. Ils ont aussi pour vocation d’accueillir des stages du mouvement sportif et de jeunesse, l’entraînement des sportifs de haut niveau et peuvent être des lieux de recherche et de développement.

La remise au cause du principe d’un CREPS par région et la redéfinition de leur mission uniquement sur la préparation olympique est précisément un choix idéologique. Elle a pour finalité de transformer le modèle sportif français et de déposséder le mouvement sportif de ses meilleurs outils de formation qui lui permettent d’assurer correctement ses missions éducatives et sociales. Ce que vise le gouvernement c’est la casse du service public national de formation pour mettre cette mission sur le marché de la concurrence. La droite continue et accélère sa politique de spoliation du mouvement sportif et de son patrimoine national. Il s’agit bien d’une pratique de spoliation ; c’est à dire une volonté politique organisée pour déposséder par abus de pouvoir des biens communs, réalisés par des investissements publics, pour les vendre ou les mettre à disposition des intérêts particuliers. Cette orientation politique s’inscrit dans une philosophie de la rentabilité financière du sport en servant en priorité les entreprises sportives et une élite de sportifs resserrée au détriment de la grande masse des pratiquants. Ce choix sera dommageable au sport de haut niveau en le coupant de sa base, de son vivier, dont sont issus tous les athlètes et en affaiblissant sa politique de formation des cadres qui interviennent à chaque niveau de la pratique. Comme la culture, l’éducation ou la santé, le sport est d’intérêt général, relève d’une mission de service public nationale pour rester un droit accessible à toutes et tous.

 

Face aux décisions prises par Bernard Laporte, le personnel du ministère de la jeunesse et des sports, les élus locaux et les sportifs manifestent depuis deux mois leur colère et se mobilisent pour maintenir les CREPS. Devant cette résistance, après avoir refusé toute sorte de concertation, Bernard Laporte réagit en prenant son costume d’homme d’affaire pour vendre les CREPS auprès des représentants des fédérations sportives et des collectivités territoriales en les recevant à tour de rôle.

En proposant de céder une partie des CREPS soit à des collectivités territoriales, soit à des fédérations sportives, soit à des entreprises sportives, le secrétaire d’Etat outrepasse le débat nécessaire sur la gouvernance du sport. En faisant ce choix à la hussarde il devance et ne tient nullement compte du futur débat sur les lois de décentralisation. Ce débat est pourtant demandé depuis plusieurs années par le mouvement sportif et réitéré dernièrement par le Président du CNOSF, des responsables fédéraux et des élus.

La reprise des CREPS par des collectivités territoriales sans transfert de compétence ni transfert de budget précisé par un texte de loi serait d’autant plus dangereuse au moment même où nous découvrons la philosophie de la réforme territoriale proposée par « le comité Balladur » qui porte en elle la remise en cause de la libre administration des collectivités territoriales. Le transfert de certains CREPS aux collectivités territoriales n’est pas acceptable au moment où l’on envisage la suppression de certains échelons territoriaux et la révision de leur mission. Ce transfert n’est pas acceptable alors que les collectivités demandent plus de moyens pour assurer leur mission et que le Président de la République annonce sa volonté de supprimer la taxe professionnelle et soumet au fait du prince les éventuelles compensations. Dans cette situation, le transfert des CREPS aux régions ne pourrait en aucun cas être comparé à la loi de décentralisation des lycées car, d’une part il n’y a pas de loi et d’autre part ce serait la fin du service public national du sport ayant la mission de formation aux métiers du sports et de l’éducation populaire dont seul l’Etat a la responsabilité.

Au moment même où le système financier mondial s’écroule, jamais l’existence d’un service public national du sport n’a été aussi important. Aujourd’hui personne ne peut croire qu’il n’y a pas assez d’argent pour sauver le service public national du sport lorsque l’on voit les sommes extravagantes qui circulent autour du sport professionnel.

Face à ce hold up organisé sur le modèle sportif français nous portons une première exigence : arrêter cette réforme, associer et réunir l’ensemble des acteurs concernés aux décisions qui sont prises !

C’est d’ailleurs en ce sens que Marie-George Buffet a lancé un appel pour le sport et le modèle sportif français le 22 décembre 2008 à l’ensemble des élus, bénévoles, sportifs et sportives de toutes disciplines pour que la réforme du sport professionnel ainsi que les suppressions de postes, de structures et d’établissement soient arrêtées et que s’ouvre sans attendre une véritable concertation sur l’avenir des pratiques et des disciplines sportives en France.

Marie-George Buffet, Secrétaire nationale du PCF, Députée, Ancienne Ministre de la jeunesse et des sports (1997 – 2002) Nicolas Bonnet, responsable de la commission sport du PCF

Paris, le 2 mars 2009.

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