ENERGIE : POWEO serait à vendre ?

Posté par communistefeigniesunblogfr le 3 février 2009

lu dans Alternatives Economiques

http://www.alternatives-economiques.fr/poweo-rend-les-armes_fr_art_633_41755.html

Poweo rend les armes

Le fournisseur d’électricité Poweo serait à vendre. Un signe de plus du processus de concentration à l’oeuvre sur les marchés de l’énergie.

Consolidation en vue sur le marché de l’électricité français. Poweo, le fournisseur alternatif de gaz et d’électricité, chercherait un repreneur, selon Le Figaro du 27 janvier. Raisons avancées par le quotidien : l’environnement économique difficile et les « relations notoirement délicates » entre Poweo et son principal actionnaire, l’opérateur d’électricité autrichien Verbund. Son PDG et fondateur Charles Beigbeder semble quant à lui avoir déjà préparé sa reconversion, puisqu’il a été nommé le 23 janvier vice-président d’un think tank libéral, la Fondation pour l’innovation politique.
Parmi les pistes évoquées concernant la reprise de Poweo, figurent son rachat par le géant allemand RWE ou par son compatriote E.ON, qui aimeraient tous deux bien mettre le pied sur le marché français, ou bien un rapprochement avec l’autre fournisseur d’énergie alternatif français, Direct Energie. Quelle que soit la solution retenue, le résultat en sera une concentration encore accrue des marchés énergétiques français et européen. Malgré l’ouverture à la concurrence depuis juillet 2004 pour les entreprises et depuis juillet 2007 pour les particuliers, les marchés de l’électricité et du gaz sont en effet restés dominés par les opérateurs « historiques » de ces secteurs, c’est-à-dire les anciens monopoles de service public. Les fournisseurs alternatifs représentaient ainsi en France fin septembre 2008 seulement 1,7 % de parts de marché chez les particuliers et 7,2 % chez les entreprises, selon la CRE, le régulateur français de l’énergie. La situation n’est guère différente dans beaucoup de pays européens, qui ont rivalisé de lenteur pour ouvrir leur marché domestique à la concurrence, afin de donner le temps à leurs opérateurs historiques de se construire une assise européenne. Une expansion construite à coups de méga-acquisitions : l’Allemand RWE s’est ainsi offert en janvier le néerlandais Essent pour 9,5 milliards d’euros. Une opération qui intervient après la fusion Suez-GDF, le rachat de l’espagnol Endesa par l’italien Enel, celui de British Energy par EDF etc. Le marché européen est dominé aujourd’hui par cinq très gros opérateurs : EDF, Suez-GDF, Enel, RWE et son compatriote E.ON.
En lieu et place des monopoles nationaux, la libéralisation des marchés de l’énergie est donc en train de donner naissance à un oligopole de géants européens, qui dans la pratique viennent très peu contester leur pré carré respectif. Aucune chance donc que ce processus atteigne l’objectif qui lui était fixé par la Commission européenne, à savoir une baisse des prix pour les consommateurs. La Commission européenne tente bien de rectifier le tir, notamment en voulant imposer aux opérateurs historiques d’abandonner la propriété des réseaux d’électricité et de gaz afin qu’ils fassent jeu égal avec leurs concurrents. Mais sur le marché du gaz, la crainte de fragiliser les opérateurs européens face à leurs fournisseurs hors d’Europe – le russe GAZPROM en particulier – l’a contrainte d’abandonner ses ambitions. Tandis que sur le marché de l’électricité, certains Etats-membres, la France et l’Allemagne en premier lieu, bataillent toujours farouchement pour éviter le démantèlement de leurs champions nationaux. Au train où vont les choses, les derniers opérateurs alternatifs auront disparu avant que la Commission européenne ne parvienne à ses fins.

Marc Chevallier

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