6 février 1934 : manifestation sanglante à Paris

Posté par communistefeigniesunblogfr le 9 février 2009

Le 6 février 1934, à la suite d’une nouvelle crise parlementaire, le radical Daladier doit obtenir l’investiture de la Chambre. Ce même jour, toute une série d’organisations appellent à manifester. La puissante Union nationale des combattants, située à droite de l’échiquier politique et qui se considère être la garante depuis la fin de la guerre de la morale politique comme de la morale en politique, appelle à défiler pour protester contre la baisse des pensions et contre les scandales politico-financiers qui secouent le monde politique. L’Action française et les ligues appellent pareillement à manifester sur des objectifs différents, voire divergents. Enfin, l’ARAC*, liée à la mouvance communiste, appelle à manifester pour tenter de ne pas laisser à la droite le monopole de la colère des anciens combattants. Les points de rassemblement, éloignés les uns des autres, forment un arc de cercle autour du Palais Bourbon, devenu la cible de l’anti-parlementarisme de ces manifestations. Pendant que se déroulent les débats, la manifestation tourne à l’émeute. On relèvera au matin 17 morts et 1 500 blessés : la plus grande expression de violence à Paris depuis la Commune. La nuit durant, Daladier a été investi sur une base plus large que le néo-cartel, mais les soutiens qui lui permettraient de ramener l’ordre dans la rue ne lui sont accordés qu’avec parcimonie par la justice, la police et l’armée. il choisit alors de démissionner dans la matinée du 7. Cette capitulation transforme ce qui n’était qu’une manifestation particulièrement violente en un mouvement objectivement insurrectionnel.

Étant donné les circonstances internationales – fascisme italien et élection de Hitler au pouvoir en Allemagne en 1933 -, et nationales – montée en puissance des mouvements d’extrême droite -, les forces de gauche, contemporaines de l’événement, l’ont clairement analysé comme une menace fasciste, même si communistes et socialistes ne définissaient pas ce mot dans les mêmes termes. Les ligues d’extrême droite étaient unanimement comprises comme le bras armé du fascisme menaçant. Communistes, socialistes et organisations syndicales organisent la riposte, en ordre dispersé, les 9 et 12 février, puis de façon unitaire, amorçant le processus qui conduit à terme au front populaire.

d’après Danielle Tartakowsky

* l’ARAC  :   Association Républicaine des Anciens Combattants

et Victimes de Guerre, des Combattants pour l’Amitié, la Solidarité, la Mémoire, l’Antifascisme et la Paix

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Extrait du dossier d’Alain Fauvage : Le vrai visage de la Cagoule

Alors que certains apprécient les passe-montagnes, dans les années trente, les fachos de tout poil ont chaussé la Cagoule. Regard à froid sur une période chaude et glauque de notre histoire.

La Cagoule. France 3, 0 h 40.

1936 : le Front populaire, les occupations d’usines et ses acquis sociaux. La classe ouvrière découvre les congés payés. Et les fachos, qui n’ont toujours pas digéré 1789, sont au bord de l’apoplexie quand ils découvrent que Léon Blum – le  » gentle-ioutre  » dixit Maurras – est président du Conseil.

Dans l’air, la crainte d’une révolution bolchevique. Eugène Deloncle, ingénieur d’extrême droite, et une poignée de  » Camelots du roi  » forment le Comité secret d’action révolutionnaire (CSAR), la Cagoule pour les intimes et ceux qui n’y avaient vu que des  » conspirateurs d’opérettes « .

La réalité est plus sombre: financés par de grosses sociétés comme L’Oréal (parce que ça le vaut bien !), Lesieur (met de l’huile !), Renault (ça ne marchera jamais !) ou Michelin (c’est gonflé !), ces contre-révolutionnaires antisémites ne visent rien de moins que le renversement de  » la Gueuse « , cette république qu’ils abhorrent.

Attentats, assassinats (Blum y échappera de peu) et même une tentative avortée de coup d’Etat dans la nuit du 15 au 16 novembre 1937 seront perpétués par cette organisation militaire et factieuse aux rites et aux codes bien établis.

Le procès des seconds couteaux aura lieu en 1948. Les gros poissons, leurs soutiens passeront entre les mailles du filet et auront pu s’en donner à cour joie sous Vichy. Comme dirait l’autre :  » C’est quoi la raison d’Etat ? C’est des tas de raisons « …

Sébastien Homer

 

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